Dilma Rousseff annonce la composition de la Commission vérité sur la dictature


Dina RousseffAprès des mois de polémiques et de débats, la présidente brésilienne a officiellement nommé les sept membres qui composeront la Commission vérité. Elle a été créée il y a six mois pour enquêter sur les cas de violations des droits de l’homme commis pendant la dictature militaire, entre 1946 et 1988.

Avec notre correspondant à Rio de Janeiro, François Cardona

Près de 400 morts, peut-être davantage. Mille disparus au moins, sans compter ceux qui ont été emprisonnés, torturés puis finalement relâchés, comme Dilma Rousseff, à l’époque militante très active d’un front de résistance à la dictature. Plus de 20 ans après le retour de la démocratie au Brésil, la plus grande incertitude règne encore sur le macabre bilan de la répression militaire.

Des juges, des avocats, mais aussi un sociologue et une psychanalyste, les sept membres de la toute nouvelle Commission vérité ont deux ans désormais pour faire la lumière sur ces meurtres, tortures et disparition politiques.

Un minutieux travail d’enquête et d’audition de témoins auquel va participer Gilson Dipp, juge au Tribunal supérieur de justice. « La Commission est complètement indépendante, déclare-t-il, elle n’est soumise à aucun organisme. Et elle va exercer son activité, dans la mesure du possible, afin que cette mémoire soit sauvée, comme d’autres pays l’ont déjà fait, sans qu’il n’y ait aucun esprit revanchard, ou de punition, car ce n’est pas l’esprit de la loi ».

Car une loi d’amnistie, votée sous le règne des militaires, en 1979, empêche toujours toute condamnation de ceux qui pourront être accusés par la Commission de crimes commis pendant la dictature.

http://www.rfi.fr/ameriques/20120511-bresil-dilma-rousseff-annonce-enfin-composition-commission-verite