La poussée des extrêmes droites en Amérique latine (La Fabrique du Monde / RFI)
La droite radicale progresse dans toute l’Amérique latine. Malgré une grande diversité selon les pays, ces mouvements se retrouvent autour d’une figure de référence commune : le président Donald Trump.

C’est du jamais vu en Colombie : un candidat d’extrême droite, en l’occurrence Abelardo de la Espriella, est arrivé en tête du premier tour présidentielle, avec des chances d’emporter le second tour le 19 juin prochain. Cela confirme un mouvement politique qui a pris de l’ampleur depuis 2023 avec l’élection de Javier Milei en Argentine. L’année dernière, c’était au tour du Chili de porter au pouvoir l’extrême droite, avec José Antonio Kast, élu sur un programme anti-immigration mettant l’accent sur la sécurité et la relance de l’économie. Si le style des deux dirigeants diffère – l’un porte des vestes en cuir et aime se présenter avec une tronçonneuse, l’autre est toujours tiré à quatre épingles –, ce qui les unit, c’est une certaine complaisance, voire une forme de nostalgie, à l’égard des dictatures militaires qui ont sévi en Argentine et au Chili.
Une attitude que l’on retrouvait déjà chez Jair Bolsonaro, le premier à avoir fait basculer un grand pays d’Amérique latine vers l’extrême droite. C’était en 2018 au Brésil. Mais cette année, son fils Flavio pourrait reprendre le flambeau. Les sondages le donnent au coude-à-coude avec le président sortant Lula. Il faut aussi citer le très populaire Nayib Bukele, qui gouverne le Salvador d’une main de fer. Certes, il a fait reculer les violences liées au crime organisé de manière spectaculaire. Mais cela s’est fait au prix des droits humains. Le Salvador est aujourd’hui le pays qui affiche le taux d’incarcération le plus élevé au monde. Ce qui n’empêche pas son modèle de faire des émules : Daniel Noboa, en Équateur, lui emboîte le pas, tout comme la toute nouvelle présidente du Costa Rica, Laura Fernández.
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