🇧🇷 Tapajós : les peuples autochtones contre la marchandisation des rivières (Autres Brésils / OutrasMídias Fábio Bispo)
L’occupation du terminal de fret fluvial de Santarém (État du Pará) par des centaines de militant·es autochtones a duré quinze jours. Les manifestants exigeaient une consultation préalable à la privatisation de la rivière Tapajós, tel que promise par le président Lula lors de la COP30. Ils dénoncent l’avancement des travaux de dragage alors que les études ne sont pas achevées et les graves menaces que le projet fait peser sur leur mode de vie. Le 6 février, le gouvernement a suspendu le chantier, sous la pression des manifestan·tes.

En deux semaines, l’occupation par des militant·es autochtones de l’accès au terminal de fret de la multinationale agroalimentaire Cargill, à Santarém (État du Pará), pour protester contre les projets de mise en place de voies navigables en Amazonie, a pris de l’ampleur et a fait pression sur le gouvernement Lula (Parti des travailleurs – PT). Les manifestant·es dénoncent l’absence de consultation libre, préalable et éclairée des communautés autochtones potentiellement touchées par la création d’une voie navigable sur la rivière Tapajós. Une telle consultation est un droit garanti par la Convention 169 de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont le Brésil est signataire.
Le nombre de personnes participant à la manifestation a considérablement au cours de la mobilisation. Selon les organisateurs, elle a rassemblé environ 700 personnes des peuples du Bas, Moyen et Haut Tapajós. La semaine précédente, environ 150 autochtones étaient présent·es sur le terminal. Depuis le 22 janvier, les manifestant·es réclament l’abrogation du décret n° 12.600/2025, qui inclus plus de 3 000 kilomètres de rivières et de fleuves amazoniens dans le Programme national de privatisation (PND), dont certains tronçons du Tapajós ainsi que des rivières Madeira et Tocantins. Les dirigeants exigeaient notamment la suspension immédiate du dragage. Il s’agit d’une opération de nettoyage de la rivière Tapajós ou d’excavation des sédiments qui, selon les dires de certains, aurait commencé avant la fin des études environnementales . (…)
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