Communiqué France Amérique Latine-Cumbre Agraria, Campesina, Etnica y Popular #NoMasMuertes


Paris, le 15 mars 2017

France Amérique Latine soutient la lutte de la Cumbre Agraire, Paysanne, Ethnique et Populaire et se déclare solidaire de l’occupation  du siège du ministère de l’intérieur le 8 mars 2017 à Bogotá pour exiger de l’Etat colombien des mesures concrètes et mettre fin à la persécution des défenseur-e-s humains:

 (Traduction FAL du communiqué du 8 mars 2017)

« Devant le manque de garantie en matière de droits humains, le non-respect des accords et le manque de disposition pour la négociation de la part du gouvernement national, nous qui formons la Cumbre Agraria Etnica y Popular (regroupant les mouvements sociaux de Colombie), voyons la nécessité de nous déclarer en session permanente au ministère de l’Intérieur depuis aujourd’hui et de manière indéfinie. Nous réclamons que le ministre de l’Intérieur Juan Fernando Cristo en sa qualité de coordinateur de la table ronde ; le ministre Aurelio Irragorri comme chef du cabinet de l’Agriculture et du développement rural ; le ministre de Hacienda Mauricio Cardénas ; le ministre de l’extraction minière et de l’énergie et le procureur général de la nation Fernando Carillo Flórez et le juge général de la nation Néstor Humberto Martínez soient présents au siège du ministère de l’Intérieur et prêtent attention à nos exigences.

 

Aujourd’hui, 8 mars en ce jour international des femmes, nous dénonçons l’attaque contre la vie, l’intégrité et la sécurité des membres des différentes organisations sociales, des communautés et de la Cumbre Agraria. C’est pourquoi nous exigeons que l’État colombien stoppe les assassinats systématiques des défenseurs et défenseuses des droits humains des communautés paysannes, afrodescendantes et indigènes car seulement dans l’année 2016, 120 assassinats furent perpétrés, et depuis 2017 on compte 30 assassinats dont 6 femmes.

 

Nous refusons les féminicides de nos compagnes, mères, sœurs, grand-mères défenseuses des droits humains et leaders sociales qui continuent à être victimes des acteurs armés et de persécution, de la stigmatisation et de signalements de la part de l’État et du paramilitarisme. Et même en ce moment, dans le cadre de la mise en œuvre des accords de paix avec les FARC-EP et le récent début de dialogue avec l’ELN.

 

Il faut rappeler que depuis 2013 la Cumbre Agraria donne au gouvernement national, à travers le document « les obligations pour bien vivre », une série de propositions et une feuille de route pour solutionner les problématiques rencontrées dans les campagnes colombiennes en ce qui concerne les droits humains, l’économie à échelle locale, les conflits de terres et de territoires, les garanties pour la vie et la participation à l’élaboration des politiques publiques pour améliorer les conditions de permanence dans les zones rurales. Pourtant les avancées ont été minimes.

 

Nous espérons que le gouvernement national va saisir cette opportunité pour répondre à nos exigences.»

Que no nos cueste la Vida: a la Cumbre se le cumple!