FALMAG fait son Festival en Avignon 2018 (Dossier)


Nous voici de retour en Avignon, pour rechercher les rares spectacles consacrés, de près ou de loin à l’Amérique Latine et à la Caraïbe (par l’auteur, la mise en scène, la chorégraphie, le sujet,…) ou en lien avec les valeurs que nous partageons.

 

« LA VIOLENCE DES RICHES », du 6 au 25 juillet à 11H25, de la compagnie Vaguement Compétitifs, au Théâtre des Carmes-André Benedetto, relâche le 19 juillet. Mise en scène Guillaume Baillart.

Indignez-vous, mais sachez en rire, même quand le sujet est grave ! Car quoi de plus violent que le mépris des riches, décrypté par Monique et Michel Pinçon ? Quoi de plus salutaire que cette pédagogie des classes sociales, tant décriée par les médias au service des plus fortunés ? c’est si bon, que cela devrait être remboursée par la Sécurité sociale et mis au programme de toutes les écoles de France, d’Amérique Latine comme du reste du monde !

Le capitalisme n’est-il pas mondialisée, alors pourquoi pas la culture pour le peuple? 

C’est un moment jouissif que de voir repris les travaux des deux sociologues, pour qu’ils soient compréhensifs par les 99% de ceux qui ne possèdent rien que leur force de travail. Le public ne se trompe pas, lui qui est associé, interrogé, impliqué dans cette  seconde version actualisée de celle de 2015,  à l’aune du nouveau contexte politique et social de 2018.

Courrez vite vous imprégner de cette bouffée de tendresse pour le peuple, de cette soif d’égalité sociale,  de ce besoin de partage, … il faut courir voir ce théâtre documentaire et joyeux 

Fabien Cohen, pour FALMAG

 

« ROSA LUXEMBOURG KABARETT», du 6 au 25 juillet à 16H25, au Théâtre des Carmes-André Benedetto, relâche les 12 et 19 juillet. Mise en scène Viviane Théophilidés.

Une scène de « Rosa Luxemburg Kabarett: j’étais, je suis, je serai », écrit et mis en scène par Viviane Theophilides, avec Geraldine Agostini, Anna Kupfer, Sophie de la Rochefoucauld, Viviane Theophilides et Bernard Vergne au Théâtre des Carmes à Avignon – le 8 juillet 2018.

Retrouver Rosa Luxembourg, quel bonheur, quelle actualité ! Si le plateau est nu, comédien-ne-s, chanteuses, musicienne le remplissent avec une fougue empreinte de l’esprit révolutionnaire de cette grande dame lâchement assassinée un jour de janvier 1919.

Ils ne sont pas trompés: en supprimant Rosa, ils supprimaient l’une des communistes les plus clairvoyantes, l’une des figures les plus imposantes de cette époque, deux ans à peine après la révolution bolchevique. Et en cet hiver 1919, n’était-ce pas elle qui était la principale cible ?

En nous refaisant vivre ses discours, nous ne pouvons qu’apprécier la clairvoyance de celle qui dénonçait avec force une social-démocratie qui annonçait déjà un futur désastreux pour l’Allemagne, pour l’Europe, pour le monde.

Loin du récit historique, c’est au milieu d’un cabaret à l’allemande, que Sophie de La Rochefoucauld joue avec Rosa, la fait revivre dans sa simplicité, et nous voilà en train de souhaiter qu’elle puisse nous éclairer de sa pensée, si vivante encore aujourd’hui.

Alors merci de nous donner envie de nous replonger dans les écrits de Rosa, mais aussi dans ce monde musical qui n’engendre en rien la mélancolie.

Fabien Cohen, pour FALMAG

 

CHILI 1973 : ROCK AROUND THE STADIUMThéâtre de la caserne des Pompiers, 19h 15, 116, rue de la Carreterie, Avignon. Relâche les 10 et 17 Juillet

Chili, 11 septembre 1973, la dictature pinochetiste renverse par un coup d’État le gouvernement d’Unité Populaire du Président Salvador Allende. Le lendemain, l’Estadio Nacional de Santiago se transforme en camp de concentration.

Compagnie SKBL

Merci à « CHILI 1973 : ROCK AROUND THE STADIUM », pièce salutaire, de nous rappeler en cette coupe du monde, qu’hier au Brésil, en Argentine ou au Chili, mais aussi demain au Quatar, football et démocratie ne font pas bon ménage. Et pour ceux qui aiment le rock, quoi de plus ignoble que de le voir associé par Pinocher au martyr de Victor Jara et des 12 000 opposants incarcérés, torturés, violés, assassinés… dont les cris furent couverts par la musique des Rolling Stones. Merci de rappeler que la FIFA avait jugé bon dans son rapport rassurant et surréaliste, de témoigner « que le cours de la vie (au Chili en 73) était normal, …. que les gens avaient l’air heureux,… ». Mais ce match éliminatoire pour la coupe du monde de 1974 en Allemagne, se déroulera sans son adversaire l’URSS, qui le boycotta, considérant impossible de jouer sur « ce stade de la mort ». 

Merci, à la SKBL, compagnie dirigée par Hugues Reinert, de nous rappeler combien les dictatures de par le monde ont pris très vite au sérieux le football, pour en faire un outil de propagande idéologique, en Amérique latine comme en Europe ou en Afrique.

En ces jours de coupe du monde, ce théâtre documentaire est salutaire pour ouvrir les yeux des téléspectateurs de la planète foot, France comprise !

Fabien Cohen, pour FALMAG