Argentine. Les étudiants se mobilisent contre les politiques d’austérité du gouvernement (Arthur Nicola/Révolution Permanente)

En plus de la longue lutte pour l’avortement qui secoue l’Argentine depuis plusieurs mois, le gouvernement fait face à de nouveaux conflits sociaux, notamment la grève des chantiers navals de Buenos Aires, mais aussi un mouvement étudiant qui s’est mis en branle face aux annonces de coupes budgétaires prévues pour les prochains mois.

Dans toutes les villes du pays, la révolte universitaire s’étend : Buenos Aires, Córdoba, Mendoza, Santa Fe… même les universités des provinces les plus excentrées sont entrées dans une lutte contre le gouvernement, par exemple à Neuquén ou à Chubut dans le Sud du pays. Cette semaine, les enseignants du pays avaient appelé à une grève d’une semaine, face aux coupes budgétaires, qui, alliées à l’inflation importante de ces derniers mois, ont réduit de beaucoup les salaires et les moyens alloués à l’université.

Ainsi, alors que le budget nécessaire calculé par les universités était de 113 milliards de dollars, le gouvernement a voté un budget, sous pression du FMI de Christine Lagarde, de seulement 103 milliards de dollars. Alors que l’inflation continue d’avancer et que les budgets restent les mêmes, certaines universités n’ont même plus de quoi payer les dépenses courantes d’entretien, et de nombreux professeurs sont au chômage technique. Face à ces annonces, c’est un véritable mouvement national, des étudiants et des professeurs, qui est en train d’affronter le gouvernement de Macri, avec pour leitmotiv la défense de l’université publique et laïque. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est la proposition gouvernementale d’augmentation de 10,8 % des salaires des professeurs, alors que l’inflation se mesure à 30 %, et les prévisions sont telles que celle-ci devrait encore augmenter. Face à la fronde universitaire, le gouvernement a réévalué sa proposition à 15 %, une offre qui a été, elle aussi, refusée par les enseignants.

Si c’est la question des salaires qui a mis le feu aux poudres, c’est maintenant toute la politique austéritaire de Macri qui est rejetée par les étudiants en lutte, qui dénoncent une mise à sac, sous l’égide du FMI, de l’université publique. Ainsi, près de 360 000 bourses devraient être supprimées en 2018-2019, laissant en dehors de l’université de très nombreux jeunes. Dans le sillage de la lutte pour la légalisation de l’avortement, une des revendications qui revient souvent est la séparation de l’Église et de l’État : Camila, étudiante à l’Université Nationale de Córdoba a ainsi souligné à nos camarades de La Izquierda Diario « qu’il est essentiel de cesser de financer l’Église catholique pour augmenter les budgets de la santé et de l’éducation. C’est une insulte qu’au XIXe siècle, avec tout ce qui se passe dans le pays, l’Église et l’État ne soient pas séparés. Quand on voit les faibles taxes envers l’Église d’un côté et de l’autre, les coupures dans les services publics, l’augmentation du coût d’inscription à la fac, on ne peut être que scandalisé par les millions que l’on donne aux évêques ! D’autant pus qu’à côté de ce pouvoir économique, l’Église a beaucoup d’influence sur les lois.  » (…)

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