🇨🇴 🇺🇸 Les États-Unis amorcent-ils une désescalade avec la Colombie? (RFI / France 24) / Manifestations contre l’impérialisme en Colombie (Luis Reygada – L’Humanité / France Info)


Le président colombien Gustavo Petro et son homologue américain Donald Trump ont tenu leur tout premier entretien téléphonique mercredi 7 janvier. Un appel qui fait suite à des menaces répétées de frappes américaines en Colombie. Donald Trump a, de son côté, annoncé qu’il allait recevoir son homologue colombien à la Maison Blanche « dans un futur proche ». Petro et Trump conviennent d’« actions conjointes » contre l’ELN à la frontière entre Colombie et Venezuela, affirme le ministre de l’Intérieur colombien.

Photos © Luis Robayo, Mandel Ngan / AFP

Le revirement a de quoi surprendre. Mercredi 7 janvier en fin d’après-midi, le président Gustavo Petro a appelé son homologue américain Donald Trump pour « expliquer la situation concernant les drogues et d’autres désaccords », a écrit ce dernier sur sa plate-forme Truth Social. Le locataire de la Maison Blanche a souligné qu’il avait « apprécié son ton », ajoutant qu’il avait « hâte » de le rencontrer.

Reportage de Julie Dungelhoeff France 24

Le message de Donald Trump est tombé alors que des centaines de milliers de Colombiens manifestaient partout dans le pays « en défense de la souveraineté nationale », à l’appel de leur président, rapporte notre correspondante à Bogotá, Marie-Eve Detoeuf. Devant une foule enthousiaste à la capitale, Gustavo Petro s’est offert le plaisir de lire le texte écrit par Trump : « C’est un grand honneur que d’avoir parlé avec le président Gustavo Petro. »

Les deux hommes ont parlé trafic de drogue, un des sujets qui fâchent. En septembre dernier, Washington a retiré la Colombie des pays qui coopèrent contre le trafic de drogue et a inscrit Gustavo Petro sur la liste noire des personnes qui en sont complices. Récemment, Donald Trump avait qualifié le président colombien de « narcoterroriste ».

« Après la conversation téléphonique entre [Gustavo] Petro et [Donald] Trump, le risque d’une intervention militaire diminue significativement, même s’il faut rappeler que [les deux présidents] se sont parlé il y a deux mois. La situation de la Colombie est très différente de celle du Venezuela, le président [Gustavo] Petro est un président légitime », analyse Sergio Guzman, dirigeant d’une société de conseil en risque politique.

 Le président colombien de gauche est aussi un des rares qui a critiqué haut et fort le président Donald Trump dans la région et a accusé les États-Unis d’avoir enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro « sans base légale ». Peu après, Donald Trump lui a rétorqué qu’il devrait « faire gaffe à ses fesses » (…)

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En Colombie, « Gustavo Petro peut compter sur le soutien de son peuple » (Luis Reygada / L’Humanité)

La gauche s’est mobilisée à travers tout le pays, ce mercredi, en défense du président visé par Washington. À la surprise générale, Trump paraît maintenant vouloir réparer la relation bilatérale.


Dans toutes les principales villes de Colombie, partis politiques, syndicats, mouvements sociaux ou simples citoyens ont répondu présents, ce mercredi, à l’appel à la mobilisation générale, lancé 48 heures auparavant, par le président Gustavo Petro sur ses réseaux sociaux, en réponse aux menaces proférées à son encontre par le président états-unien.

Sur fond de tension exacerbée entre les deux gouvernements après l’intervention militaire menée pour séquestrer le président Nicolas Maduro, Donald Trump se voit bien mener le même genre d’opération dans le pays voisin pour y déloger le premier président de gauche de son histoire contemporaine, qu’il accuse aussi trompeusement d’être lié au narcotrafic.

À Cúcuta, la capitale du département du Norte de Santander, c’est sur le pont international Simón Bolívar qu’un premier point de rendez-vous a été fixé. Une trentaine de militants issus des deux côtés de la frontière colombo-vénézuélienne se retrouve symboliquement au milieu du pont, « pour montrer les liens profonds qui unissent nos deux pays et exiger le respect à l’autodétermination des peuples », explique Zaida Rojas, professeur de 66 ans possédant la double nationalité.

« C’est important de manifester ici car nos pays sont des frères siamois, qui ont été libérés par la même épée : celle de Simon Bolivar », juge Eniol Mora, 86 ans, quand apparaît justement le Libertador ! Portant l’uniforme militaire et le sabre du héros des guerres d’indépendance sud-américaines, l’acteur Miguel Angel Gutierrez attire l’attention d’une nuée de journalistes face à qui il affirme que « l’Amérique latine n’est l’arrière-cour de personne ». Plusieurs des manifestants suivent l’épée brandie par le sosie de Bolivar jusqu’au parc Santander. (…)

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« Ce qui est en jeu, c’est la dignité des peuples » : des milliers de Colombiens manifestent contre l’impérialisme américain (reportage de France Info)

À l’appel de leur président Gustavo Petro, des dizaines de milliers de Colombiens se sont rassemblés mercredi 7 janvier sur les places du pays, pour dénoncer l’opération menée par les États-Unis au Venezuela, mais aussi plus largement, l’impérialisme américain et le risque de déstabilisation qui pèse désormais sur toute la région. Dans ce pays longtemps ami des États-Unis, la contestation monte, et elle concerne désormais toutes les couches de la société.

Rassemblement à Bogotá pour une Colombie libre et souveraine le 7 janvier 2026 (Page Facebook RTVC)

La place Bolívar de Bogotá est remplie de banderoles. De nombreux syndicats sont présents, mais aussi des fonctionnaires, de jeunes gens, comme des moins jeunes, une foule hétéroclite dans laquelle Juan avance à petits pas. « Je suis en train de vivre les pires atrocités de l’empire américain. Ce Trump est un salaud. Je ne vois pas d’où il s’arroge le droit d’humilier un peuple. Il se croit omnipotent », peste-t-il.

Le président américain est devenu la bête noire des manifestants depuis qu’il a traité Gustavo Petro de « malade qui aime prendre de la cocaïne ». Luisa María est étudiante en communication, et se montre à la fois en colère et inquiète. « Ce qui me choque le plus c’est que les États-Unis pensent avoir le pouvoir et la capacité militaire d’envahir les pays latino-américains. Ce que font les États-Unis au Venezuela pour prendre leur pétrole, cela ne me surprendrait pas qu’il fasse la même chose pour les ressources naturelles de notre pays », confie-t-elle.

À ses côtés, Angela, une cycliste professionnelle francophone, approuve. « On ne respecte pas les droits humains, on ne respecte pas la Constitution du pays. Si on ne respecte pas le Venezuela, on ne respecte pas l’Amérique latine…. » (…)

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