Notre projet de solidarité avec le Réseau de marchés agro écologiques de Paysans de la vallée du Cauca, en Colombie


Au cœur des ténèbres, le vert de l’espoir !

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C’est avec un courage exemplaire que paysans, communautés indigènes et afro-descendants colombiens se battent et s’organisent contre la spoliation des terres, contre l’insécurité alimentaire, pour le respect de l’environnement et de sa biodiversité.Un groupe de 500 agriculteurs de la région du Cauca, dans le sud du pays s’est formé pour mettre en pratique l’agro écologie et la solidarité. Ils ont besoin d’une aide financière pour pérenniser leur action.

La vallée de toutes les luttes

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La vallée du Cauca, au sud-ouest du pays, est la région où le conflit armé est le plus présent depuis près de 25 ans  [1] . Au cœur de ce conflit, la question de la terre, de son accaparement au bénéfice des industries agro-alimentaires, biocarburants, exploitations forestières, minières et d’hydrocarbures, mais aussi routes, barrages, sans oublier les cultures pour la drogue. Ce choix politique d’exploitation intensive de la terre par l’état se complète par les signatures des Traités de Libre Commerce avec les Etats-Unis et l’Europe qui aggraveront la situation. Villages abandonnés, hameaux occupés par les forces armées, cultures vivrières fumigées remplacées par la monoculture de palme et la canne à sucre qui représente 90% de la production du pays et 60% de celle de l’éthanol, conflits environnementaux dans les exploitations minières et mines illégales, interventions des forces de l’armée contre les fermes agro écologiques, et disparitions, c’est le résumé affligeant de la situation de la vallée de la Cauca.

« Remplir les réservoirs et vider les territoires »  [2]

Selon Óscar Libardo Campo, directeur de la CVC (la Corporation Autonome régionale de la vallée du Cauca), 80% des mines de la Vallée sont des petites exploitations situées dans les lits des rivières Guadalajara, Dagua, Bugalagrande, la Vieja, Rio Cauca à Jamundi (où la mine d’or a été fermée suite à la contamination au mercure de 100 mineurs), et Yumbo. Derrière tous ces titres de propriétés des mines, se cachent des bandes paramilitaires.
À Pradera, la ferme et centre de formation pour l’agro écologie du professeur Mario Mejia Gutierrez, spécialiste de l’agro écologie, reconnu en Amérique du sud, a été envahie et saccagée par 70 militaires de l’armée colombienne. Plusieurs fermes du secteur ont subi les mêmes exactions.
Sandra Viviana Cuellar, ingénieur de l’environnement et enseignante universitaire a disparu à l’âge de 26 ans, le 11 février 2011 aux alentours de Cali (capital de la vallée du Cauca). Elle coordonnait une mission internationale de vérification sur les agro combustibles avec l’association CENSAT-Agua Viva (Amis de la Terre International).
Très engagée, elle dénonçait les effets de la monoculture de la canne à sucre, les besoins toujours plus grands en eau, et la pollution des nappes phréatiques. A ce jour on n’est sans aucune nouvelle.

Les paysans à la « Table de la réforme agraire »

Mais la capacité de résistance des peuples est impressionnante : les paysans et citoyens se sont organisés en assemblée et refusent d’abandonner leur territoire. Plaintes contre les fumigations, les maladies, les meurtres, dettes impossibles à payer, aides misérables … Le gouvernement colombien, réticent à la présence des citoyens à la table des négociations de Paix à la Havane, a dû, sous la pression populaire, organiser la tenue d’un Forum National Agraire : 1300 membres d’organisations sociales, syndicales et populaires ont été sélectionnés et le Forum s’est déroulé en décembre 2012 à Bogota. Les paysans y ont construit des propositions alternatives et ont pu transmettre leurs revendications à la Havane. Les mouvements sociaux et politiques ont formé « La Marche Patriotique » qui regroupe 1700 organisations.

Des écoles et un réseau de paysans agro-écologiques

Dans le département de la Vallée du Cauca, se développe depuis dix ans, l’agriculture écologique familiale paysanne. Des écoles paysannes d’agro-écologie sont nées, reconnues par des institutions internationales , portées sans aucune aide par des paysans motivés et des agronomes militants, partisans du travail traditionnel de la terre face à la production industrielle. Il s’agit là d’une alternative indispensable pour assurer aux petits producteurs leur souveraineté alimentaire et lutter contre les semences transgéniques des multinationales.
Cette poche de résistance a évolué en dix ans en s’organisant en Réseau de Marchés Écologiques Paysans  [3], qui a obtenu en 2012 une reconnaissance légale et la certification de ses produits suivant le « Système Participatif de Garanties ».
Le réseau fédère 500 agriculteurs, 12 marchés et 58 organisations paysannes, indigènes et d’afro-descendants.

    L’exploitation « Pura Vida » : la transmission des savoirs aspyxiés

    Parmi les fermes du Réseau, l’exploitation agro-écologique familiale « Pura Vida » et ses réussites dans l’application des principes agro-écologiques ont permis la mise en place d’un espace de formation géré par Alfredo Acaño, agronome, et Gladys Gutierrez, zootechnicienne. De ses 30 années d’expériences agro-écologiques, avec des communautés indigènes de Colombie, des paysans du Costa Rica et dans la ferme « Pura Vida », Alfredo Acaño a fait un livre, précieux outil pédagogique de transmission des connaissances. Cette ferme qui assure une formation à tous les publics éprouve aujourd’hui de cruels besoins pour l’accueil de groupes : aménagement de toilettes et d’une cuisine, achat de tables, chaises, tableaux, vidéo projecteurs, ordinateurs, animaux, tuyau d’arrosage…..

    Un appel à l’aide

    Sauvegarde des semences et formation aux principes agro-écologiques, ces deux priorités sont aujourd’hui menacées. En effet, la Ferme « Pura Vida » au cœur du dispositif, et le Réseau des Marchés Agro écologiques Paysans sont en danger, en raison de la paupérisation grandissante des paysans : pas de crédit bancaire, isolement des fermes, augmentation du prix des transports, des services, des impôts.
    Pour soutenir leur projet, FAL lance deux fonds d’aide financière : un premier pour la préservation des semences, l’amélioration des cultures, des espèces animales, la consommation des familles et un autre fonds pour la formation et la pérennité de la vente sur les marchés.

    Les paysans du Cauca résistent à une politique gouvernementale ultralibérale et meurtrière ; leur lutte pour une politique de la terre nourricière, respectueuse de la nature, de la biodiversité ne peut que nous mobiliser.

    FAL Marseille coordonne ce projet.
    Vous pouvez adresser un chèque à l’ordre de FAL Marseille
    à FRANCE AMERIQUE LATINE/
    Comité de Marseille/ N° 126 Maison des Associations/ 93, La Canebière 13001 Marseille.
    Notre trésorière vous adressera une attestation pour une déduction fiscale

    Témoignage de Danièle Coll- Figueras (FAL Marseille/ Comité Directeur de FAL),
    qui a passé 4 mois en Colombie et dans la vallée du Cauca
    Article écrit par Nadyne Bensadoun (FAL Marseille)

    Sources:  www.censat.org, www.cvc.gov.co

    Voyage solidaire dans la région

    Ce projet pourra être complété par l’organisation d’un voyage solidaire qui permettra aux voyageurs de découvrir ce magnifique pays andin tropical qu’est la Colombie :

    – Visite de la capitale Bogotá.

    – Accueil de trois jours dans la Région de la belle Vallée du Cauca, chez les paysans du Réseau avec échanges et participations.

    – Accueil au pied du Parc naturel du Nevado del Ruiz entre 2000 et 3000 m, chez des paysans de montagne où des solidarités sont mises en place par le groupe Eco Andes/ Tayari (responsable en Colombie de l’accueil des visiteurs). Dans ce cadre magnifique les accompagnateurs en montagne du groupe Eco Andes/ Tayari organiseront des randonnées.

    – Et pour finir, « Playa, brisa y mar » dans la mer des Caraïbes à Cartagena.

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    Photos de paysages : Agence Aventurecolobia

    Ce que FAL Marseille a déjà fait pour lancer le projet.

    En mai-juin 2013, nous avons déjà organisé et participé à des soirées ou des journées sur le thème de l’agriculture et de Amérique latine et nous y avons présenté le projet.

    – deux soirées dans un local culturel de Marseille : présentation du projet/ présentation des AMAP en France/exposition de photos sur les populations en Colombie (ville, campagne).
    Ces soirées ont été assorties de moment de petits repas rapides dont les bénéfices vont tous au projet.

    – deux journées de réflexion sur l’agriculture péri urbaine avec Artisan du Monde et MNLE (Mouvement National de Lutte pour l’Environnement) : foncier/ eau et agriculture bio/ commercialisation des productions bio / projet de la ville d’Aubagne en liaison avec Terre de Liens qui prévoit l’achat de terres et d’une maison pour l’installation d’une ferme de maraîchage bio à Aubagne. Le projet paysan colombien y a été présenté comme une alternative aux désastres humains et écologiques qui accompagnent les politiques agricoles et industrielles d’un développement basé sur les gains financiers des oligarchies en place. En effet, les paysans du réseau de la Vallée du Cauca sont en résistance, tout comme les gardiens de la lagune à 4000m à Cajamarca au Pérou et bien d’autres dans le monde. Nous devons développer aussi une éducation à la connaissance du monde paysan chez nous où chaque jour un paysan se suicide. Les citoyens français doivent prendre conscience qu’eux aussi sont en résistance, qu’ils ont besoin de notre solidarité et nous de leurs luttes.

     – deux journées de fête offensive du PC 13 au parc Fabrégoules, à Septèmes près de Marseille :En plus du stand traditionnel, nous avons exposé les panneaux qui présentent la Région du Cauca, la réalité vécue par la population face au développement intensif dans le monde et le projet du « Réseau de Marchés Ecologiques Paysans de la Vallée du Cauca ».
    Nous avons vendu des empanadas et des boissons afin d’alimenter la caisse de solidarité pour le projet.

    Ce que FAL Marseille a prévu de faire à la rentrée.

    – En septembre nous participerons à une soirée où Terre de Liens présentera son projet d’achat de terre et de maison à Aubagne pour une agriculture péri urbaine et nous notre projet
    – En octobre, pour présenter le projet, nous avons prévu une grande fête rencontre de la Peña Colombiana Cultura y Campo avec repas, musique, poésie et débat sur la situation des terres dans le monde, en Colombie et en France/ présentation du projet
    – Plus tard nous avons prévu d’organiser avec le MNLE, la confédération Paysanne, le MODEF et Terre de Liens une rencontre-débat sur les alternatives pour le développement agricole.
    Tous les bénéfices iront à la caisse de solidarité-paysans

    Mise en page : Cathy Ferré (FAL Marseille/ Bureau National)

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