Crise post-électorale au Honduras : encore un « test » démocratique latino-américain ? (Les Enjeux internationaux/ France Culture interview de Hélène Roux par Xavier Martinet)


Une semaine après l’élection présidentielle, le Honduras n’a toujours pas de président déclaré, les manifestations continuent pour dénoncer des fraudes, le couvre-feu a été instauré et l’opposition appelle l’armée à se rebeller.

Interview de Hélène Roux, journaliste et observatrice pour France Amérique Latine.

Un couvre-feu nocturne est entré en vigueur au Honduras où le gouvernement a suspendu les droits constitutionnels. 1/12/ 2017/REUTERS/Edgard Garrido

 

Les trois partis d’opposition de « l’Alliance de l’Opposition contre la Dictature » accusent le président sortant Juan Orlando Hernandez de « voler » la présidentielle. Juridiquement, la constitution interdit plus d’un mandat présidentiel. Politiquement, les voix sont toujours en recomptage. Or cette présidentielle n’est que la troisième depuis un coup d’État qui avait destitué le président Manuel Zelaya en 2009. Cette séquence constitue donc un test à plusieurs égards. Pour l’histoire démocratique hondurienne, la possibilité d’un autre coup d’État resurgit, avec sa traîne de violences militaires et policières, d’arrestations arbitraires et de tortures. Pour la classe politique hondurienne, c’est sa capacité à se renouveler, hors de la fraude et de la violence, qui est mise à l’épreuve. L’implication de la communauté internationale aussi est une nouvelle fois sondée en Amérique Latine : elle qui a réagi assez fermement concernant l’Équateur et le Venezuela, elle avait d’abord dénoncé mollement le coup d’État de 2009, avant de finir par valider Juan Orlando Hernández à l’issue du processus en 2013. Ira-t-elle jusqu’à dénoncer l’attitude de tel ou tel camp ? Plus généralement, un petit pays de 9 millions d’habitants (dont 60 %vit sous le seuil de pauvreté) rongé par le crime organisé et trop dépendant de grands parrains étrangers – parfois peu insistants quant aux droits de l’homme – peut-il  aisément se sortir d’une certaine brutalité politique ? « Grâce à Dieu, nous voilà sortis des eaux profondes »aurait dit Christophe Colomb en arrivant sur les côtes du Honduras après une tempête. L’expression aurait donné son nom au pays. Faut-il également y lire la prophétie éternelle de son destin politique ?

Les Enjeux internationaux/ France Culture:

interview de Hélène Roux par Xavier Martinet (lundi 4 décembre) 

https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/lundi-4-decembre-2017-canada-chine