🇺🇾 Uruguay. Le procureur spécialisé “consterné” par des jugements d’un tribunal d’appel favorables à des militaires (Association ¿Dónde están? Paris)
En ce début d’année 2026 et alors qu’en Uruguay une jurisprudence sur les violations des droits humains par la dictadure allant dans le sens du respect du droit international semblait acquise, l’hebdomadaire Búsqueda donne la parole au procureur Perciballe, chargé des crimes contre l’Humanité qui exprime sa « consternation ».
En effet, suite au changement de deux de ses trois membres, l’un des quatre tribunaux d’appel de justice pénale a rendu successivement quatre jugements favorables aux militaires, sur des bases juridiques très contestables. « Un changement radical de la jurisprudence » est en jeu, s’inquiète le Procureur.
Pourtant la justice avance toujours. La Diaria et Caras y Caretas rendent compte d’un jugement historique rendu à Fray Bentos condamnant à la prison ferme neuf militaires pour des tortures à des détenus à San Javier en 1980 et 1984. « Les faits sont largement prouvés » dit le juge. La Diaria revient sur la condamnation le même jour d’un de ces neuf militaires pour des tortures et sévices infligés en 1980 à une détenue. Le jugement considère que la victime a subi des violences spécifiques « du fait de sa condition de femme ».
Sans surprise, le chef du parti militaire Cabildo Abierto dénonce ces décisions, rendues d’après lui sur la base de « témoignages souvent très douteux » nous dit La Diaria. Un article de El Observador précise les conditions de détention très correctes des militaires dans la prison de Domingo Arena. El Observador fait savoir qu’un militaire détenu dans cette prison n’a pas obtenu l’autorisation qu’il demandait pour assister à l’enterrement de son frère. Cette décision judiciaire a été critiquée, à la fois dans des cercles militaires et par l’association des ex prisonniers politiques Crysol.
Une tribune de La Diaria rappelle le 39è anniversaire de l’adoption de la loi de Caducité qui accorde l’impunité aux crimes de la dictature. Deux articles de La Diaria et de Brecha éclairent la complexité des relations, aujourd’hui encore, entre l’Etat uruguayen et ses Forces Armées.
El País informe que l’INDDHH (Institution Nationale des Droits Humains) demande une augmentation de 75% de son budget pour investir dans la recherche des disparu-es. Colonia Multimedia rend compte de l’issue d’une intervention de l’équipe anthropologique suite à la découverte de restes osseux à Carmelo. (…)
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