🇦🇷 Argentine: grève générale contre la réforme du travail de Milei (France 24)


Buenos Aires (Argentine) (AFP) – Avancée législative, mais résistance sociale: le président argentin Javier Milei fait face jeudi à sa quatrième grève générale en un peu plus de deux ans de mandat, une mesure de force visant sa réforme de dérégulation du travail, qui pourtant progresse au Parlement.

Un homme passe devant des affiches appelant à la grève générale le 9 mai 2024 à Buenos Aires, la deuxième depuis le début du mandat du président argentin Javier Milei  © Luis ROBAYO / AFP/Archives

Depuis minuit heure locale (03H00 GMT) et pour 24 heures, les trains, bus, aéroports, ports, banques, la fonction publique devraient se paralyser ou tourner au ralenti, pour une grève que la grande centrale CGT a promis « forte ». Et affecter aussi commerces et restaurants, en fonction des difficultés d’acheminement des employés.

L’impact s’annonce a priori plus marqué que la dernière, en avril 2025 pour la défense du pouvoir d’achat. Elle avait été très inégalement suivie, les bus ayant ce jour-là circulé quasi-normalement, ce qui ne devrait pas être le cas jeudi.

Aerolineas Argentinas a annoncé annuler 255 vols jeudi, dont une trentaine de vols internationaux, affectant au total plus de 30.000 passagers.

La mobilisation illustre un regain de conflictualité sociale, quatre mois après le succès électoral de l’ultralibéral Javier Milei, sorti renforcé des législatives de mi-mandat. Elle vise la réforme du travail, projet-clef de sa deuxième moitié de mandat, dont débattra jeudi la Chambre des députés. (…)

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Journées de 12 heures, réduction du coût des licenciements… En Argentine, l’extrême droite fait adopter une loi menaçant directement les droits des employés (L’Humanité) / Charlie Barreira

Cette dérégulation est vivement critiquée par la gauche et les syndicats. Pour Axel Kicillof, gouverneur de la province de Buenos Aires, « c’est le projet que la dictature proposait ». 
© Lafargue Raphael/ABACA

Alors que le Mexique vient d’adopter une réforme réduisant la semaine de travail de 48 à 40 heures, le Sénat argentin a finalement adopté, après plus de quatorze heures de débat, la dérégulation du travail proposée par le président d’extrême droite Javier Milei.

Le gouvernement affirme que cette réforme est « synonyme de progrès » et qu’elle va inciter à la régularisation d’une grande partie des emplois informels, qui représentent 40 % des emplois du pays. Présentée par l’exécutif comme une « modernisation », cette réforme dispose en réalité de plusieurs points qui menacent frontalement les droits des travailleurs. Elle propose notamment d’augmenter la journée de travail réglementaire à 12 heures et limite le droit de grève en élargissant les services dits « essentiels ». (…)

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