L’UDAPT – Union des Affecté-es par les opérations pétrolières de Texaco (maintenant Chevron) en Équateur demande aux organisations sociales de la soutenir afin de protéger la sentence des communautés indigènes et paysannes équatoriennes.


LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DE L’ÉQUATEUR, M. LENIN MORENO GARCÈS

Nous soussignés, organisations, réseaux et plateformes, nous nous adressons à vous, Lenin Moreno Garcès, Président de la République de l’Équateur, avec l’UDAPT (Union des Affecté-es par les opérations pétrolières de Texaco), pour vous exprimer notre profonde préoccupation face aux déclarations faites par le Ministre du Commerce Extérieur, Pablo Campana, en reférence à la possibilité d’un « dialogue » afin de « résoudre » le litige juridique que l’UDAPT (Union des affecté-es par les opérations petrolières de Texaco) mène contre Chevron.

Motivés par notre philosophie de lutte pour la protection et la garantie des droits humains et notre souci de chercher des mécanismes susceptibles d’offrir aux peuples la possibilité d’exercer leurs droits et d’accéder à à la justice, nous nous adressons à vous. Comme le sait l’État d’Équateur, c’est pour cela que nous avons promu l’initiative lancé par ce pays, visant à élaborer un « Instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits de l’homme ». Un tel moyen permettrait aux peuples et aux États de compter sur un instrument juridiquement contraignant visant à mettre fin à l’impunité qui protège actuellement les entreprises transnationales et leur permet de violer les droits humains, sans réparation.

L’impunité des entreprises affecte le procès juridique que les indigènes et paysans appartenant à la UDAPT mènent depuis plus de 23 ans. Le litige de l’UDAPT contre Chevron est l’un des exemples les plus évidents des abus et de l’impunité des transnationales. Il démontre la nécessité d’élaborer et d’approuver un traité contraignant qui régule, contrôle et sanctionne les abus des transnationales comme le souligne l’initiative actuelle du Groupe de Travail Intergouvernemental des Nations Unies dirigé par l’Etat équatorien.

C’est pour cela que nous nous adressons à vous, M. Le Président, pour vous demander avec respect, de partager avec nous, avec vos propres paroles, votre position relative aux déclarations faites par Pablo Campana, un membre de votre cabinet et qui ont été publiées par les agences de presse internationales. Plus particulièrement, nous vous serions reconnaissants de nous adresser une déclaration de votre part concernant la necessité de garantir la protection des droits humains et le respect des procès judiciaires.

Nous resterions attentifs à ce litige que nous considérons être l’un des cas de lutte globale les plus sensibles, significatifs et importants du monde pour le respect de la nature et des droits humains, en particulier ceux des peuples indigènes.