Les luttes de classes au Brésil : mésopolitique des quinze dernières années


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Photo: Isidro Martins

Selon une « science des interstices et des failles » [1], mêlant processus géopolitiques, politiques au plus près de la rue et des places, mobilisations minoritaires, perpectives subjectives et institutionnelles, Jean Tible traverse l’histoire récente du Brésil afin de saisir le phénomène du lulismo, les événements de juin 2013, le coup d’État récent contre le gouvernement Rousseff et l’avenir de la gauche.

Trois images en mouvement illustrent les nouvelles subjectivités plurielles qui prennent corps actuellement au Brésil. Deux vidéos virales, et un film qui a lui aussi bien circulé. Ensemble, elles constituent trois symboles d’une nouvelle génération en lutte, une génération qui met en avant les noirs, les jeunes, les femmes, et d’autres minorités. Elles nous aident à comprendre les luttes brésiliennes qui, depuis une quinzaine d’années, et dans le contexte de l’ascension d’un « pouvoir émergent » sui generis à la débâcle et à la déroute actuelle des pouvoirs brésiliens, modifient les rapports sociaux.

La première date de novembre 2015. Un jeune étudiant noir apostrophe un policier (qui fait le double de sa taille). Les lycéens et collégiens ont pris le contrôle de leur école et le flic qui va pour défaire le cadenas n’a pas de mandat. Le jeune lui demande alors, poliment mais fermement, de se retirer. Le policier s’exécute. Que s’est-il passé au Brésil pour qu’on réussisse à voir cette scène ? Un collégien noir de banlieue de la plus grande ville du pays parvient à surmonter sa peur et à tenir la police à distance. Voir cette scène dans un pays marqué par une histoire de l’esclavage extrêmement longue (plus de trois siècles) semblait impossible il y a peu.

Capture d’une vidéo publiée sur la page Facebook de « Coletivo Desentorpecendo A Razão »

Autre vidéo, plus récente (octobre 2016). La lycéenne Ana Julia s’exprime à l’Assemblée législative de l’État du Paraná (dans la région sud). Elle commence par demander à qui appartient l’école, pour défendre la légitimité autant que la légalité du mouvement d’occupation dont elle fait partie. Elle affirme que cette présence intense dans les établissements scolaires lui a plus enseigné sur la citoyenneté et la politique que toutes les années des cours qu’elle y a reçu. Elle critique ensuite plusieurs initiatives du gouvernement Temer né de la destitution de Dilma Rousseff : la réforme des lycées envoyée au Congrès sans aucun débat préalable, la modification de la Constitution pour geler les dépenses publiques lors des prochaines vingt années, ainsi que le projet, né dans les réseaux d’extrême droite, d’une « école sans parti » (en réalité très partisane, raciste et homophobe). Ces mesures, martèle-t-elle, ont pour seul but de créer une armée non pensante de jeunes. À cela elle oppose le mouvement des occupations qui lui a effectivement transformé des adolescents en citoyens actifs. Elle interpelle ici non plus seulement les forces de l’ordre mais les députés, et derrière eux le pays tout entier.

Estudante de 16 anos defende legitimidade de ocupações e humilha deputados par Esmael Morais

Enfin, le film Une seconde mère (Que horas ela volta ?, 2015) d’Anna Muylaert nous montre les « petits mouvements tectoniques [qui] ébranlent la structure de classes de la société brésilienne » [2]. C’est l’histoire de Jéssica qui arrive du Pernambouc à São Paulo pour tenter d’entrer à l’université. Elle y revoit sa mère, Val, qu’elle n’a pas vue depuis dix ans et qui est maintenant employée domestique et soumise à ses patrons (elle dort dans une petite chambre de l’énorme maison, elle est tout le temps disponible et considérée comme « de la famille »). Le récit se joue là : Jéssica, venant d’une autre réalité politique, ne peut trouver sa place dans cet environnement. Elle interroge ainsi les lois non écrites d’un Brésil toujours marqué par l’esclavage. Comme le remarque Muylaert, la jeune « ne respecte pas les règles séparatistes parce qu’elle ne les reconnaît pas et se voit ailleurs. Elle est à l’image du nouveau Brésil, le Brésil post-Lula ». Quinze ans auparavant, l’histoire aurait suivi un autre cours, Jéssica aurait probablement marché dans les pas de sa mère.

« Une seconde mère » film d’Anna Muylaert

Ces trois images définissent en creux le lulismo et aussi ses limites : cette nouvelle subjectivité manifeste aussi des « effets non attendus » [3]. Elles se révèlent peu contrôlables et peu soucieuses des compromis politiques institutionnels et des aleas qu’ils impliquent.

Le lulismo est l’aboutissement institutionnel d’un cycle de luttes qui a propulsé sur la scène politique de nouveaux personnages. Comprendre leur émergence implique d’en revenir à la fin des années 1970, alors que la dictature militaire est discréditée et qu’une transition « par le haut » s’amorce. Ces années sont marquées par de nombreuses mobilisations ouvrières, paysannes, indigènes, noires, féministes ; un certain devenir-minoritaire du pays, une explosion de « l’intelligence et de la sensibilité collectives » [4]. À l’époque, la gauche « officielle » (partis communiste et travailliste) traite encore les syndicalistes dits authentiques (parmi lesquels on trouve alors Lula) d’irresponsables (les militaires sont encore au pouvoir) et de dépolitisés (parce que de type « nord-américain »). De nouveaux assemblages politiques ont cours, et se forment des organisations-confluences qui réussissent en partie à articuler les différences et les revendications : un parti-réseau (PT, Parti des travailleurs) ; une centrale syndicale opposée à la structure syndicale officielle et prêchant une organisation depuis les bases (CUT, Centrale unique des travailleurs) ; un mouvement de sans-terre inspirant le monde entier (MST, Mouvement des travailleurs ruraux sans-terre) ; des mouvements noir, féministe et LGBT ; l’articulation dans des quartiers de communautés ecclésiastiques de base (CEB) ; l’Alliance des peuples de la forêt, réunissant seringueiros, peuples indigènes et paysans.

Tous ces mouvements seront à la base des gouvernements du PT dans les années 2000. En 1989, la défaite de Lula de justesse face à Fernando Collor de Mello prive le pays de vivre une véritable rupture politique, mais forge le lulismo qui est le fruit de ces mobilisations, avec leurs contradictions et tensions. Précédé par plusieurs gouvernements locaux qui vont inspirer la gauche mondiale (budget participatif, mécanisme de participation populaire et réalisation du Forum social mondial), l’aboutissement institutionnel de ce processus est la victoire, en octobre 2002, d’un Lula « plus mûr » — mais toujours de gauche — qui installe un gouvernement de transformation, quoique qu’ambigu et modéré.

Le lulismo se caractérise fondamentalement par la réduction des inégalités sociales. Alors que celles-ci se creusaient partout dans le monde, existait une exception régionale : le Brésil et plus généralement l’Amérique latine. Quarante millions de Brésiliens s’élèvent au-dessus du seuil de pauvreté, les écarts sociaux, spatiaux, raciaux se réduisent, les salaires augmentent. Aujourd’hui un débat a lieu pour caractériser cette frange de la population qui a directement bénéficié de la politique de Lula (augmentation du salaire minimum, de la protection sociale et des crédits pour les plus fragiles, accès de tous à l’électricité, création d’universités publiques et de millions d’emplois, autant d’éléments qui dynamisent le marché intérieur) et constitue encore la matière vivante de la base matérielle du lulismo.

Politiquement, l’on assiste au cours de cette période au passage des plus pauvres (qui craignaient le « radicalisme » de Lula et ne soutenaient pas le PT, dont la base était plutôt composée de travailleurs organisés et des classes moyennes) vers la gauche électorale. Cette mutation de la base électorale du PT, en parallèle du scandale de corruption dit du mensalão en 2005 (accusations d’achats de voix au Congrès) a des conséquences majeures pour le lulismo à partir de 2006, puisque celui-ci perd alors le soutien des classes moyennes, tout en conservant celui de l’électorat plus pauvre. Presque malgré lui, le lulismo se retrouve ainsi à accentuer certains clivages de classes et fracture l’électorat entre riches et pauvres, masses populaires et secteurs aisés.

Finalement, le lulismo va pâtir de la nouvelle société civile qu’il a fait émerger. Les politiques publiques, souvent limitées, qu’il a initiées ont libéré non seulement le corps mais aussi l’âme du sujet devenu citoyen [5]. En opérant une espèce de révolution symbolique, il a nourri de nouvelles subjectivités, une expansion des modes de vie possibles, des horizons existentiels et des perspectives de luttes. Les politiques sociales (Bolsa Família, expansion des universités publiques) et culturelles [6], la place grandissante du Brésil dans le concert des nations, son rôle dans l’intégration régionale à la faveur de relations Sud-Sud renforcées (y compris avec le continent africain) concourent à son succès. L’apogée de ce processus coïncide avec la fin du gouvernement Lula. Le Brésil a alors — fin 2010 — un président qui fait l’unanimité (90 % de popularité) tout comme son gouvernement (80 %), sélectionné pour accueillir les Jeux olympiques et le Mondial de football, qui joue les premiers rôles dans le dossier du nucléaire iranien.

Évidemment, c’est aussi à ce moment-là que s’ouvre une brèche, entre la rhétorique du lulismo — qui se targue d’initier une nouvelle géographie commerciale — et ses aptitudes concrètes à maintenir une véritable intégration sud-américaine ou à faire de certains pays africains de réels partenaires. Ces limites deviennent de plus en plus flagrantes au cours de la présidence de Dilma Rousseff, avec la sortie du duo Lula-Amorim [7] et l’entrée en scène de figures plus bureaucratiques dans les institutions. Dilma, semblera également renoncer sur de nombreux sujets.

Juin 2013, la bascule

Juin 2013. Un soulèvement survint, multiple et différencié : contre la corruption, la violence de la vie dans les grandes villes, la piètre qualité des services publics, les violences policières et les limites de la démocratie représentative. Dilma Rousseff et le PT font quelques gestes, mais sans poser certaines questions cruciales, comme celle de l’appareil répressif brésilien, qui n’a pas subi de réel changement depuis la transition après la dictature. Grèves sauvages des employés du barrage de Jirau et Santo Antônio dans le Nord du pays (qui mettent le feu à leurs installations) ; occupation du Congrès par les peuples indigènes et campagne de soutien aux Guarani Kaiowá ; myriade de mobilisations dans les grandes villes, pour la libre circulation et contre la gentrification : à partir de ces divers mouvements, survint une étincelle. Le 13 juin 2013, la quatrième manifestation organisée par le MPL (Mouvement ticket libre) et ses alliés contre l’augmentation des tarifs dans les transports en commun de la ville (administrée par le PT) et l’État de São Paulo (gouverné par le PSDB), est suivie de violentes confrontations avec la police.

Le feu se propage. Des millions de personnes sortent dans les rues et mettent à nu les fragilités du processus de changement lulista. L’on assiste à des journées quasi insurrectionnelles, qui effraient tous les pouvoirs institués. Comme à la fin des années 1970, tout un tas de groupes et de collectifs culturels, dont beaucoup viennent de la périphérie, signifient qu’ils n’ont toujours pas de place dans les institutions : des changements sont donc inévitables [8].

Des millions de personnes sortent dans les rues et mettent à nu les fragilités du processus de changement lulista.

Entre le moment de son apogée et cette bascule de juin 2013, la transition du « tout le monde est heureux » au « personne n’est satisfait » est abrupte pour le lulismo, victime de l’illusion qu’il pouvait donner aux pauvres sans toucher aux riches. Sans compter que Dilma Rousseff a probablement mobilisé les mauvais acteurs (une bourgeoisie industrielle et nationale) : elle gagne encore l’élection présidentielle en 2014, choisie par 54 millions d’électeurs, mais va être renversée moins de deux ans plus tard par une « perfect storm » (une tempête parfaite). Dès son élection, les perdants n’avaient pas accepté la défaite. L’ancien président Cardoso qualifie le gouvernement Rousseff de légal mais d’illégitime [9]. Le sénateur Serra, de son côté, prophétise sa chute dès le début de l’année 2015. L’entreprise de déstabilisation est en marche sur plusieurs fronts : manifs de rues, articulations patronales, soutien des médias et activisme judiciaire.

Perfect storm

Le gouvernement de Dilma Rousseff a aussi sa part de responsabilité dans cette affaire. Parce qu’il a cassé l’accord luliste élémentaire consistant à améliorer la vie quotidienne des plus pauvres. L’austérité fiscale a créé une dynamique récessive. Ces facteurs, ajoutés aux effets de l’opération anti-corruption de la police fédérale, Lava Jato, vont s’avérer explosifs. La destitution de Dilma Rousseff s’inscrit dans une lignée de nouveaux coups d’État qui touchent l’Amérique latine. Il s’agit là d’un coup d’État parlementaire, médiatique, judiciaire, patronal et civil. Un coup d’État constitutionnel, approuvé par le Congrès et sans opposition de la Cour suprême (STF), argument que les partisans du coup d’État n’ont pas manqué d’utiliser. Le motif officiel invoqué pour lancer la procédure de destitution est un ensemble de manœuvres fiscales, pourtant fréquemment pratiquées, notamment par dix-sept des actuels gouverneurs du pays, mais présentées ici comme un crime de responsabilité justifiant l’impeachment [10]. Lequel peut-être lu comme la réaction d’autodéfense d’un système corrompu, une « stratégie de fuite » des corrompus [11]. Un coup d’État pour essayer d’enrayer l’opération Lava Jato. Certes, le coup est brésilien, mais des câbles diplomatiques récupérés par Wikileaks ont révélé que des secteurs nord-américains ont contribué à déstabiliser le « capitalisme brésilien » et son modèle luliste de redistribution des revenus, au moins dans deux de ses secteurs stratégiques : Petrobras et les entreprises de construction. Le Brésil n’a pas su ou pu construire les bases pour maintenir sa condition de nouvelle puissance régionale, motrice de l’intégration régionale et modèle de politiques sociales pour les pays du Sud. Son autonomie modérée, articulée à d’autres tentatives dans la région, a pris l’eau.

Le gouvernement de Michel Temer représente la reprise en main de l’appareil étatique par ceux qui ne l’ont jamais quitté. Il s’agit d’un retour aux années néolibérales des années 1990, comme l’ont prouvé les annonces de privatisations et de coupes drastiques dans le domaine social, et sur le plan international la soumission aux États-Unis. Le tout sans la légitimité des urnes, avec un gouvernement accablé par les scandales de corruption (six importants collaborateurs de Temer sont déjà tombés). Plus inquiétant encore, l’actuel processus n’est pas sans rappeler les pratiques de l’ancien régime militaire. En somme, il s’agit d’une revanche des éternels vainqueurs de l’histoire brésilienne, des traditionnelles oligarchies. Coups d’État d’hier et d’aujourd’hui, l’histoire du Brésil est en effet une histoire de coups [12].

Le gouvernement de Michel Temer représente la reprise en main de l’appareil étatique par ceux qui ne l’ont jamais quitté.

Dans ce contexte d’effondrement des institutions (une sorte de Que se vayan todos — « Qu’ils partent tous » — argentin de 2001, compte tenu du discrédit presque complet de la politique institutionnelle), quelles perspectives pour la gauche ? Si le PT a indubitablement contribué de manière décisive à un certain nombre de changements, il n’a pas été capable de radicaliser ces conquêtes ni de comprendre la rue en juin 2013. Malheureusement, on pourrait en dire autant de l’autre pôle de la gauche, dont le MPL, qui a pu, à travers le problème des transports urbains, faire naître un nouvel imaginaire politique radical, mais sans réussir à l’articuler à d’autres enjeux comme celui de la communication et de la culture, de la gestion de l’eau, de l’économie et des impôts… La résistance au coup d’État a été bien supérieure à ce que supposaient ou espéraient ceux qui l’ont initiés. Mais elle a été insuffisante pour l’arrêter. Parallèlement, une nouvelle génération s’organise de manière plus autonome [13] : occupations d’écoles, lycées et universités, marche de la marijuana, occupations culturelles, cryptorave, « marche des fiertés crépues » (marcha do orgulho crespo en portugais), femmes et LGBT contre la culture du viol, mouvement contre la chaîne de télé Globo. L’écart s’est creusé entre le projet « national » (mono-culturel) et les modes d’existence minoritaires. Une des questions décisives qui attend encore d’être posée est celle de la reconnaissance de la socio-diversité du Brésil, pays plurinational composé de plus de 300 peuples, parlant 274 langues [14].

La boue créatrice

Les crabes, habitants des mangroves, ne sont-ils pas, dans un contexte tropical, ce que les taupes étaient pour Marx, une métaphore de la révolution circulant souterrainement jusqu’à faire irruption pour bouleverser l’ordre des choses ? Remplissant un rôle fondamental dans cet écosystème, les crabes s’alimentent de détritus et « font des trous et des véritables tunnels, provocant l’aération de la boue, facilitant la circulation de l’eau et fournissant protection à d’autres animaux. Quand ils percent ces tunnels, ils renouvellent les nutriments des couches plus profondes de la boue, permettant la réutilisation de ces nutriments par les plantes et autres microorganismes » [15]. Dans la mythologie du candomblé, Oxalá essayait de créer les gens successivement en bois, air, eau, feu, pierre, huile et vin et n’y arrivait pas. Nanã lui a alors donné la boue et les personnes ont été modelées en argile [16]. Nous sommes de la couleur de la terre, a dit le sous-commandant Marcos à son arrivée sur la place du Zócalo après une longue marche en provenance du sud-est mexicain [17]. Et la voix de ceux qui cultivent la terre [18]. La boue subversive s’oppose à la boue toxique qui s’est déversée dans le Rio Doce, cinquième plus grand fleuve du Brésil, après la rupture du barrage de Mariana, dans l’État du Minas Gerais, en 2015. Le cycle antérieur a été assez positif pour la gauche. Le prochain sera-t-il, à l’image de la mangrove, un moment constituant ?

*Article originellement publié en ligne sur Vacarme le 16 janvier 2017 et en version imprimée dans Vacarme 78, hiver 2017

Post-scriptum

Jean Tible est professeur de sciences politiques à l’Université de São Paulo (USP), auteur de Marx selvagem (Annablume, 2013 ; seconde édition, 2016) et co-éditeur de Junho : potência das ruas e das redis (FES, 2014) et de Cartografias da emergência : novas lutas no Brasil (FES, 2015). Livres et textes disponibles en ligne sur https://usp-br.academia.edu/jeantible.

Notes

[2Luiz Zanin, « Gramado 2015. Que Horas Ela Volta ? e as panelas que batem », http://cultura.estadao.com.br/blogs….

[3Alana Moraes de Souza, « Não é para você estar aí : Os novos sujeitos desencaixados e a produção de cenas de dissensão em famílias das classe trabalhadoras de São Paulo », texte inédit, 2016.

[4Félix Guattari et Suely Rolnik, Micropolíticas : cartografias do desejo, Petrópolis, Vozes, 2007.

[5Sebastião Velasco et Reginaldo C. Moraes, « A construção retomada : desafios políticos e perspectivas internacionais para o Brasil », Nueva Sociedad, octobre 2008.

[6Discours de Gilberto Gil en assumant le Ministère de la culture. http://www1.folha.uol.com.br/folha/….

[7Celso Luiz Nunes Amorin a été ministre des Affaires étrangères pendant le gouvernement du président Lula entre 2003 et 2010. D’août 2011 à décembre 2014, il est le ministre de la Défense sous la présidence de Dilma Rousseff.

[8Pour une sélection de douze témoignages de participants de ces mobilisations, voir : Moraes, Alana et al, Junho : potência das ruas e das redis, São Paulo, Fundação Friedrich Ebert, 2014.

[9Fernando Henrique Cardoso, « Vitoria amarga », O Estado de S.Paulo, 7/12/2014.

[10Étore Medeiros, « Pelo menos 17 governadores pedalaram impunemente », El País Brasil, 09/06/16.

[11Celso Rocha de Barros, « Jucá entregou o jogo », Folha de S. Paulo, 30/05/2016.

[12Douglas Melchior, « A história golpeada do Brasil », Blog Negro Belchior, 07/05/16.

[13Martha Kiss Perrone e Fabio Zuker, « Por que ocupamos… » Nossa Voz, agosto de 2016.

[14« Carta pública da Apib aos candidatos e candidatas à Presidência da República », Conselho Indigenista Misionário, 15/9/2014, http://www.cimi.org.br/site/pt-br/?….

[15Djalma Agripino de Melo Filho, « Mangue, homens e caranguejos em Josué de Castro : significados e ressonâncias ». Hist. cienc. Saude-Manguinhos, vol.10, no.2. Rio de Janeiro, Maio-Agosto de 2003.

[16Reginaldo Prandi, Mitologias dos orixás, São Paulo, Companhia das Letras, 2000.

[17Palavras del EZLN el día 11 de marzo de 2001 em el Zócalo de la Ciudad de México, http://submarcos.org/zocalo.html-&g….

[18Débat avec Sônia Guajajara (APIB), Zé Celso et Guilherme Boulos (MTST), Teatro Oficina, São Paulo, 06/06/16 https://www.youtube.com/watch?v=_rf….