🇪🇨 🇺🇸 🇨🇴 75 000 soldats déployés, stricts couvre-feux, checkpoints… Daniel Noboa, l’allié de Trump, fait quadriller l’Équateur pour sa « guerre contre la drogue » (l’Humanité) / La Colombie dénonce un bombardement sur son territoire par l’Équateur, Quito dément (TV 5 Monde)



Depuis dimanche 15 mars et jusqu’à la fin du mois, les habitants de régions côtières de l’Équateur sont soumis à un couvre-feu. Une nouvelle étape de la « guerre contre la drogue » du président Daniel Noboa, parfaitement aligné sur les exigences de Donald Trump. Quelque 75 000 militaires lourdement armés participent aux opérations, selon les autorités.

Le président équatorien Daniel Noboa au Palais royal de Bruxelles, le 23 janvier 2026. © ABACAPRESS.COM


Inspiré par les méthodes de son homologue d’extrême droite salvadorien Nayib Bukele et toujours plus aligné sur les velléités de Donald Trump qui a fait de la lutte contre le narcotrafic le cheval de Troie de son ingérence en Amérique latine, le président de l’Équateur Daniel Noboa déploie sa politique antidrogue ultra-répressive et qui a déjà fait la démonstration, faute de s’attaquer aux causes du phénomène, de son échec. Les chiffres des homicides, disparitions, extorsions et autres délits qui se sont envolés depuis le retour de la droite au pouvoir ne reculent pas.

Pas de quoi dissuader le dirigeant autoritaire de pousser le curseur toujours plus loin. Depuis dimanche soir et jusqu’au 31 mars, les forces armées équatoriennes déclencheront une « offensive très forte » avec le « conseil » des États-Unis, a annoncé mardi le ministre de l’Intérieur, John Reimberg. « Restez chez vous (…) c’est pour votre propre sécurité (…) afin que nous n’ayons ensuite aucune conséquence que nous ne souhaiterions pas », a-t-il ajouté, tout en annonçant des « checkpoints »comme pendant la pandémie de Covid-19.

Pendant deux semaines, les Équatoriens des provinces côtières de Guayas, Los Ríos, Santo Domingo de los Tsachilas et El Oro auront interdiction de sortir entre 23 heures et 5 heures. Pendant le couvre-feu, seuls pourront circuler les voyageurs munis de leur billet d’avion, le personnel de santé et les services d’urgence. Quelque 75 000 militaires lourdement armés participent aux opérations, accompagnés de convois de fourgons blindés, de motos et d’hélicoptères, selon des images diffusées par les autorités. (…)

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 La Colombie dénonce un bombardement sur son territoire par l’Équateur, Quito dément (TV 5 Monde)

La Colombie accuse l’Équateur d’avoir bombardé son territoire près de leur frontière commune, une affirmation rejetée par Quito, sur fond de tensions croissantes entre les deux voisins sud-américains.

Gustavo Petro, le 13 novembre 2025 à Bogotá, et Daniel Noboa, le 18 août 2025 à Brasilia. AFP/Archives

Le président de gauche Gustavo Petro a affirmé lundi 16 mars avoir des preuves qu’une « bombe » a été larguée d’un avion équatorien sur le territoire colombien. Mardi, il a publié sur X une image d’un engin explosif n’ayant pas été déclenché, accompagnée d’un message appelant à « enquêter en profondeur sur cette bombe tombée d’un avion à la frontière colombienne avec l’Equateur », à « cent mètres de la maison d’une famille de paysans pauvres ».

Le président de l’Équateur, en pleine offensive contre le narcotrafic, a rejeté ces accusations, qualifiant les déclarations du son homologue colombien de « fausses ». « Nous agissons sur notre territoire, pas sur le vôtre », a affirmé mardi sur X Daniel Noboa, président de droite et allié de Donald Trump dans la région. Quito est « en train de bombarder les lieux qui servaient de caches » à des groupes criminels « en grande partie colombiens, auxquels votre gouvernement a permis de s’infiltrer dans notre pays par sa négligence » dans la surveillance de la frontière, a-t-il ajouté à l’adresse de M. Petro.

La Colombie et l’Équateur partagent une frontière d’environ 600 kilomètres, le long de laquelle circulent des guérillas colombiennes et des organisations criminelles des deux pays impliquées dans le trafic de drogue et d’armes, la traite d’êtres humains, ainsi que dans l’exploitation minière illégale.

« Il y a 27 corps calcinés et l’explication (de M. Noboa) n’est pas crédible », a répliqué M. Petro, sans préciser s’il s’agit de personnes mortes récemment. Contactée par l’AFP, l’armée n’a pas été en mesure de répondre sur l’origine des corps mentionnés par le président.

Daniel Noboa reproche à la Colombie de ne pas en faire assez contre les groupes armés à la frontière qui passent en Equateur où la violence liée au narcotrafic atteint des niveaux historiques. C’est sur ce fondement que le président équatorien a initié en février une âpre bataille commerciale avec la Colombie, qui frappe les importations et la coopération énergétique entre les deux pays.

Selon Julián Imbacuán, un paysan d’Ipiales dans le sud de la Colombie, joint par téléphone, une bombe est tombée « tout près de la maison, à environ 50-60 mètres ». « Nous étions tous terrifiés, effrayés et inquiets que ces engins explosent d’un moment à l’autre et puissent nous ôter la vie », a-t-il dit à l’AFP. (…)

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