🇺🇸 «Bouclier des Amériques» : derrière le sommet de Trump en Floride, une offensive contre la Chine en Amérique latine (TV5 Monde / RFI)


Donald Trump a réuni une douzaine de dirigeants latino-américains à Miami, pour un sommet baptisé «Bouclier des Amériques», samedi 7 mars. Depuis cette tribune, le président américain a multiplié les déclarations offensives sur Cuba, qui “vivait ses derniers moments”, sur l’Iran et le Venezuela, en affichant une ambition claire : reprendre la main face à l’influence grandissante de la Chine dans la région.

Les participants au Sommet « Bouclier des Amériques »qui s’est réuni le 7 mars 2026 à Miami. Photo : Daniel Torok. Page Facebook de la Maison-Blanche.

C’est au Trump National Doral Golf, l’une de ses propriétés personnelles en Floride, que Donald Trump accueille ce sommet inédit depuis le début de son second mandat. Douze pays sont représentés, parmi lesquels l’Argentine, le Salvador, l’Équateur, le Honduras, le Chili, le Panamá ou encore Trinidad et Tobago. Deux absences sont néanmoins remarquées, celles de deux chefs d’État de gauche : la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva.

Parmi les personnalités attendues figurent le président argentin Javier Milei, le président salvadorien Nayib Bukele, dont la politique sécuritaire controversée est pourtant devenue une référence pour une partie de la droite latino-américaine ou encore le président équatorien Daniel Noboa, qui a récemment lancé des opérations militaires conjointes avec Washington contre le trafic de drogue.

Le sommet s’est tenu dans un contexte particulièrement tendu, une semaine après le déclenchement des frappes américaines contre l’Iran. Après son discours, Donald Trump va quitter Miami pour la base aérienne de Dover (Delaware, est), afin d’accueillir les dépouilles des six premiers soldats américains tués dans la guerre contre l’Iran.

Lors de sa tribune, le président américain a multiplié les déclarations offensives sur Cuba, affirmant que l’île communiste “vivait ses derniers moments”, prédisant un “grand changement”“Je vais m’occuper de Cuba”, a-t-il lancé, évoquant en termes vagues des négociations en vue d’un possible “accord”

La rencontre s’inscrit également en amont d’une visite prévue de Donald Trump en Chine fin mars. Pékin a considérablement renforcé sa présence économique sur le continent sud-américain.

C’est la première fois, dans ce second mandat de Donald Trump, que les Etats-Unis réunissent des dirigeants de l’Amérique latine de cette manière. Les discussions devraient essentiellement porter sur la sécurité, le trafic de drogue, le blanchiment d’argent et le rôle de la Chine dans les télécommunications et les infrastructures de la région. 

C’est un enjeu considérable. Pour Francisco Urdinez, professeur associé à l’Institut de sciences politiques de l’Université pontificale catholique du Chili, le basculement commercial déjà opéré est d’une ampleur jamais égalée. En 2001, Cuba était le seul pays de la région à commercer davantage avec la Chine qu’avec les États-Unis. Vingt ans plus tard, quasiment tous les pays d’Amérique du Sud, à l’exception du Paraguay et de la Colombie, en font autant. 

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 «Bouclier des Amériques»: Washington veut réaffirmer «sa place dans la région»

Donald Trump réunit cet après-midi, dans l’une de ses résidences de Floride, douze dirigeants d’Amérique latine pour un sommet intitulé « Bouclier des Amériques ». Objectif, selon le département d’État américain, promouvoir la liberté, la sécurité et la prospérité dans la région.

Pour en parler Gaspard Estrada, politologue, membre de l’unité du Sud Global à la London School of Economics.

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Voir également cet article réservé aux abonné·es : Le « Bouclier des Amériques », confrérie conservatrice voulue par Trump en Amérique latine pour contrer la Chine (Amanda Chaparro / Le Monde)