En Amérique centrale, les régimes autoritaires et les gouvernements alignés sur les États-Unis développent l’extractivisme (Prensa comunitaria / Traduction par Cocomagnanville / fr.esp.)


Les organisations environnementales d’Amérique centrale remettent en question les politiques et les concessions minières au Guatemala, au Salvador, au Honduras et au Nicaragua, et alertent sur les conséquences néfastes potentielles pour l’eau, la santé et les sols. Des régimes autoritaires comme ceux du Salvador et du Nicaragua, ainsi que des gouvernements comme ceux du Guatemala et du Honduras, alignés sur les États-Unis, développent les industries extractives dans la région. 


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Les régimes et gouvernements autoritaires d’Amérique centrale ont exacerbé l’expansion du modèle extractif dans la région, ont averti des défenseurs de l’environnement la semaine dernière lors du quatrième anniversaire de la consultation municipale sur l’exploitation minière à Asunción Mita, Jutiapa, dans l’est du Guatemala. 

Julio González, porte-parole du collectif Madre Selva, a expliqué que, selon lui, les entreprises extractives doivent opérer dans des pays où les lois et les systèmes juridiques sont faibles, et où le gouvernement contrôle les trois pouvoirs de l’État.

« Ils ont besoin d’un contrôle total, ils ont besoin de contrôler le système législatif, les congrès, le pouvoir exécutif, ceux qui appliquent les lois, et ils ont également besoin d’un espace de protection juridique », a-t-il déclaré. 

L’écologiste a souligné que l’industrie minière est présente au Guatemala depuis 2000, mais a affirmé que l’activité extractive s’est intensifiée en raison des mouvements géopolitiques internationaux et des conflits économiques survenus après la pandémie de Covid-19.

À titre d’exemple, il a mentionné qu’au début de cette année, la société minière canadienne Aura Minerals Inc. a annoncé avoir reçu le permis de construire pour exploiter le projet minier anciennement connu sous le nom de Cerro Blanco, un projet qui concerne le Guatemala, le Salvador et le Honduras.

L’entreprise a déclaré qu’elle utiliserait une méthode d’extraction minière souterraine. Cependant, des défenseurs de l’environnement ont mis en garde contre une possible contamination de la rivière Ostúa, qui se jette dans le lac Güija, l’un des principaux affluents du rio Lempa, lequel alimente en eau plus de trois millions de Salvadoriens. 

González a également évoqué l’imposition présumée de candidats à la présidence en raison d’intérêts économiques dans la région. À titre d’exemple, il a cité le cas du Honduras et affirmé que, lors de l’élection de Nasry Asfura, la menace d’expulsion de tous les Honduriens avait été utilisée pour influencer le vote.  « Une fois au pouvoir, la première mesure prise a été d’ouvrir davantage d’espaces à l’exploitation minière », a affirmé l’écologiste. 

En juin, le Honduras a promulgué la loi agro-industrielle afin de protéger les entreprises agricoles, minières et touristiques, d’assurer la sécurité juridique de la propriété privée et de lutter contre l’usurpation. Elle ordonne également au parquet et à la police nationale d’agir immédiatement contre toute action qui affecte le secteur. (…)

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