Communiqué du Comité de Solidarité avec Cajamarca – Paris


cajamaLe Comité de Solidarité avec Cajamarca, suite aux déclarations récentes faites à la presse par le directeur de Yanacocha et le Président Ollanta Humala et à l’annonce en parallèle, le 27 mai, d’une série de décrets-lois visant à laisser le champ libre aux multinationales pour leurs activités extractivistes destructrices des ressources naturelles, de la santé et de la vie des populations, ainsi que de l’environnement et du patrimoine archéologique du pays, alerte l’opinion publique française et internationale.

Dans une entrevue au journal La Republica du 27 mai 2013, Javier Velarde Zapater, directeur général de Yanacocha, lançant un défi aux opposants du projet Conga, vient de déclarer que l’entreprise n’attendrait pas le résultat des élections régionales prévues en 2014, pour poursuivre les travaux liés à la mise en oeuvre du projet Conga. Il a également annoncé que le réservoir de Chailluagón bientôt terminé, le tranfert des eaux de la lagune El Perol vers ce réservoir commencerait à s’effectuer dans un délai de 2 à 3 semaines.

Rappelons qu’il s’agit de la lagune emblématique protégée par les membres des rondes paysannes transformés en “gardiens des lagunes”depuis l’automne dernier. Cette annonce est en totale contradiction avec la décision officielle de suspension du projet faite le 23 août 2012 par le 1er Ministre péruvien, suite aux évènements tragiques de Celendin et de Bambamarca et à l’assassinat par les forces répressives de 5 personnes dans le cadre des mobilisations pour la défense de l’eau contre l’or de toute la population ; cette annonce prend, pour cette raison, des allures de déclaration ouverte des hostilités .

Faisant écho à la déclaration du Président Ollanta Humala du 25 mai signalant que le projet Conga “avançait”, à la remise en cause brutale de la la loi de consultation préalable censée protégée les droits des populations indigènes devant désormais être comprise “ comme un instrument permettant de légitimer les investissements et non comme un obstacle”, ces déclarations interviennent le jour même de la publication d’un “paquet” de décrets par le gouvernement destinés à faciliter les investissements des multinationales. En effet, en fonction de ces nouvelles dispositions légales, l’accès aux terres pour les travaux d’infrastructure sera plus facile, les exigences de protection environnementale diminuées (décret 060-2013-PCM réduisant à 100 jours le délai pour l’approbation de l’Etude d’impact environnemental) et la protection du patrimoine archéologique du pays réduite à sa plus simple expression (décret 054-2013-PCM).

Toutes ces décisions obéissant aux pressions chaque fois plus fortes exercées par les multinationales et les secteurs extractivistes annoncent par ailleurs une criminalisation accentuée de la protestation sociale et une répression contre les opposants au projet Conga qui poursuivent avec dignité et ténacité leur résistance. Nous venons d’apprendre que les forces policières ont tiré hier sur les gardiens des lagunes s’acheminant vers la lagune El Perol et que José Guillermo Cueva Huaman, blessé , a dû être évacué.

Pour ces raisons, le Comité de solidarité avec Cajamarca (Paris) s’indignant devant ces déclarations conjointes de la multinationale et du gouvernement péruvien et la répression en cours,

- réitère sa solidarité avec tous ceux qui luttent actuellement à Cajamarca et dans tout le pays pour l’annulation définitive du projet Conga,

- lance un appel à tous les citoyens , élus, associations, organisations démocratiques et syndicales françaises et européennes pour qu’ils manifestent leur opposition la plus véhémente face à ces déclarations récentes et aux décisions annoncées ,

* pour la défense légitime de l’eau contre l’or , de la santé et de la vie

* pour le respect de la décision de la population qui s’est prononcée à 78% contre la mise en œuvre du projet Conga,

* pour le respect du droit des populations à déterminer leur stratégies de développement et leur avenir

* en mémoire des 5 personnes disparues le 3 juillet 2012 à Celendin et à Bambamarca (César Medina Aguilar, José Faustino Silva Sánchez, Joselito Vásquez Jambo ,José Antonio Sánchez Huamán,Eleuterio Garcia Rojas) dans la lutte contre ce projet dévastateur, et pour que les responsables de ces assassinats soient jugés et condamnés,

Pour la défense de la lagune El Perol et des autres lagunes menacées,

CONGA NO VA NI AHORA NI NUNCA