🇨🇴 « L’actuelle Constitution colombienne a permis le développement d’un modèle économique néolibéral sauvage » : entretien avec Javier Felizzola, membre du Comité promoteur pour la convocation d’une Assemblée nationale constituante (Luis Reygada / L’Humanité)


Bientôt arrivé à la fin de son mandat, le président Gustavo Petro pourrait laisser en héritage un projet de refonte de la loi fondamentale, porté par des collectifs citoyens convaincus qu’un tel changement est nécessaire pour mettre en œuvre les transformations sociales dont le pays a besoin. Entretien avec Javier Felizzola, membre du Comité promoteur pour la convocation d’une Assemblée nationale constituante.

Alors que le mandat de Gustavo Petro se termine dans quelques mois, l’idée de convoquer une assemblée constituante continue de faire son chemin. © Andres Moreno / Xinhua

Blocages institutionnels, tentatives de déstabilisation voir de « début de coup d’État » en 2024, le colombien Gustavo Petro a vu son mandat fortement perturbé par un bloc conservateur bien décidé à tout faire pour freiner les projets de réformes progressistes du premier président de gauche de l’histoire contemporaine du pays.

Alors que son mandat se termine dans quelques mois, l’idée de convoquer une assemblée constituante continue de faire son chemin, fortement impulsée par des militants de base qui considèrent l’obtention d’un nouveau texte suprême comme indispensable pour introduire les transformations sociales nécessaires au peuple.

Le lancement du processus constituant implique de recueillir plus de trois millions de signatures avant que le projet soit présenté au nouveau Congrès de la République, qui sera élu en mars prochain. « Nous n’avons pas besoin de modifier l’intégralité de la Constitution de 1991 », déclarait le président de la République en octobre dernier, « mais simplement rétablir ce que l’oligarchie lui a retiré ». Entretien avec Javier Felizzola, professeur du Réseau des éducateurs populaires de Bogotá et membre du Comité promoteur pour la convocation d’une Assemblée nationale constituante.

L’idée initiale est née vers 2023, à la suite de déclarations du président de la République face à l’attitude du Parlement et de certains secteurs du pouvoir judiciaire. Il y avait un blocage institutionnel à l’égard des réformes structurelles dont le pays avait besoin. Le président a lancé l’idée initiale, mais en insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une initiative de l’exécutif, ni d’une réforme constitutionnelle impulsée par le gouvernement. La proposition doit émaner de citoyens organisés, chargés de former des comités avec la mission de collecter les millions de signatures nécessaires dans tout le pays.

C’est un processus très démocratique et participatif, auquel s’opposent les partis politiques traditionnels de droite, ceux qui ont gouverné le pays au cours des deux cents dernières années. Tout comme certains groupes économiques, certains médias, toute une élite liée à l’oligarchie et qui s’appuient sur des forces parlementaires conservatrices. (…)

(…) Lire la suite de l’article (réservé aux abonné·es de l’Humanité) ici