Argentine : Les foulards verts envahissent les rues de Buenos Aires pour exiger « l’avortement légal, maintenant ! » (Communiqué du collectif Ni Una Menos)


Le 4 juin 2018, à une semaine du vote sur la légalisation de l’avortement et à l’initiative du collectif féministe « Ni una menos », un million de manifestant-e-s ont convergé vers la place du Congrès argentin pour exiger « l’avortement légal, et à l’hôpital ! ».

Manifestation sur la place du Congrès, 4 juin 2018, Buenos Aires (Prensa Obrera)

À l’occasion de ce rassemblement dont la revendication principale était l’adoption de la loi pour l’avortement légal, sûr et gratuit, le collectif a aussi exigé la fin des politiques néolibérales du gouvernement de Mauricio Macri.

« Nous sommes un mouvement puissant, divers et hétérogène, qui a su démontrer que toutes les violences exercées contre nous naissent de la violence des États et des gouvernements, chaque fois qu’ils nous soumettent à l’exploitation de nos corps, chaque fois qu’ils ignorent nos droits humains, chaque fois qu’ils répètent leurs formules économiques néolibérales et capitalistes qui produisent plus de faim et de violence … »

La déclaration lue pendant la manifestation comportait les thèmes suivants :

  • Nous sommes rassemblé-e-s pour dénoncer toutes les formes de violence machiste. Alors qu’une femme est assassinée toutes les 30 heures, le gouvernement gèle le budget de l’Institut National des Femmes. Nous dénonçons le pouvoir judiciaire argentin qui est machiste, misogyne, raciste, homophobe et transphobe, qui nous rend invisibles, nous discrimine et nous revictimise. Davantage de détentions et des peines plus dures ne sont pas la solution à ce problème de fond, ne l’invoquez pas en notre nom. Nous demandons la mise en place de politiques de prévention de la violence machiste et une éducation avec une vraie perspective de genre.
  • Nous exigeons le non-remboursement de la dette extérieure et en contrepartie, nous demandons un budget plus conséquent pour la mise en place de politiques en faveur de nos droits : la dette est envers nous. Nous répudions le pacte de Macri avec le FMI qui signifie précarisation, licenciements et pauvreté. Nous dénonçons les exigences de cet organisme et notamment les coupes budgétaires sur l’éducation, la santé et les régimes de retraites. Nous sommes venu-e-s pour répéter que migrer n’est pas un délit et exigeons l’élimination du Centre de Détention de Migrant-e-s. Nous rejetons l’expropriation violente des terres de communautés indigènes et paysannes, l’extractivisme et l’intoxication par les agrotoxiques qui nous empoisonnent et nous tuent. 
  • Nous demandons la légalisation immédiate de l’avortement. L’ampleur de notre mobilisation impose que s’ouvre le débat, et avec nos foulards verts, nous exigeons que le Congrès approuve le projet. Nous exigeons le droit d’accéder à des conditions matérielles économiques et sanitaires pour pouvoir décider si nous voulons ou pas devenir mères. Nous répudions les gouvernements qui maintiennent l’interdiction d’avorter en Amérique Latine et particulièrement au Salvador, Honduras, Nicaragua, Haïti, Surinam et République Dominicaine, pays qui punissent l’avortement. Nous voulons que la légalisation de l’avortement en Argentine soit le fer de lance d’un mouvement qui traverse toute l’Amérique Latine…

Lire le communiqué complet (en espagnol)

Dimanche 3 juin, un rassemblement de solidarité avec la lutte des femmes argentines pour le droit à l’avortement était organisé à Paris. Notre association était présente.