En 2017, au moins 207 défenseurs de l’environnement ont été tués (Ines Zeghloul/Les inrocks)


En 2017, au moins quatre défenseurs des droits à la terre et de l’environnement ont été tués par semaine. Selon l’ONG britannique Global Witness, le chiffre est en continuelle augmentation. Les meurtres restent cependant largement impunis.

Selon le rapport annuel de l’ONG britannique Global Witness, l’année 2017 a été l’année la plus meurtrière pour les défenseurs de l’environnement. En effet, on décompte environ 207 morts dans 22 pays différents. D’autant que les meurtres sont impunis, les désaccords sur l’emploi économique des terres se multiplient et le chiffre de morts ne cesse de croître.

Des chiffres inquiétants

Néanmoins, le bilan, dévoilé hier, ne devrait être qu’un constat minimal, a précisé l’ONG. Chaque année les manifestants et activistes sont assassinés en nombre pour s’être opposés à des projets agro-industriels, miniers ou forestiers. Mais Global Witness tend à alerter de même sur l’accroissement du risque de menace, la multiplication des agressions sexuelles, des tueries de masse, des expropriations ainsi que les différentes interdictions de sortie du territoire qu’endurent ceux qui s’opposent. Or les meurtres ne concernent pas que les activistes ou les rangers, ils concernent aussi des individus ordinaires tués « alors qu’ils tentaient de protéger leur domicile et leur communauté contre l’extraction minière, l’agrobusiness et d’autres industries destructrices »explique l’ONG Global Witness.

Parmi les 22 pays recensés, la majorité, à 60%, se trouve en Amérique du Sud. Au nord-est du Brésil, la communauté gamela s’est par exemple faîte attaquée à la machette par 200 fermiers, le 30 avril 2017. Un fait qui n’est que symptomatique du, quelques fois tragique, développement du pays. « Le Brésil a enregistré la pire année documentée dans le monde entier, avec 57 meurtres commis en 2017 », explique rapport. Le Mexique, lui, voit ces crimes se multiplier par cing, passant ainsi de 3 à 15.

Comparativement à sa démographie, le Nicaragua demeure le pays le plus affecté, avec 4 meurtres. Les activités minières et le braconnage qui s’accroissent en Afrique, eux aussi, provoquent des exactions. On en compte notamment 12 en République Démocratique du Congo. Ailleurs, en Inde, la situation inquiète tout autant : les meurtres ont notamment triplé avec 16 cas. 

Le prix à payer

C’est bien l’usage des terres, et plus particulièrement son usage économique, qui est en cause. Les locaux demeurent peu ou aucunement concertés dans les prises de décisions et autres projets d’exploitation. Sans surprise, l’agrobusiness est coupable d’un quart des meurtres : mines, braconnage, déforestation, ennoiement de terre… Autant de raisons qui pousse Global Witness à mettre en évidence le lien existant entre notre propre consommation et les crimes perpétrés. « Actuellement, les gens vivent dans la peur. Alors j’ai repris (l)a lutte contre les grandes entreprises et investisseurs européens qui soutiennent des projets illégaux de plantation d’huile de palme, de bananes plantains et de manioc »déclare Ramon Bedoya à Libération, ce Colombien a poursuivi le combat de son père assassiné à seulement 18 ans (…)

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