🇨🇱 🇦🇷 🇧🇴 🇨🇴 Amérique latine : les droites à la reconquête du pouvoir (série d’entretiens / Culture Monde, une émission de Julie Gacon / France Culture)
Ultra-libéralisme, obsession sécuritaire ou encore filiation avec les anciennes dictatures, les partis de droite, et d’extrême-droite, qu’ils soient aux portes du pouvoir ou récemment élus, semblent être portés par une dynamique de rejet des partis de gauche. Tour d’horizon au Chili, en Bolivie, en Argentine.
Épisode 1 : Au Chili, l’obsession sécuritaire
Six ans après l’estallido social qui avait permis à la gauche de se hisser au pouvoir, l’extrême droite pourrait bien remporter les élections du 14 décembre 2025. Obsessions sécuritaires et nostalgies de la dictature, José Antonio Kast incarne cette nouvelle donne.

- Mathilde Allain, enseignante chercheuse à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine et au Centre de Recherche et de Documentation sur les Amériques (IHEAL-CREDA).
- Franck Gaudichaud, professeur des universités en histoire et études des Amériques latines contemporaines à l’Université Toulouse Jean Jaurès
- Daniela Jacob Pinto, doctorante en anthropologie à l’EHESS.
C’est un pays où la hantise migratoire et le spectre de la délinquance effraient plus que les fantômes de la dictature. Un pays longtemps peu ouvert aux flux de populations qui, en quelques années seulement, a vu la proportion d’étrangers dans sa population doubler. Un afflux d’Haïtiens et de Boliviens et surtout de Vénézuéliens qui a coïncidé avec l’implantation du gang Tren de Aragua, venu lui aussi du Venezuela, et l’augmentation du narcotrafic.
Cette obsession sécuritaire et migratoire a accéléré la recomposition du paysage politique chilien dont le nouveau visage a été révélé par les scrutins du 16 novembre dernier, jour où se sont tenus le premier tour de l’élection présidentielle et les législatives. Les deux votes ont dit la même chose du pays : un basculement à la droite de la droite après quatre années de gouvernement de gauche. Majoritaire au Parlement, la droite, ou plutôt les droites, rassemblent 70% des suffrages exprimés au premier tour de la présidentielle. (…)
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Épisode 2 : En Bolivie, la promesse du “capitalisme pour tous »
Au pouvoir depuis 2005, le mouvement de gauche d’Evo Morales a été détrôné lors des dernières élections. Rodrigo Paz, le candidat de centre-droit, souhaite incarner une troisième voie entre la gauche divisée et la droite néolibérale : il promet un « capitalisme pour tous », lavé de toute corruption.

- Tristan Waag, doctorant en sociologie au Centre de Recherche et de Documentation sur les Amériques (CREDA), spécialiste de la participation citoyenne en Bolivie.
- Jordie Ansari, anthropologue, maîtresse de conférence à l’Institut d’études du développement de la Sorbonne.
- Diego Velazquez, analyste politique et chercheur indépendant en sociologie politique associé à l’EHESS.
Le nouveau président bolivien Rodrigo Paz a pris ses fonctions le 8 novembre dernier, après avoir vaincu le 19 octobre Jorge « Tuto » Quiroga à l’issue du second tour des élections présidentielles. Si ce dernier était déjà connu des Boliviens pour avoir été vice-président, puis président par intérim de 2001 à 2002, Rodrigo Paz (Parti démocrate-chrétien) a créé la surprise en remportant les élections présidentielles avec 54,5 % des voix. (…)
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Épisode 3 : En Argentine, l’ultralibéralisme fait recette
Pourtant donné perdant par les sondages, le camp de Milei a nettement conforté sa majorité lors des dernières élections législatives, ce qui lui assure un levier pour poursuivre son entreprise ultralibérale et antisystème de destruction de l’État providence et dérégulation des marchés.

- David Copello, politiste, maitre de conférences à l’Institut Catholique de Paris, chercheur associé au Centre de Recherche Et de Documentation sur les Amériques (CREDA)
- Nadia Tahir, maîtresse de conférences en études hispano-américaines à l’université de Caen Normandie, membre de l’équipe ERLIS.
Les sondages annonçaient un revers pour Javier Milei aux législatives d’octobre dernier. Le gouvernement était fragilisé par une série de scandales de corruption et une économie encore convalescente. Pourtant, contre toute attente, les électeurs ont renouvelé leur confiance au président argentin : son parti, La Libertad Avanza (La Liberté Avance), obtient 41 % des suffrages et renforce sa minorité de blocage au Parlement. Cette victoire offre à Milei un levier pour poursuivre son projet ultralibéral et antisystème. Deux ans après son arrivée au pouvoir, il continue de promettre la destruction de l’État providence et la dérégulation des marchés. À son actif : une baisse significative de l’inflation et de nouvelles aides négociées avec le FMI et les États-Unis. Mais à quel prix ? Depuis 2023, l’Argentine vit sous une cure d’austérité sévère : les secteurs de l’éducation, de la santé, de la recherche, des transports, des travaux publics… ont vu leur budget s’effondrer. Et Milei assume, ponctuant ses discours de son slogan fétiche : « Vive la liberté, bordel ! », devenu le cri de ralliement de ses partisans.
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