L’Amérique latine à l’honneur aux Rencontres d’Arles (Béatrice Andrieux/ IDEAT)


Organisée dans le cadre de l’Année France-Colombie 2017, cette séquence permet de découvrir les œuvres fortes et singulières d’artistes intergénérationnels d’Amérique latine utilisant le médium photo. À découvrir absolument avant de faire une pause au Chiringuito, le bar du nouvel espace d’exposition et de vie : Croisière.

Panorama colombien: « La Vuelta ».
À la chapelle Saint-Martin-du-Méjan, place Nina-Berberova.

               «Supersonas» (2011). Juan Pablo Echeverrí

Cette riche exposition collective organisée par Carolina Ponce de León et Sam Stourdzé est une belle occasion de découvrir les travaux de 28 artistes de toutes les générations. Fortement marquée par une histoire liée aux narcotrafiquants et aux multiples révolutions la Colombie demeure un territoire meurtri par ses conflits récurrents. Les projets sélectionnés explorent les mutations culturelles, politiques et sociales du pays, avec comme point d’ancrage le conflit armé ayant duré soixante ans. Emprunté à l’œuvre de l’artiste Juan Fernando Herrán, le terme « vuelta » désigne tout aussi bien une activité illégale qu’une course sportive par étapes, ou bien un retour, un renouveau.

Histoire chilienne: « Paz Errázuriz. Une poétique de l’humain ».
À l’atelier de la Mécanique, 7 rue Yvan-Édouard.

«Evelyn, La Palmera, Santiago», série «La Pomme d’Adam» (1983). Paz Errázuriz

Figure majeure d’une forme de résistance pendant la dictature de Pinochet, Paz Errázuriz a commencé à réaliser des portraits en noir et blanc dans les années 70. Née en 1944 à Santiago du Chili, où elle vit et travaille toujours, Paz Errázuriz a très tôt dénoncé les diktats sociaux en photographiant des lutteurs, des travestis, des prostituées ou encore des malades mentaux. Par cette forme de contestation d’un pouvoir en place violent, elle a cherché à briser les règles qui condamnaient ces individus à une marginalisation certaine en les rendant visibles auprès de la société chilienne. Chronologique et thématique, l’exposition retrace avec poésie l’histoire troublée de ce pays.

Chronique des villes: « Pulsions urbaines. Photographie latino-américaine, 1960-2016 ».
À l’espace Van Gogh, rue du Président-Wilson, place du Docteur-Félix-Rey.

  «Bambuco» (1977), Colombie. Vicki Ospina

L’exploration de la photo en Amérique latine se poursuit sur un demi-siècle avec ces « Pulsions urbaines », dont une centaine d’images proviennent de la célèbre collection de Leticia et Stanislas Poniatowski, que les commissaires, Alexis Fabry et María Wills, avaient déjà exposée, à Bogotá, en 2013. Les contradictions et les enjeux de ce continent hybride, tiraillé entre mondes préhispanique et postcolonial, et la façon dont la société de marché s’empare des mutations urbaines y sont révélés. Tirages d’époque remarquables et œuvres en couleurs font aussi apparaître la mutation du rural à l’urbain et « la manière dont le rural et le populaire arrivent à vivre ensemble dans une métropole rêvée ».

http://ideat.thegoodhub.com/2017/08/08/lamerique-latine-a-lhonneur-aux-rencontres-darles/