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Les Colombiens dans les rues contre des meurtres d’ex-FARC et de leaders sociaux (Marie-Eve Detoeuf/RFI)

Des milliers de Colombiens sont descendus dans les rues du pays vendredi 26 juillet pour protester contre la vague d’assassinats ciblant les activistes et les anciens guérilleros démobilisés depuis l’accord de paix de 2016. Plus de 700 personnes ont été tuées dans les régions rurales. À Bogotá, comme partout dans le pays, les manifestants brandissaient à bout de bras les portraits des leaders paysans et autres activistes assassinés. Ici, on parle de leaders sociaux.

 

« Je suis là comme tout le monde parce que nous ne voulons pas qu’il y ait encore des leaders assassinés, nous voulons la paix et nous ne voulons pas que le gouvernement continue à nier les assassinats », explique une manifestante.

Des manifestants tiennent une longue liste des leaders assassinés.
Bogotá, 26 juillet 2019 ( REUTERS/Luisa González )

Soutien de dernière minute

À en croire le gouvernement et la droite dure, les narcotrafiquants et le crime organisé seraient les seuls coupables de la violence. Le président Ivan Duque a toutefois au dernier moment décidé de soutenir la manifestation. Un geste qui n’a pas convaincu tout le monde.

« Il dit qu’il fait tout pour la paix, tout pour protéger les leaders sociaux et les paysans qui réclament leurs terres, dit Enrique. Mais nous sommes beaucoup à ne pas croire, parce que nous savons que les faits le contredisent. »

La manifestation de vendredi pourrait marquer un tournant, comme l’explique Yann Basset professeur de sciences politiques : « C’est depuis l’accord de paix, une manifestation très importante, dans tout le pays, qui marque une prise de conscience vis-à-vis de ce problème des leaders sociaux qui sont assassinés dans les régions. » Reste à voir si la prise de conscience se traduit en action.

« Prendre des mesures »

Pour le sénateur Iván Cepeda, du Polo democrático, il est urgent d’agir pour faire cesser ces meurtres. « 132 villes de Colombie  se sont mobilisées avec la même demande: “ces assassinats doivent cesser”. Parce qu’il ne s’agit pas d’en diminuer le nombre ou de les contrôler, ce que nous voulons, c’est que ces assassinats s’arrêtent. » 

« Le gouvernement et l’État colombien doivent prendre des mesures et les appliquer, insiste le sénateur, afin de protéger la vie de ces hommes et ces femmes de la société civile qui habitent dans les territoires éloignés et qui défendent les intérêts des communautés les plus vulnérables de notre pays. Le gouvernement doit prendre des mesures pour traduire en justice les responsables et punir de façon exemplaire ces crimes. Et nous ne parlons pas seulement des auteurs, mais de ceux qui les commandent. » (…)

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