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« Ici, le peuple dirige, le gouvernement obéit » : au Mexique, le zapatisme est bien vivant (Jérôme Baschet/ Reporterre)

L’auteur de cette tribune raconte comment, après un moment de repli face aux menaces du pouvoir et à ses grands projets destructeurs, les zapatistes multiplient les initiatives et font preuve d’une vitalité sans faille dans l’élaboration de leur autonomie.

Jérôme Baschet, historien, a été longtemps enseignant-chercheur à l’EHESS et enseigne actuellement à l’Université autonome du Chiapas. Il est l’auteur de La rébellion zapatiste, Ed. Flammarion, 2019.


Au Chiapas (sud du Mexique), le mois d’août a apporté une nouvelle réjouissante qui devrait susciter l’intérêt de celles et ceux qu’atterrent l’emballement productiviste et sa spirale destructrice. Dans un contexte pourtant difficile, marqué par la nécessité de défendre leurs territoires face aux projets très offensifs du nouveau gouvernement mexicain, les zapatistes ont annoncé d’importantes avancées dans l’élaboration de leurs instances d’auto-gouvernement.

Quatre nouvelles communes autonomes viennent s’ajouter aux 27 qui existaient depuis 1994 et sept nouveaux Caracoles [1], avec leurs « conseils de bon gouvernement » respectifs, s’ajoutent aux cinq déjà créés en 2003.

Une impressionnante salve de rencontres nationales et internationales

Signé par le sous-commandant Moisés, porte-parole de l’EZLN, leur communiqué annonce une impressionnante salve de rencontres nationales et internationales : Forum pour la défense des territoires et de la Terre-mère, avec le Congrès national indigène et le Conseil indien de gouvernement, en octobre prochain ; Festival de cinéma Puy ta Cuxlejaltik ; rencontres consacrées aux arts, dans la suite des « pArtage pour l’humanité » organisés depuis 2016, mais cette fois spécifiques à chaque domaine, en y incluant la littérature ; nouvelle rencontre pour débattre des sciences (« ConCiencias »), sans oublier cette fois les sciences sociales ; séminaires pour disséquer la Tourmente qui vient, dans le prolongement des débats déjà engagées avec « La pensée critique face à l’hydre capitaliste » ; rencontre internationale des femmes, comme celle que les femmes zapatistes avaient organisées sans la présence des hommes, en mars 2018 ; et d’autres initiatives encore à préciser et à imaginer (…)

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