Communiqué sur la grève civique de Buenaventura et la persécution des leaders sociaux et défenseurs de droits humains en Colombie


 

Paris 14 juin 2017

 

Les organisations signataires de colombiennes et colombiens exilés en Europe victimes du conflit armé ; les associations d’étudiant.e.s, artistes, le mouvement de victimes LGBTI en exil ; les organisations de défense des Droits Humains ; les citoyens et citoyennes colombiens et européens…

…unissent leur voix en appui à la communauté de Buenaventura dans son combat pour que soient garantis leurs droits fondamentaux suite à la grève civique qui a touché la région du 16 mai au 6 juin dernier.

 

Le gouvernement national et le Comité de Grève Civique ont conclu un accord qui a mis fin à l’action et qui engage l’État à mettre en place un plan extraordinaire de développement et d’investissement pour la ville ainsi que de mettre immédiatement à disposition un budget destiné à répondre aux problèmes de logement, de santé, d’emploi, d’eau et d’assainissement, d’éducation, d’énergie et d’accès à la justice.

 

Sur la base de ces faits, les voix ici représentées, envoient ce message à l’opinion publique internationale et au gouvernement de Colombie, afin :

 

  • De réaffirmer notre soutien aux organisations communautaires, à la population de Buenaventura et à son combat exemplaire pour des conditions de vie dignes et pour la paix sur son territoire ; bien qu’étant le port le plus important de Colombie, Buenaventura présente un taux chômage de 62%, un taux de pauvreté de 91% et 40% de ses habitant.e.s sont victimes du conflit armé

 

  • De célébrer la fin de la grève civique et la victoire de la communauté de Buenaventura pour avoir obtenu du gouvernement national un accord d’application immédiate afin d’apporter des solutions concrètes aux problèmes dénoncés par la communauté.

 

  • D’exiger du gouvernement national le respect des accords conclus conformément aux échéances prévues. En effet, il est de la responsabilité de l’État de répondre aux demandes de la population, spécialement lorsque celles-ci se réfèrent à des droits consacrés dans la Constitution.

 

  • D’appeler le gouvernement de Juan Manuel Santos à prendre les mesures de sécurité nécessaires pour garantir le droit à la vie et à l’intégrité des leaders du Comité de Grève Civique. Mais aussi de l’ensemble des leaders sociaux et défenseurs de droits humains  qui sont systématiquement persécutés par les structures paramilitaires encore existante aujourd’hui dans le pays. Nous dénonçons l’assassinat de plus de 40 dirigeants  locaux depuis le début d’année e et exigeons que le gouvernement se prononce sur cette situation, afin de prendre les mesures nécessaires pour arrêter les menaces

 

  • De condamner la réponse répressive du gouvernement de Juan Manuel Santos et les abus commis par les membres de la force publique contre la population durant la grève civique. Durant les opérations, une force de 400 hommes de l’Armée nationale et de l’ESMAD, des chars d’assaut et hélicoptères ont été déployés pour dissoudre la protestation. Un tel déploiement a causé des dizaines de blessés, dont de nombreux mineurs. Ces abus ont été abondamment dénoncés par la population et les organisations de défense des Droits Humains présentes sur le territoire. Manifester pacifiquement est un droit constitutionnel. Nous exigeons du gouvernement qu’il investigue ces faits et punisse les responsables.

 

  • De déclarer notre appui au processus de paix entre le gouvernement de Colombie et les FARC-EP. Par conséquent, nous sommes préoccupés par le traitement répressif de la grève civique de Buenaventura. La paix en Colombie ne pourra être une réalité tant que les conditions historiques d’inégalité, d’exclusion, de misère et d’abandon des populations paysannes, afro-descendantes, indigènes et de la classe laborieuse, ne seront pas surmontées. Le cas de Buenaventura questionne sur la volonté et l’engagement de paix du Président Juan Manuel Santos.

 

Signataires


France Amérique Latine

Ciudadan*s por la paz de Colombia (Paris)

TEJE  (Paris)

Círculo del Trastierro (Europa)

Aves de Paso (Paris)

Víctimas LGTBI Refugiad*s, Exiliad*s y Migrad*s en España (España)

Terre des Hommes France (Paris)

Color Paz (Paris)

La Compagnie de l’Astre, (Paris 18ème)

Collectif D’artistes (Paris)

Fuerza de Mujeres Wayuu (Suiza)

Assocol (Paris)

France Amèrique Latine (Gentilly)

Reseau France Colombie Solidarités (Grenoble)

Alerta Feminista (Paris)

Unidos por la Paz (Alemania)