En Amérique latine, un nouveau cycle de luttes pour les mouvements sociaux/ Movimientos sociales en América Latina, un nuevo ciclo de luchas (Entretien avec Raúl Zibechi par Enric Llopis/ Rebelión/ Blog de C.Marchais)

Le Mouvement des Travailleurs Sans Toit (MTST) du Brésil a impulsé en septembre 2017 l’occupation de Povo Sem Medo -Peuple Sans Peur- à Sao Bernardo do Campo, dans l’état de Sao Paulo, en revendiquant le droit au logement pour des familles à faibles ressources. Le campement s’est organisé avec des tentes et des baraques en plastique sur 60.000 m2 de terrains abandonnés depuis plus de quarante ans par une entreprise de construction. Plusieurs sources parlent d’une présence de 30.000 personnes sur ces terrains occupés. Raúl Zibechi, journaliste et chercheur uruguayen (né à Montevideo en 1952), met en exergue cette occupation, comme exemple de la poussée populaire en Amérique Latine. (…)

Ton dernier livre révise un texte publié en 2003 « Les mouvements sociaux latino-américains : tendances et défis » (Observatoire social d’Amérique latine, CLACSO). Tu affirmes qu’après la victoire électorale d’Hugo Chavez (1998), suivie par d’autres comme celle de Evo Morales (2005), « La stabilisation progressiste a permis que les Etats mettent en oeuvre des politiques sociales qui ont désintégré, fragilisé et démobilisé un nombre important de collectifs ». Nous trouvons-nous face à une nouvelle étape dans la bataille des mouvements sociaux ?

J’aimerais qu’il s’agisse d’un nouveau cycle de luttes. Je crois que ça l’est, même si j’affirmerais peut-être dans dix ans que je me suis trompé. La première caractéristique du cycle, c’est qu’il naît sous le modèle « extractiviste », avec une énorme spéculation immobilière, une terrible accumulation due au pillage, la présence des monocultures de soja et l’industrie minière à ciel ouvert. Après, le modèle s’est bloqué avec la chute des prix des matières premières. Ce moment est aussi celui des gouvernements qu’on a appelé « progressistes », parce qu’ils ont amélioré la situation des pauvres, mais sans réaliser de changements structurels. Une autre caractéristique de ce cycle, c’est la grande participation des jeunes des secteurs populaires et des femmes ; par exemple, au Brésil, le Mouvement Pase Libre pour le transport public gratuit qui a déclenché des luttes en juin 2013. Puis une troisième caractéristique, c’est le surgissement de sujets collectifs qui étaient plutôt calmes jusque-là, comme les noirs et les secteurs les plus vulnérables du monde du travail, les favelas, les palenques et les quilombos, surtout au Brésil, en Colombie et dans les Caraïbes. Au Brésil, il y a eu en mars 2014 une grève des ramasseurs de poubelles – noirs, pauvres et jeunes – pendant le carnaval de Rio. Une quatrième caractéristique est l’approfondissement de l’idée d’autonomie. (….) 

(…) Lire l’interview sur le blog de Catherine Marchais   

(…) Leer en español en la página web de Rebelión

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