FALMAG fait son Festival à Avignon !


FALMAG fait son Festival à Avignon N°1

Cette année encore FALMAG est présent au Festival d’AVIGNON à l’affut de spectacles où l’Amérique latine comme la Caraïbe seraient sur scène. Cette année, bien moins de pièces que l’an dernier peuvent se prévaloir latino-américaines ou caribéennes de par l’auteur, la mise en scène ou la chorégraphie.

Il est lassant de le répéter, mais on désespère de voir un jour les Ambassades de ces pays tout comme notre Ministère de la Culture s’en émouvoir.

Cette absence de comédiens, danseurs ou musiciens venus de l’outre-Atlantique, hispanophones ou lusophones se vérifie  dans le OFF comme dans le IN.

Heureusement que la Guyane est présente et pas seulement par Mme Taubira[1].

Avec le Théâtre de l’Entonnoir, la voix de la Caraïbe française se fait entendre en Avignon à la Chapelle du Verbe Incarné, lieu théâtral de pépites notamment caribéennes.

Avec « Vivre vite, Hériter/Mériter »[2] mis en scène par Ricardo López Muñoz, nous entrons dans l’histoire d’une femme et d’un homme qui nous font partager une réalité guyanaise, qui depuis les derniers événements, nous parlent d’un vécu que nous connaissons mal. Elle nous renvoie à la question sociale comme culturelle de deux itinéraires, l’un guyanais l’autre haïtien, qui nous parlent sur scène jusqu’à chuchoter, par moments, dans nos oreilles par des casques. C’est toute la société-monde qui défile, publique comme intime, contée avec humour et tendresse. Le créole haïtien, guyanais ou antillais qu’importe, c’est la République qui est interpellée par ces deux acteurs, Emmelyne Octavie et Yokiendi Siffrard, surprenants par la qualité de leur jeu, dont on apprécie aussi la participation à l’écriture.

L’un et l’autre nous parlent de leur rapport à ce territoire français situé en Amérique du Sud, là où les injustices et la pauvreté gangrènent les relations sociales. IL et ELLE l’interrogent dans son aspect géopolitique, social et économique. Plus simplement, c’est Kourou, où est implantée la compagnie dirigée par Isabelle Niveau dont il est question, un village de pêcheurs qui, depuis 1964, a vu sa population ne cesser d’augmenter, et dont la moitié a moins de 25 ans.

Il faut aller voir cette pièce qui nous pose la question, là-bas comme ici en France Métropolitaine et en Europe, du comment assurer une cohésion sociale avec ces apports successifs de culture et d’aspiration alors que seul l’argent commande, et non les Peuples d’où qu’ils viennent et où qu’ils vivent.

Fabien Cohen, pour FALMAG

[1] ON AURA TOUT, de Christiane Taubira et Anne-Laure Liégeois, du 8 au 23 juillet à 12H, dans le Jardin Ceccano. Entrée gratuite

[2] VIVRE VITE, HÉRITER/MÉRITER, de Ricardo López Muñoz, du 7 au 30 juillet à 15h 25, salle Edouard Glissant, par la Compagnie du Théâtre de l’Entonnoir, à la Chapelle du Verbe Incarné. Réservation au 04 90 14 07 49.


FALMAG fait son Festival à Avignon N°2

Avignon aime la musique d’Amérique latine, plus que le théâtre apparemment, mais c’est tant mieux quand cela nous permet de faire se rencontrer une guitare et des textes venus d’Argentine ou d’Uruguay. Servi par un artiste de talent, Amando Risueno, qui rend lors de son spectacle « La Guitarra y la palabra »[1] un hommage « discret » au poète, chanteur et guitariste, Atahualpa Yupanqui.

Pendant plus d’une heure, nous pouvons nous envoler avec simplicité, mais beaucoup d’émotion, vers ce monde intérieur  que nous évoque les musiques colorées et nuancées de ces pays, et leurs mélodies. Aux amoureux du tango-canción, Amando Risueno fera aussi découvrir la Zamba, la Chacarera, le Carnavalito ou encore le Candombe.

Un agréable moment au cœur du Festival à ne pas manquer, ici ou lors de sa tournée en France comme en Argentine.

Fabien Cohen, pour FALMAG

[1] « La Guitarra y la palabra », d’Amando Risueno, Compagnie Nuevomundo, AtypicThéatre, à 11H25. Res : 04 90 27 12 49

 


FALMAG fait son Festival à Avignon N°3

Comment rendre compte du retour de déportation, quand on en a été victime ? Peu en ont parlé dès cet été 45, comme ce fut le cas de  KLARA.

A l’image de la directrice du Théâtre Au Bout Là-bas en Avignon, nous avons reçu la lecture du texte de Soizig Aaron, « Non de Klara »[2]comme un véritable « coup de poing » !

Sous la direction de Manon Allouch, metteur en scène, Françoise Allouch accompagnée de Sylvie Gilles nous ont fait partager l’histoire de Klara, juive allemande qui revient d’Auschwitz, après trois ans de déportation et six mois d’errance. Une Klara qui dit avec la dureté du diamant ce que les camps ont fait de l’Humain et qui refuse cette nouvelle vie possible sous ce nom de Klara. On est, avec amour et douceur, projeté dans ce monde de juste après-guerre, où rien ne pouvait plus être comme hier ni comme avant, pas même l’enfant qui a été arraché à sa mère dès les premiers jours de sa naissance. Vivre, pour Klara, c’est une obligation vitale de se réinventer : un nom, un pays, une nouvelle histoire… tout laissé derrière soi !

Témoignage daté, certes, mais combien de Klara, notamment en Amérique latine après tant de dictatures, de crimes tout autant ignobles, de vies piétinées, bafouées, meurtries !!!

C’est bouleversant, c’est indispensable d’être entendu, pour ne jamais oublier !

Fabien Cohen, pour FALMAG

[2] « Le NON de Klara », de Soisig Aaron, au Théatre Au Bout Là-bas, à 11H10.

Res : 06 99 24 82 06

 


FALMAG fait son Festival à Avignon N°4

Œuvre de jeunesse, la Conférence sur les Berceuses de Federico Garcià Lorca est un pan méconnu de ce grand poète et auteur de théâtre, passionné de musique.

Une brèche dans l’immense monde de Lorca, où Sophie Million et Günter Leschnik se sont engouffrés avec délectation pour nous donner cette « Petite Valse viennoise- Berceuse pour Lorca »[1], en Avignon.

Vous aussi, vous aurez plaisir à voyager dans l’écriture, la poésie de Lorca mais aussi le charme de ses berceuses d’Espagne, et d’ailleurs,qui illustrent son propos. Des chansons  populaires, qu’il a recueillies et harmonisées, dont cette Petite Valse viennoise écrite par le poète espagnol, reprise par Léonard Cohen, récemment disparu, qui en a fait un tube, TAKE THIS WALTZ.

Merci à la Compagnie du Théâtre du Corbeau Blanc d’Arles, pour ce travail qui mérite assurément d’être vu, entendu et apprécié à sa juste valeur !

 Fabien Cohen, pour FALMAG

[1]Petite Valse Viennoise- Berceuse pour Lorca, de Günter Leschnik,

au Jardin de Fogassses, à 10H10, les jours pairs, res : 06 16 16 83 39