Projet « Réseau de marché écologique »


Le projet « Réseau de Marchés écologiques de Paysans de la région de la Vallée du Cauca en Colombie » existe depuis 10 ans, porté par les paysans eux-mêmes sans aucune aide. Il se déroule dans une région essentiellement montagneuse, entre les deux cordillères centrale et occidentale où coule le Cauca, un des grands fleuves de Colombie. Il concerne 500 agriculteurs, 120 petites exploitations familiales, 12 marchés de 10 municipalités, 58 organisations paysannes.

Le « Réseau de Marchés écologiques de Paysans de la région de la Vallée du Cauca en Colombie » forme une association reconnue légalement. Ce Réseau a une reconnaissance au niveau de l’Amérique Latine par la Communauté Andine des Nations (CAN), et deux reconnaissances internationales au niveau de l’Agro écologie par la Fédération Internationale des Mouvements de l’Agriculture Organique (IFOAM) et par le Mouvement Agro Ecologique Latino Américain (MAELA).

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La ferme nommée « Vida Pura » qui assure les formations à l’agro écologie est située dans la petite ville de Andalucia (Valle). Il existe une courte vidéo la présentant :

Les enjeux et problèmes de conservation et de développement de la zone

Cette zone est essentiellement réservée à l’agriculture intensive de la canne à sucre, à l’élevage extensif, à l’exploitation forestière et aux grands projets de barrages et de mines à ciel ouvert pour l’exploitation de l’or et du charbon. Il existe une réelle interaction entre ces choix de développement et la grande pauvreté de la population notamment paysanne.
C’est une population marginalisée souvent déplacée de force. Elle ne bénéficie d’aucun droit au crédit et d’aucune aide accessible.
Cette zone est très affectée par les pollutions chimiques de l’agro-industrie et en 2011 elle a subi de graves inondations.
Les paysans du « Réseau de Marchés Ecologiques de la vallée du Cauca » ont pu jusqu’à dernièrement subvenir à leurs besoins et vendre leurs produits sur les marchés. Mais, actuellement, suite à la hausse des prix des transports, des services et de certains impôts, ils sont en difficulté. Les activités du Réseau sont en péril.

Les objectifs concrets du projet pour répondre aux enjeux et problèmes

  • Développer un processus de récupération, multiplication et distribution de semences paysannes pour les membres du Réseau. Développer les cultures de graines de base comme le maïs, le haricot, le soja en tant que variétés locales non transgéniques, sélectionner les semences, les rassembler et les reproduire.
  • Diversifier les cultures et les élevages de différentes espèces animales dans les fermes familiales pour leur autoconsommation et pour la vente sur le marché.
  • Soutenir le développement des pratiques agro-écologiques dans le but de renforcer la souveraineté alimentaire, l’approvisionnement des marchés locaux et la protection de la biodiversité.
  • Renforcer le Réseau des marchés et le « système participatif de garanties ». Obtenir une plus ample participation des délégués de paysans aux 10 réunions concernant les 12 marchés, pour l’organisation des marchés et pour les formations prioritaires.
  • Organiser la 3ième rencontre de paysans du Réseau : échange de pratiques, de produits, temps de formations et d’évaluation du travail mené, temps d’information sur alimentation et santé. Cette rencontre est ouverte à tous les paysans de la région.
  • Appuyer le développement de la ferme « Pura Vida », espace de formation à l’agroécologie, ouvert aux étudiants, agriculteurs/éleveurs, scolaires et à tout public.

Les activités prévues

Créer deux fonds d’aide, l’un spécifique pour le travail avec les semences, l’autre pour l’amélioration des cultures ou des espèces animales destinées à l’élevage, à la consommation familiale et à la vente sur les marchés. Ces prêts seront remboursés par la suite par les paysans avec un petit plus qui permettra de pérenniser ces fonds d’aide.

Créer un poste de coordinateur pour apporter un soutien technique et une formation aux paysans du Réseau qui sont dispersés dans cette région montagneuse en finançant son travail auprès des 120 fermes et ses déplacements.

Stimuler la participation des délégués, représentants les paysans du Réseau, aux réunions mensuelles pour organiser les productions pour la vente et travailler les objectifs du Réseau, en finançant leurs déplacements et hébergements.

Préparer la 3ième rencontre des 12 marchés en apportant une aide

Améliorer les conditions d’accueil des étudiants, des paysans (hors du Réseau) et de tout public intéressé, dans la ferme « Pura Vida », pour des formations à l’agro écologie en finançant : du matériel pour les cours, un équipement pour les élèves, des achats pour les élevages, des achats pour les cultures et l’aménagement des locaux.

Evaluation des résultats

On pourra quantifier le nombre de famille/le nombre de personnes en autonomie alimentaire concernées.
On pourra quantifier le nombre de paysans qui vendent leurs produits dans les marchés ainsi que les gains.
On pourra quantifier si les revenus obtenus couvrent les dépenses pour les services, le transport et le remboursement au fonds de l’aide reçue.
Les paysans du réseau, responsables des formations ont 30 années d’expérience et de recherche en agro écologie et suivent de très près la récupération des sols. Ils pourront établir un bilan précis.
On pourra quantifier les paysans qui ont rejoint le Réseau

Connaissance, par l’association, du pays où a lieu le projet

L’association FAL existe depuis 40 ans. Elle a eu et a de nombreuses activités concernant les différents pays d’Amérique Latine. Ces dernières années, une partie de ses activités porte sur la protection de l’environnement, la défense de la souveraineté alimentaire et la recherche d’alternatives énergétiques.
L’association est depuis de longue date impliquée en Colombie pour défense des droits humains, recherche de la Paix, des projets de culture populaire. Cette année, l’association a envoyé une personne en civique international à Bogota pour aider à la construction d’outils de communication au sein d’une association colombienne « Justicia y Paz ». Plusieurs membres de l’association ont des contacts directs et réguliers avec la Colombie. Concernant ce projet, un membre du Comité de FAL Marseille a établi le contact et se rend régulièrement dans la région de la Vallée du Cauca.

Pérennisation des résultats

Les résultats de travail du « Réseau » a déjà sensibilisé d’autres paysans. Ces familles de paysans sont en attente de ce savoir -faire en agro écologie qui respecte les lois de la nature, qui est moins onéreux pour eux et qui leur assure l’alimentation et la vente de produits. Parmi eux, actuellement dans une grande pauvreté, il y a plusieurs femmes chefs de famille.
L’aide apportée à ce Réseau permettra d’intégrer ces familles.

Il pourrait y avoir une extension de ce projet par l’implication de la municipalité d’ Andalucia (village où se trouve la ferme, « Pura Vida » qui assure les formations). Le maire a visité cette ferme et souhaite étendre ce travail d’agro écologie à d’autres paysans en créant un poste de formateur.