🇨🇴 Colombie : un mois après l’élection de Abelardo De La Espriella (revue de presse)


Le 10 août, trois jours après l’investiture du président d’extême-droite Abelardo de la Espriella, la Colombie était frappée par un séisme meurtrier. En pleine catastrophe naturelle, le chef d’État a lancé une diplomatie de rupture avec la ligne de son prédécesseur. Il multiplie les opérations militaires et leur mise en scène, tout en accélérant le tournant pro-Trump, pro-israélien, anti-migrants et ultraconservateur, ainsi que la « guerre culturelle ». Revue de presse.

Abelardo de la Espriella, à Bogotá, le 26 août 2026. Photo : Luisa González / REUTERS

Premier mois de mandat d’Abelardo de la Espriella (Volcánicas)

Un mois après son entrée en fonction, le bilan de l’administration d’Abelardo de la Espriella soulève des questions quant à son respect des principes constitutionnels et à la protection des droits de la population.


En résumé, le premier mois au pouvoir d’Abelardo de la Espriella a été marqué par la mort de six mineurs lors de bombardements militaires, une motion de censure en suspens contre le ministre de la Défense, un changement radical de la politique étrangère pro-israélienne, la déréglementation du secteur minier, des excuses tièdes remettant en cause le caractère laïque de l’État et l’image d’un président qui se promène parmi les cadavres pour montrer des résultats. Durant cette période, plusieurs ordonnances judiciaires ont déjà été émises exigeant du gouvernement la suspension des bombardements lorsqu’il existe des informations vérifiables concernant la présence de mineurs, en plus de l’injonction de présenter des excuses publiques pour avoir violé la neutralité religieuse lors de l’investiture présidentielle. Ci-dessous, nous avons compilé une chronologie des annonces, actions et décisions prises par Abelardo de la Espriella et son cabinet entre le 7 août et le 7 septembre 2026.

7 août – Investiture présidentielle.
La cérémonie d’investiture présidentielle à Cali comprenait un espace pour « l’invocation et les louanges », des représentants des trois secteurs religieux et une image de la Vierge de Fatima, mettant à rude épreuve le caractère laïque de l’État dès le premier jour.

10 août – Séisme et premier bombardement (Opération Beta).
Dans son premier discours visant à dresser un bilan des morts et des dégâts causés par le séisme de magnitude 7,4 qui a secoué une grande partie du pays, De la Espriella est critiqué pour avoir posé et envoyé des baisers et des salutations, malgré la gravité de la situation.

Quelques heures plus tard, le premier bombardement du gouvernement a eu lieu dans le village d’El Sinaí, à Catatumbo, dans le Norte de Santander, contre le Front Nord-Est de l’ELN ; un mineur figurait parmi les morts . Trois agriculteurs ont été blessés.

Le ministère colombien des Affaires étrangères a publié une déclaration reconnaissant la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan (territoire syrien occupé depuis 1967), faisant de la Colombie le deuxième pays au monde à le faire après les États-Unis (en 2019, sous la première présidence de Trump). La Syrie a condamné cette décision.

12 août – Annonce d’un accord de coopération militaire avec les États-Unis.
Le ministre de la Défense, le général à la retraite Jorge Eduardo Mora, a signé officiellement un accord de coopération militaire bilatérale avec le département américain de la Défense lors d’une cérémonie organisée par la coalition Bouclier des Amériques, en présence également de Pete Hegseth. Grâce à cette signature, la Colombie devient le 19e membre de la coalition. Le texte public évoque le partage d’informations, la coordination et les opérations conjointes, sans préciser si un déploiement permanent de personnel américain sera prévu sur le terrain. Le président du Sénat, Honorio Henríquez, a averti que si l’accord implique le déploiement de troupes étrangères en Colombie, il nécessitera l’autorisation du Sénat, conformément à la Constitution. (…)

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Séisme en Colombie : près de 300 morts, polémique sur les secours étrangers (L’Humanité)

Les secouristes restaient pleinement mobilisés en Colombie au milieu des décombres laissés par le puissant séisme qui a fait près de 300 morts dans l’ouest du pays, même si l’espoir de retrouver des survivants est de plus en plus mince. La gestion de la catastrophe par le président Aberlardo de la Espriella issu de la droite dure fait l’objet désormais de critiques.

Le tremblement de terre, de magnitude 6,6 selon le service géologique colombien, s’est produit en tout début de matinée le 10 août à une centaine de kilomètres de profondeur.© Jonh Bonilla / AFP

Le bilan s’est encore alourdi jeudi en fin de journée, passant à 281 morts, près de 4.000 blessés et 379 disparus, a annoncé le président Aberlardo de la Espriella en conférence de presse. Le séisme a également détruit près de 13.000 logements, selon l’organisme de gestion des catastrophes. À Cali, troisième ville du pays et l’une des plus affectées par le séisme, les parcs et les rues se sont transformés en campements improvisés. Les secousses ont été ressenties de Bogotá jusqu’à la frontière avec le Venezuela, comme dans d’autres villes colombiennes (Cali, Quito, etc.) et au Panamá. 47 répliques avaient été enregistrées en fin d’après-midi lundi, selon le service géologique colombien. […] […] La gestion de la catastrophe par ce dirigeant issu de la droite dure a toutefois fait l’objet de critiques. La Colombie n’a en effet accepté de recevoir que des équipes de secours envoyées par les Etats- Unis, le Salvador, l’Equateur et Israël, gouvernés par la droite. Le gouvernement colombien a affirmé gérer les offres d’aide étrangère « sans aucune considération idéologique ni politique ». La présidente mexicaine de gauche, Claudia Sheinbaum, a regretté jeudi que son gouvernement n’ait pas pu mobiliser ses brigades de secouristes militaires, pourtant expérimentées, au motif qu’elles ne disposaient pas de la bonne certification. (…)

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Voir également : En Colombie, la gestion de l’aide internationale après le séisme fait polémique (RFI)


Colombie : le séisme pèse sur l’industrie du café et toute l’économie (France 24)

Le tremblement de terre qui a secoué la Colombie a été le plus meurtrier depuis le début du siècle et les dégâts matériels sont également considérables : au moins 6,3 milliards de dollars selon les premières estimations, l’équivalent de 1 % du PIB du pays. L’industrie du café, pilier de l’économie colombienne, est très impactée : la région d’Eje Cafetero est proche de l’épicentre, tandis que les infrastructures d’exportation de graines sont endommagées. Le café représente 3 à 4 milliards de dollars de revenus annuels.

Reportage de France 24

La Colombie envisage d’enfermer les délinquants les plus dangereux sur des navires en pleine mer (RFI)

Le gouvernement colombien envisage désormais d’enfermer les criminels les plus dangereux en pleine mer, dans des navires-prisons. Abelardo de la Espriella, le président d’extrême droite arrivé au pouvoir le 7 août 2026, avait promis de s’en prendre frontalement au crime organisé.

Le dirigeant de droite dure Abelardo de la Espriella, arrivé à la présidence du pays sud-américain le 7 août, est partisan d’une lutte frontale contre les groupes armés impliqués dans le narcotrafic, avec le soutien de l’allié américain. © Fernando Vergara / AP Photo

C’est un projet qui implique le ministère de la Défense et l’administration pénitentiaire. Il consisterait à transformer un navire de l’armée en prison pour y enfermer temporairement les chefs de bande criminelle qui opèrent derrière les barreaux. Certains détenus continuent en effet à commanditer des assassinats et à diriger des réseaux de narcotrafiquants depuis leur cellule. L’objectif de ces prisons flottantes serait de les priver de communication avec leurs relais sur la terre ferme. Mais selon des organisations de défense des droits humains, ce type de détention viole les garanties individuelles des prisonniers. En 2007, le président Alvaro Uribe avait déjà mis en place un système similaire, en enfermant des barons de la drogue sur des navires en attente de leur extradition vers les États-Unis. (…)

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Colombie : vingt guérilleros tués dans des bombardements du nouveau gouvernement (France 24)

Vingt guérilleros ont été tués en Colombie dans des bombardements sur des zones contrôlées par des insurgés ordonnés par le nouveau gouvernement du président Abelardo de la Espriella. Le dirigeant d’extrême droite a promis « une lutte sans merci » contre les groupes criminels, qui se financent par le trafic de drogues, l’extorsion et l’activité minière illégale.

Reportage de France 24

De la Espriella se met en scène parmi les morts d’une opération militaire (Courrier International)

Le président colombien, Abelardo de la Espriella, a diffusé une vidéo macabre, aux images choquantes, dans laquelle il se promène en treillis entre vingt-trois sacs mortuaires. Selon lui, ils contenaient les corps de “terroristes des Farc” tués lors d’une opération militaire menée dans le département du Guaviare, dimanche 30 août.

Comme s’il s’agissait de trophées de chasse, Abelardo de la Espriella, en treillis, marche avec satisfaction au milieu de vingt-trois sacs mortuaires contenant, dit-il, les cadavres de “terroristes des Farc”. Ces derniers auraient été tués lors d’une opération militaire menée dans le département du Guaviare, dimanche 30 août, contre un groupe dissident de la célèbre guérilla.

Le président colombien se félicite d’avoir “éliminé” le chef d’un “front”, surnommé “Tigre”, tandis que la caméra zoome sur l’un des corps posés au sol et que des images des bombardements sont diffusées. Il pose aussi aux côtés de militaires devant une table sur laquelle sont étalées les dizaines d’armes saisies.

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Le gouvernement d’extrême droite en Colombie casse l’embargo sur le charbon vendu à Israël (Tom Demars-Granja / L’Humanité)

Le président d’extrême droite de la Colombie, Abelardo de la Espriella, a annoncé la fin de l’embargo sur la vente de charbon à Israël. Mis en place par le gouvernement de Gustavo Petro, l’embargo coupait Tel-Aviv de son principal fournisseur. Outre cette décision, le président d’extrême droite colombien a rétabli les relations diplomatiques avec Tel-Aviv, reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan syrien occupé et annoncé son intention de transférer l’ambassade de Colombie de Tel-Aviv à Jérusalem-Est occupée.

L’extrême droite regagne du terrain en Amérique du Sud et Israël s’en frotte les mains. Tandis que Tel-Aviv poursuit son génocide dans la bande de Gaza et la colonisation de la Cisjordanie occupée, le gouvernement du président d’extrême droite Abelardo de la Espriella a annoncé la reprise des exportations de charbon vers Israël. Le ministre du Commerce, Mauricio Gomez Amin, a annoncé cette décision dans une vidéo tournée aux côtés du chef d’État multimillionnaire, qui brandissait le décret en question. Si l’existence de ce dernier a été officialisée vendredi 21 août, Bogotá n’a pas encore publié son numéro, sa date de publication au Journal officiel ni les conditions que devront remplir les exportateurs. (…)

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Pour aller plus loin :
Colombie et fascisme new look : de la « guerre hybride » à la guerre totale (Jean-Marc Adolphe / Les Humanités)
Le gouvernement colombien confie le Centre national de mémoire historique à un négationniste du conflit (Gabriel Schwarb / AcidReport)
La Colombie compte ses morts, De la Espriella ouvre la voie à des soldats israéliens et distribue des ballons partisans (Gabriel Schwarb / AcidReport)

En Colombie, le processus de paix pris pour cible (Culture Monde)


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Dans l’urgence du séisme, la Colombie réoriente sa diplomatie en s’alignant avec Tel-Aviv et Washington (Margot Davier / Médiapart)
Dans la Colombie d’Abelardo de la Espriella, l’extrême droite à tous les étages (Anne Proenza / Libération)
En Colombie, le nouveau président Abelardo de la Espriella impose un virage dangereux (Anne Proenza / Libération)