Bolivie, Équateur, Pérou : premières analyses d’élections andines (Christophe Ventura / IRIS / vidéo)

Christophe Ventura, directeur de recherche à l’nstitut de Relations Internationales et Stratégiques / IRIS et responsable du programme Amérique latine / Caraïbe, vous donne régulièrement rendez-vous pour ses “Chroniques de l’Amérique latine”. Aujourd’hui, il apporte ses premières analyses sur les récentes élections qui se sont déroulées en Bolivie, en Équateur et au Pérou.


Un 11 avril 2021 super-électoral dans l’Amérique andine

Le 11 avril 2021 se sont tenus trois scrutins aux riches enseignements. Leur caractéristique commune ? Ils se tenaient tous dans le monde andin de l’Amérique latine. Les trois pays concernés étaient la Bolivie (élections locales et régionales), l’Équateur ( deuxième tour des élections présidentielles) et le Pérou (élections générales). Les résultats ont une nouvelle fois déjoué toutes les analyses et les enquêtes préalables.

Ces élections, qui se sont déroulées dans trois pays marqués depuis 2018-2019 par la succession de nombreuses crises sociales et politiques non refermées, exacerbées par la déferlante du Covid-19 et ses dramatiques conséquences humaines et économiques, ont montré que les tendances “dégagistes” et populaires (contre les élites, les partis traditionnels, les organisations représentatives, etc.), d’atomisation des champs et des forces politiques, de fragmentation et de polarisation des processus se poursuivent dans la région sous des formes qui trouvent à chaque échéance des expressions et de formes différentes, nouvelles, volatiles, oscillatoires, inattendues et indéterminées.

Ces phénomènes sont les symptômes de crises multiformes et structurelles qui ne trouvent pas, pour le moment, leur résolution. Ils débouchent, de manière contradictoire et concurrentielle, sur la poussée de forces autoritaires, conservatrices, “anti-systèmes” et “outsiders”- de gauche ou de droite – qui mettent en danger les systèmes politiques établis et contestés sans les faire totalement vaciller.

Chaque situation est différente mais participe d’une dynamique générale : la confirmation et le développement de l’instabilité politique avec l’accroissement des difficultés à gouverner comme conséquence ( en Équateur et au Pérou, les pouvoirs exécutifs ne bénéficieront pas de majorités au sein des pouvoirs législatifs dans un contexte hautement polarisé). Il s’agit d’une situation inhabituelle dans des pays où les pouvoirs exécutifs sont traditionnellement forts.

Dans ce contexte, la situation des forces de gauche se complexifie. Elles sont désormais traversées par de puissants clivages internes (autour de la question du modèle de développement économique – le débat sur l’extractivisme, du modèle de société, des questions sociétales – avortement et droits reproductifs et sexuels, droits des minorités, etc…).

Texte: page Facebook de Christophe Ventura
Analyse à retrouver aussi sur le site de l’IRIS ici


Retrouvez l’analyse de Christophe Ventura à la veille des élections en Équateur et au Pérou: Chili, Équateur, Pérou : élections en période pandémique (Christophe Ventura / IRIS / vidéo)



Retrouvez nos revues de presse sur les élections du 11 avril en Équateur et au Pérou :
Pérou : vers un deuxième tour de l’élection présidentielle le 6 juin 2021 (revue de presse et premières analyses fr.esp.)
Équateur: victoire du candidat de droite Guillermo Lasso au deuxième tour de l’élection présidentielle du 11 avril 2021 (revue de presse et premières analyses / fr.esp.)