🇧🇷 Investiture du président Lula et premières mesures (Revue de presse)


Le président Lula est officiellement investi président du Brésil pour la troisième fois. Voici des articles et des vidéos visant à comprendre les enjeux auxquels Lula sera confronté.

Vidéo du discours de l’investiture de Lula le 1er janvier 2023

Au Brésil, Lula investi président pour la troisième fois (France 24 – le 1er janvier 2023)

Officiellement investi président du Brésil, dimanche, Luiz Inacio Lula da Silva Lula s’est engagé «à reconstruire le pays, avec le peuple brésilien». Environ 10 000 policiers étaient mobilisés pour assurer la sécurité des festivités à Brasilia. Des festivités auxquelles n’a pas assisté le désormais ex-président Jair Bolsonaro, qui a quitté le pays.


Le nouveau président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva s’est engagé dimanche 1er janvier, après son intronisation au Congrès, “à reconstruire le pays” et à réconcilier des Brésiliens très divisés, en évoquant le bilan “désastreux” de son prédécesseur Jair Bolsonaro.

“Je vais gouverner pour 215 millions de Brésiliens, et pas seulement ceux qui ont voté pour moi”, a lancé devant une marée humaine un Lula visiblement éprouvé, à 77 ans, par une longue journée de cérémonies et la chaleur estivale de Brasilia.

Submergé par l’émotion et s’interrompant à cause de sanglots, le chef historique de la gauche s’est engagé à lutter contre la faim, “le plus grave des crimes” et à “combattre toutes les formes d’inégalités”. “Plus personne ne sera un citoyen de seconde classe”, a-t-il promis.

“C’est comme une renaissance”, a dit à l’AFP Lurdiana Araújo, coiffée d’une casquette rouge. “Nous avons passé quatre ans à souffrir. Aujourd’hui nous assistons à une renaissance de la démocratie”, insiste cette Brésilienne, qui a attendu des heures pour assister au discours de Lula devant le palais présidentiel de Planalto.

“Pas besoin de déboiser”

Peu avant, Lula avait accusé Jair Bolsonaro, son prédécesseur d’extrême droite, qui a snobé les cérémonies, d’avoir “épuisé les ressources de la santé, démantelé l’éducation, la culture, la science et la technologie et détruit la protection de l’environnement”.

Le nouveau président a assuré en outre que le Brésil, grande puissance agricole, n’avait “pas besoin de déboiser” pour soutenir son agriculture. La communauté internationale attend de lui des gestes forts sur l’environnement.

Une minute de silence a été observée au Congrès en hommage à la légende brésilienne du football, Pelé, décédé jeudi, et au pape émérite Benoît XVI, mort samedi.

À la fin de son discours, une partie du Congrès a ovationné le président, vêtu d’un costume et d’une cravate bleus, aux cris de “Lula guerrier du peuple brésilien !”.

Come-back remarquable

Élu de justesse le 30 octobre contre Bolsonaro, le vieux lion de la politique brésilienne a été investi pour un troisième mandat à la tête du grand pays émergent, 12 ans après avoir quitté le pouvoir à l’issue de deux mandats (2003-2010). Le retour de Lula au Palais du Planalto signe un come-back remarquable pour celui qui a connu la prison il y a seulement quatre ans après avoir été accusé de corruption. 

Luiz Inacio Lula da Silva et son épouse partent de la cathédrale métropolitaine au Congrès pour la prestation de serment du nouveau président brésilien, à Brasilia, le 1er janvier 2023. © Andre Penner, AP

Des dizaines de milliers de Brésiliens, vêtus de rouge, la couleur de son Parti des Travailleurs (PT), ont salué dans la liesse Lula le long de son parcours dans la traditionnelle Rolls Royce décapotable, dans laquelle il avait pris place en dépit des craintes liées à la sécurité, avec son vice-président de centre droit Geraldo Alckmin et leurs épouses.

Aucun trouble n’avait été rapporté en fin de journée alors que les cérémonies d’investiture avaient été placées sous haute sécurité, par crainte d’actions de protestation des militants d’extrême droite qui ne reconnaissent toujours pas la victoire de Lula.

Jair Bolsonaro, qui a quitté le Brésil deux jours avant la fin de son mandat pour la Floride, aux États-Unis, n’a donc pas remis l’écharpe présidentielle à son successeur comme le veut la tradition démocratique, ce qui ne s’est pas produit depuis 1985 et la fin du régime militaire.

C’est un groupe de citoyens, parmi lesquels le cacique et défenseur emblématique de la forêt amazonienne Raoni Metuktire, qui lui a remis la fameuse écharpe sertie d’or et de diamants au Palais présidentiel du Planalto, joyau architectural d’Oscar Niemeyer.

La journée a allié la pompe, avec des cérémonies officielles auxquelles a assisté une vingtaine de chefs d’État – un record – à une fête populaire avec des concerts organisés par Rosangela da Silva, “Janja”, l’épouse de Lula. (…)

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Brésil : Jair Bolsonaro fait ses adieux à deux jours de la fin de son mandat (France 24 – le 30 décembre 2023)

Le président brésilien Jair Bolsonaro a dit au revoir vendredi à ses sympathisants, s’exprimant pour la première fois sur les réseaux sociaux depuis sa défaite électorale et essuyant quelques larmes, à deux jours de la fin de son mandat. Plus tard dans la journée, il a quitté le Brésil pour les États-Unis.

Jair Bolsonaro, président sortant du Brésil, s’est exprimé vendredi 30 décembre, pour la première fois sur les réseaux sociaux depuis sa défaite électorale, essuyant quelques larmes, à deux jours de la fin de son mandat. © Eraldo Peres, AP

C’est le mot de la fin pour le président brésilien sortant. Jair Bolsonaro, qui n’a pas reconnu sa défaite électorale, a fait des adieux en larmes à ses partisans, vendredi 30 décembre, avant de quitter le Brésil pour les États-Unis, deux jours avant la fin de son mandat et l’intronisation de son successeur de gauche Lula à Brasilia, ont rapporté plusieurs médias.

Jair Bolsonaro, qui n’a jamais félicité Luiz Inacio Lula da Silva de sa victoire, ne devrait donc pas être présent dimanche aux cérémonies d’investiture à Brasilia du nouveau président, qu’il devait ceindre de l’écharpe présidentielle selon le protocole. Le secrétariat général de la présidence a autorisé la sortie du territoire de membres du personnel chargé de la sécurité du “futur ex-président” pour un voyage à Miami “du 1er au 30 janvier 2023”, selon le Journal officiel de vendredi.

Plus tôt dans la journée, le président brésilien s’est exprimé pour la première fois depuis sa défaite électorale sur les réseaux sociaux, où il avait été quatre ans durant omniprésent, et essuyant quelques larmes.

“Le monde ne va pas s’arrêter de tourner le 1er janvier (…) Nous avons un grand avenir devant nous”, a assuré le chef de l’État sortant d’extrême droite. “On perd des batailles, mais on ne perd pas la guerre”, a ajouté celui qui n’a été battu que d’une courte tête à l’élection présidentielle d’octobre par le dirigeant de gauche Lula. 

Jair Bolsonaro n’a pas mentionné ce voyage mais s’est directement adressé à ses fidèles qui continuent de camper devant les casernes ou le QG de l’Armée à Brasilia et dans d’autres villes pour demander une intervention militaire afin d’empêcher Lula de prendre ses fonctions. 

“Jamais je n’aurais pensé arriver jusqu’ici”, a dit Jair Bolsonaro en pleurant, avant de déclarer : “au moins avons-nous retardé de quatre ans l’effondrement du Brésil avec cette idéologie néfaste de gauche”.  

“J’ai donné le meilleur de moi-même”, a poursuivi le président sortant dont la majeure partie des analystes considèrent le bilan des quatre années de mandat comme très mauvais. 

“Lâche !”, “honte !”

Devant sa résidence officielle du Palais de l’Alvorada, des manifestants qui suivaient la transmission en direct criaient “lâche !”, “honte !”. 

Depuis la victoire de Lula, qu’il n’a jamais félicité, Jair Bolsonaro vit quasiment reclus à Brasilia et s’est enfermé dans le mutisme. (…)

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Un troisième mandat présidentiel à risque au Brésil : Lula, l’anti-Bolsonaro ? (France 24 – le 2 janvier 2023)

Au Brésil, Luiz Inacio Lula Da Silva est de retour au pouvoir après 12 ans d’absence. Investi pour un troisième mandat à la tête du pays, il succède à Jair Bolsonaro, parti pour la Floride deux jours avant la cérémonie présidentielle. Dans son discours d’investiture, Lula s’est engagé à reconstruire le pays et a également souligné le “bilan désastreux” de son prédécesseur d’extrême droite. Santé, éducation, environnement : les défis qui attendent le nouveau président brésilien sont nombreux.

LE DÉBAT – Lula, l’anti-Bolsonaro ? Un troisième mandat brésilien à risque © France 24

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Brésil : Lula à nouveau à l’assaut de la faim, “le plus grave des crimes” (France 24 – le 2 janvier 2023)

De retour aux affaires, le président Lula veut faire de la lutte contre la pauvreté et contre la faim une de ses priorités. Après quatre ans de présidence Bolsonaro, le leader de la gauche brésilienne mise sur des programmes sociaux, dans un Brésil qui affronte une période de récession encore plus forte depuis la pandémie. 

Une famille ouvre ses placards remplis de dons alimentaires après avoir appelé la police parce qu’elle manquait de nourriture, à Belo Horizonte, dans l’État brésilien du Minas Gerais, le 6 août 2022. © Douglas Magno, AFP

Une page se tourne pour le Brésil, après quatre ans de présidence de Jair Bolsonaro. Luiz Inacio Lula da Silva a été investi, dimanche 1er janvier, président du Brésil pour un troisième mandat. Lors de son discours devant le Congrès à Brasilia, Lula s’est engagé “à reconstruire le pays”, après le bilan “désastreux” de son prédécesseur.

Il a notamment promis de lutter contre la faim, “le plus grave des crimes”, et de “combattre toutes les formes d’inégalités”. Ces thèmes sociaux, chers au leader de la gauche, mettent en lumière les défis sociaux et économiques post-Bolsonaro.

Quelques jours avant son intronisation, Lula a gagné une première bataille. Le 21 décembre, le Congrès brésilien a approuvé un amendement à la Constitution autorisant le gouvernement à dépasser le plafond des dépenses pour financer des programmes sociaux. Concrètement, le plafond pourra être dépassé de 145 milliards de reais (soit environ 26 milliards d’euros).

Cet argent devrait servir à augmenter le salaire minimum et à maintenir l’allocation mensuelle de 600 reais (110 euros) versée aux familles les plus pauvres. Cette aide, qui correspond à l’ancienne “Bolsa Familia” (“Bourse famille”), lancée pendant le premier gouvernement Lula, avait été remplacée par l’Auxilio Brasil de Jair Bolsonaro, aujourd’hui encore en vigueur.

Une façon pour le président sortant d’”imposer son empreinte” sur le mécanisme d’aides sociales, selon François-Michel Le Tourneau, géographe, directeur de recherche au CNRS. “Les montants de l’Auxilio Brasil étaient plus élevés et il y avait moins de conditions pour en bénéficier par rapport à la ‘Bolsa Familia’. Mais le programme étant trop large, il distribuait trop. Il a coûté très cher et n’était pas très bien focalisé sur les niches de pauvreté”, détaille le spécialiste du Brésil.

Un enfant pauvre du Nordeste devenu président

Aujourd’hui, le gouvernement Lula voudrait redessiner ce programme. Avec le même objectif qu’au début des années 2000 : éradiquer la faim au Brésil. Un fléau que Lula, fils d’une famille d’agriculteurs pauvres du Nordeste, a connu pendant son enfance. Pour la géographe Martine Droulers, directrice de recherche émérite au CNRS, ce passé explique, entre autres, cette obsession qui n’a jamais quitté celui qu’on surnomme “le père des pauvres”. “Son enfance a été marquée par des problèmes d’alimentation. Le sort de la famille s’est ensuite amélioré à São Paulo mais il a toujours gardé un regard sur le Nordeste, où subsiste encore une grande pauvreté”, rappelle-t-elle.

Rien de surprenant, donc, que le président brésilien en ait fait son cheval de bataille. En 2003, au début de son premier mandat, il avait promis que chaque Brésilien mangerait trois repas par jour. Dans la foulée, le chef de la gauche brésilienne avait lancé le plan “Fome Zero” (“Faim zéro”), qui incluait notamment la “Bolsa Familia”, une hausse du salaire minimum ou encore des programmes d’aide au développement de l’agriculture familiale.

En 2010, l’action de Lula contre la faim avait été saluée par l’ONU. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), la malnutrition au Brésil avait reculé de 70 % et le taux de mortalité infantile de 47 % au terme du second mandat de Lula. En 2014, l’ONU a officiellement sorti le Brésil de sa cartographie de la faim dans le monde. (…)

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→ Investiture de Lula au Brésil : “La France a fait le service minimum, au point de friser la goujaterie” (Marianne – le 3 janvier 2023)
→ Lula, phénix de la politique brésilienne, investi président de réconciliation (Le Monde – le 2 janvier 2023)
→ Investiture de Lula à la tête du Brésil : à Brasilia, les partisans de Jair Bolsonaro persistent dans leur déni de la défaite (Le Monde – le 1er janvier 2023)