Pourquoi le Guatemala est-il le deuxième pays à transférer son ambassade à Jérusalem? (Charlotte Peytour/ Le Monde)


Deux jours après les États-Unis, le Guatemala doit transférer officiellement son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, mercredi 16 mai. Le pays centre-américain avait officiellement reconnu Jérusalem comme la capitale d’Israël le 24 décembre 2017, moins de vingt jours après l’annonce de Donald Trump. Si cet acte est un moyen pour le président guatémaltèque, Jimmy Morales, d’afficher des relations étroites les États-Unis, il s’explique surtout par le lien aussi fort que mal connu unissant le Guatemala et Israël depuis soixante-dix ans.

Le drapeau du Guatemala flottant à l’entrée du Jérusalem  le 2 mai 2018. (photo Nir Alon)

Le 14 mai 1948, le Guatemala, par la voix du diplomate Jorge Garcia Granados, a été le deuxième pays au monde, après les Etats-Unis, à reconnaître l’existence d’un Etat juif sur le territoire de ce qui était alors la Palestine. M. Granados a joué un rôle majeur dans la création de l’État d’Israël : ce petit-fils d’un ancien dirigeant du pays a présidé le Comité spécial pour la Palestine, qui a recommandé dès 1947 la partition du territoire palestinien. Favorable à la solution des deux États, il a déployé d’intenses efforts pour que cette recommandation soit ratifiée par les Nations Unies. Ce qui a été le cas : elle a été adoptée par 33 voix pour, 13 contre et 11 abstentions. (….) C’est surtout la coopération militaire qui marque les échanges entre les deux pays. Et ce, même dans les périodes les plus sombres. « Le pic [de cette coopération] a été atteint dans les années 1970 et 1980, quand Israël a vendu [du matériel militaire] au régime répressif du Guatemala », relate le quotidien israélien Ha’Aretz. Selon ce journal, l’Etat hébreu est devenu, au fil des années, le premier fournisseur de matériel militaire des forces guatémaltèques durant la guerre civile (1960-1996), tout en formant les soldats sur place, qui ont « réprimé des groupes insurgés, et, encore plus brutalement, des Indiens mayas indigènes ». (….)

Lire la suite de l’article de Charlotte Peytour sur:  http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2018/05/14/pourquoi-le-guatemala-est-il-le-deuxieme-pays-a-transferer-son-ambassade-a-jerusalem_5298649_3218.html#YxrIg1eqVTbTZyuA.99