🇨🇱 Incendies meurtriers au Chili  (France 24 / Marion Esnaud – Reporterre)


Les incendies de forêt ravagent le sud du Chili, le bilan est de vingt morts. Les incendies ont démarré samedi 17 janvier, attisés par de fortes températures et des vents puissants de plus de 70 km/h dans les régions de Ñuble et du Biobio, à environ 500 km au sud de la capitale Santiago. La Patagonie argentine a également été frappée la semaine dernière par de violents feux de forêt, qui ont ravagé plus de 15.000 hectares, selon les autorités locales.

Reportage de France 24

Incendies meurtriers au Chili : couvre-feu dans les localités les plus touchées (France 24)

Les autorités chiliennes ont annoncé, dimanche 18 janvier, un bilan de dix-neuf personnes tuées dans des incendies qui ravagent le sud du pays et ont décrété un couvre-feu nocturne dans les localités les plus touchées.

Photo : AFP

Les feux, attisés par de fortes températures et des vents violents, se sont déclarés samedi dans les régions de Ñuble et du Biobio, à environ 500 km au sud de la capitale, Santiago.

« Le nombre total des personnes décédées à ce jour est de 19 », a déclaré le ministre de la Sécurité Luis Cordero, expliquant que 18 d’entre elles provenaient de la région de Biobio et la victime restante de la région de Ñuble. Plus tôt, en réévaluant le bilan à dix-huit morts, le président Gabriel Boric avait dit avoir « la certitude que ce chiffre [allait] augmenter », depuis la ville de Concepción où il s’est rendu pour diriger les opérations. Selon les autorités, quelque 300 habitations ont pour l’heure été détruites. « Mais ce chiffre est largement sous-estimé, il y en aura à coup sûr plus de 1 000 », a affirmé le chef de l’État.

Gabriel Boric a décrété un couvre-feu nocturne dans les localités les plus touchées de la région du Biobio, notamment Lirquén et Penco, où « les conditions sont très défavorables ». Dans les deux localités, de nombreuses maisons étaient ravagées par les flammes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« À deux heures et demie du matin, le feu était hors de contrôle. Il y avait un tourbillon qui a englouti les maisons du quartier en contrebas », a raconté Matias Cid, un étudiant de Penco de vingt-cinq ans. La progression des flammes a été si rapide que « nous avons dû fuir avec seulement les vêtements que nous portions. Je pense que si nous étions restés vingt minutes de plus, nous serions morts brûlés », a-t-il ajouté.

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Giga incendie au Chili : l’industrialisation des forêts pointée du doigt (Marion Esnaud / Reporterre)

Voilà six jours que le sud du Chili est en proie aux flammes. Vingt personnes sont mortes et 38 000 ha ont déjà brûlé. « Cette tragédie est la conséquence du modèle extractiviste forestier », dit une militante écologiste.

Un feu de forêt à Concepción, au Chili, le 18 janvier 2026. – © Guillermo Salgado / AFP

« Quand je suis arrivée dans mon quartier, construit sur les collines du bord de mer, tous les voisins observaient la colonne de feu qui se dirigeait tout droit vers nous », raconte Relmu Color, une jeune femme qui vivait au deuxième étage d’un immeuble complètement calciné à Lirquen.

Samedi 17 janvier après-midi, sous un soleil de plomb et de fortes rafales de vent, des incendies forestiers ont été intentionnellement déclenchés dans la région de Biobio, à quelques kilomètres des villes côtières. Une vingtaine d’incendies sont encore actifs et la commune de Penco-Lirquen est, à ce jour, la plus touchée. « Vers minuit, les feux se sont emparés des quartiers situés à la lisière des plantations forestières », poursuit Relmu Color, jointe par téléphone par Reporterre.

Certains habitants ont essayé de freiner l’avancée des flammes avec des tuyaux d’arrosage, mais Relmu a préféré s’enfuir. « J’ai réussi à m’échapper par un escalier cerné par les flammes qui descend la colline », décrit-elle, la gorge nouée. « Nous nous sommes réfugiés sur la plage mais l’air était irrespirable donc nous sommes montés dans un bus pour aller chez ma sœur qui vit à Concepción », la grande ville voisine.

« Je n’y crois toujours pas », s’attriste Relmu. « Tous les ans, il y a des incendies forestiers mais jamais nous aurions pu imaginer une telle ampleur. » Elle exprime sa colère envers les entreprises forestières qui n’ont pas installé les coupes-feu nécessaires — des bandes de végétation entretenues — pour éviter cette catastrophe. Son hypothèse, soutenue par des ONG écologistes comme Corporación Parque para Penco, est que ces incendies ont été déclenchés pour aider des industriels à créer un projet minier de terres rares : « Ils brûlent le parc, ils brûlent là où ils veulent installer la mine », a dit l’organisme dans un communiqué. (…)

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