Jair Bolsonaro a le coronavirus. Quelles conséquences politiques ? (Anthony Pereira / The Conversation)
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Le 7 juillet, Jair Bolsonaro a annoncé qu’il avait contracté le coronavirus. Le plus surprenant n’est pas que le président brésilien ait été infecté, mais que cela soit arrivé si tard. En effet, il avait été suspecté pour la première fois d’être porteur du virus en mars, lorsque plusieurs membres de son entourage ont été testés positifs après avoir rendu visite au président américain Donald Trump en Floride.

Allocution télévisée de Jair Bolsonaro (mars 2020)
ISAC NOBREGA / HANDOUT / EPA / MAXPPP

En mai, la Cour suprême du Brésil lui a ordonné de publier ses résultats médicaux : ils s’étaient alors révélés négatifs. De toute façon, le 24 mars, le président avait qualifié le coronavirus de « petite grippe » (gripezinha), ajoutant que s’il était contaminé, il ne s’inquiéterait nullement.

En avril, mai et juin, Bolsonaro a pris de nombreux bains de foule à Brasilia sans porter de masque, au mépris des conseils des experts en santé publique. Il semblait convaincu que personne n’avait le droit de lui dire ce qu’il devait faire.

La nouvelle que Bolsonaro a fini par attraper le Covid-19 ne constitue donc certainement pas un choc. Mais cette situation nouvelle soulève toutefois des questions politiques difficiles sur le comportement personnel du président pendant la crise, sur la réponse de son gouvernement à la pandémie et, aussi, sur ses liens avec Donald Trump.

La mauvaise gestion de l’épidémie au Brésil

Lors de la conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé qu’il avait été testé positif, Bolsonaro a porté un masque – alors même que quelques jours auparavant il avait opposé son veto à l’utilisation obligatoire des masques dans les magasins et les bâtiments publics. Il a déclaré avoir fait le test uniquement parce qu’il craignait de transmettre le virus à d’autres personnes. Cette soudaine inquiétude pour les autres contrastait avec l’insouciance de certains de ses récents commentaires sur le Covid-19, comme son bravache : « Nous allons tous mourir un jour. »

On aurait tort de s’attendre à ce qu’il suive en bloc les conseils de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ; mais dans la même conférence de presse, il a déclaré qu’il s’isolerait dans son bureau et annoncé qu’il avait annulé deux voyages prévus en dehors de Brasilia. Il se pourrait que le président se soit désormais pris de respect pour le virus.

Cela soulève la question de la réaction de son gouvernement à la crise qu’il a provoquée. La gestion de la pandémie par le Brésil a été l’une des pires au monde. Le président s’est opposé à la mise en place de vastes mesures de confinement, estimant que seules les personnes âgées et vulnérables devaient rester à la maison tandis que tous les autres devaient retourner à l’école et travailler immédiatement.

Toutefois, en avril, la Cour suprême du Brésil a décidé que les maires et les gouverneurs avaient la prérogative d’imposer leurs propres règles face à l’urgence sanitaire – une décision que Bolsonaro a été contraint d’accepter. Les deux plus grandes villes du Brésil, São Paulo et Rio de Janeiro, sont en pleine phase de relâchement progressif de leurs mesures de confinement, mais si le nombre de cas devait augmenter, elles disposent de l’autonomie nécessaire pour réimposer des mesures plus strictes de confinement.

En avril, 20 des 27 gouverneurs ont signé une lettre ouverte adressée à Bolsonaro et critiquant sa gestion du coronavirus. Avant la pandémie, Bolsonaro avait déjà rompu avec plusieurs gouverneurs du Brésil – y compris certains de ses anciens alliés –, dont le gouverneur de São Paulo, João Doria, qui est considéré comme un rival politique potentiel. Bolsonaro a également rompu avec Wilson Witzel, le gouverneur de Rio, qu’il soupçonne d’être à l’origine des enquêtes anti-corruption sur son fils Flavio. Witzel lui-même fait actuellement l’objet d’une enquête de la police fédérale pour détournement présumé de fonds publics destinés au système de santé.(…)

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