🇧🇷 Grâce à une naissance inattendue, une tribu amazonienne décimée s’éloigne de l’extinction (Coppélia Piccolo / Libération)
Le peuple autochtone des Akuntsu, installé au cœur de la forêt amazonienne et menacé par la déforestation, ne compte à ce jour plus que trois femmes. Un bébé né en décembre pourrait permettre de faire perdurer la tribu.

Depuis des années, Pugapia et ses filles Aiga et Babawru occupaient une petite parcelle de forêt dans l’État de Rondônia, dans l’ouest du Brésil. Les trois survivantes de la minuscule tribu autochtone des Akuntsu, menacée de toutes parts par la politique gouvernementale brésilienne de déforestation de la forêt amazonienne, tentaient alors de survivre en milieu hostile. Mais le temps passant, les trois femmes vieillissaient sans aucune grossesse à l’horizon, au risque d’enterrer leur lignée. Et ainsi de voir disparaître définitivement le peuple Akuntsu.
Un choix délibéré de la part de ces femmes Akuntsu, et motivé non seulement par l’absence d’autres hommes dans leur communauté – le dernier est mort en 2017 – mais aussi par la conviction que leur monde était désorganisé. Autant de conditions qu’elles jugeaient incompatibles avec l’éducation d’un enfant. Toutes prenaient alors de grandes précautions pour ne pas tomber enceinte.
L’espoir a finalement refait surface en décembre, lorsque la benjamine des trois femmes, quadragénaire, a accouché d’un petit garçon. Akyp, né le 8 décembre 2025, dont le père est issu d’une tribu voisine, les Kanoe, éloignant ainsi le spectre de l’extinction pour la tribu, longtemps considérée comme «non contactée», c’est-à-dire en totale autarcie et sans aucun contact avec la civilisation moderne.
Interrogée par le Washington Post, Carolina Aragon, linguiste et seule personne extérieure capable de communiquer avec les trois femmes, explique que «la rupture des liens sociaux qui a suivi le génocide de leur tribu», dans les années 1970, en lien avec l’exploitation de leur lieu de vie, a amené la tribu à «réfléchir – et à repenser – l’avenir». Les femmes entament désormais un «nouveau chapitre» en choisissant d’accueillir l’enfant, ajoute-t-elle. (…)
(…) Lire la suite de l’article ici