Audience publique pour l’extradition de Mario Alfredo Sandoval, mercredi 9 avril à 16h


sandovalPour rappel, 7 organisations de défense des droits de l’Homme, dont France Amérique Latine, appellent les autorités françaises à donner une suite favorable à la demande d’extradition de Mario Alfredo Sandoval, poursuivi en Argentine pour crimes contre l’humanité pendant la dictature (1976-1983).

Le 9 avril prochain, à 16h, la Chambre de l’instruction de Paris tiendra une audience publique sur le fond concernant la demande d’extradition de Mario Alfredo Sandoval. Il est poursuivi en Argentine pour crimes contre l’humanité, privation de liberté et torture ayant entraîné la mort commis au sein de l’École supérieure de mécanique de la marine (ESMA), un centre de détention clandestin à Buenos Aires, dans lequel 5 000 détenus disparus sont passés durant la dictature. L’enquête est menée par
le Juge Sergio Torres, qui a émis un mandat d’arrêt international contre Sandoval le 15 mars 2012.

Membre de la police politique fédérale sous la dictature, Mario Alfredo Sandoval, surnommé « El Churrasco » (« le beau gosse »), se serait spécialisé dans lutte contre les « éléments subversifs ». Il est accusé de l’enlèvement et de la disparition en octobre 1976 du jeune Hernan Abriata, militant de la Jeunesse universitaire péroniste. Il est également poursuivi pour sa participation présumée à 602 faits de violation des droits de l’Homme.

Après la chute de la junte militaire, Mario Alfredo Sandoval est arrivé en France où il a travaillé dans le domaine de l’intelligence économique. Il a obtenu la nationalité française en 1994. Dans les années 1990-2000, il aurait également fréquenté des groupes paramilitaires en Colombie.
Le dossier ESMA, instruit par le juge Torres, fait partie d’une importante procédure menée par les tribunaux argentins, qui depuis 2003 enquêtent sur les crimes commis durant la dictature en
Argentine. Le 23 novembre 2012 s’est ouvert un procès historique connu sous le nom de ESMA III.
Ce procès est celui de 67 personnes, accusées de plus de 780 disparitions forcées, parmi les 30 000 disparitions de la dictature.

C’est la première fois qu’un présumé tortionnaire argentin, présent en France, fait l’objet d’une demande d’extradition. En raison de la gravité des accusations et de l’importance de la lutte contre l’impunité en matière de crimes contre l’humanité, il est de la première importance que Mario Alfredo Sandoval puisse être jugé en Argentine. Reconnaissant que la France, avec l’Argentine, ont largement contribué à l’élaboration de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, nos organisations appellent les autorités françaises à répondre immédiatement et favorablement à la demande d’extradition de Mario Alfredo Sandoval. La France ne saurait être une
terre de refuge pour les personnes poursuivies pour crimes contre l’humanité.

CONTACTS :

ACAT : 01 40 40 99 69 / acatfrance.fr
Association France Amérique Latine : 01 45 88 22 74 / franceameriquelatine.org
FIDH : 01 43 55 14 12 ou 01 43 55 90 19 / fidh.org

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.