🇺🇸 Amérique latine les extrêmes droites piégées par Donald Trump (Jean-Jacques Kourliandsky / Nouveaux Espaces Latinos)
Les extrêmes droites latino-américaines participent depuis longtemps aux activités des centres idéologiques de la droite et de l’extrême droite des États-Unis. Ses représentants n’ont manqué aucun des rendez-vous internationaux organisés par la CPAC, la Conférence d’Action Politique Conservatrice. Donald Trump a souvent participé à ces rencontres avant son élection à la présidence des Etats-Unis en 2024.

Les dirigeants latino-américains conservateurs et libéraux ont dans leurs pays respectifs promu les valeurs républicaines étatsuniennes assaisonnées à la sauce Trump : État minimum, discours sécuritaires, – anti migrants pour certains, le Chili par exemple, ou anti délinquants pour les autres -, diabolisation de la libération sociétale, – avortement, mariage entre personnes de même sexe-, défense d’une identité occidentale, dénonciation d’un adversaire porteur de valeurs cosmopolites sapant les vertus nationales, – bolivarien, chaviste, communiste, étatistes, socialiste -. Cet ennemi pouvait être aux États-Unis, le Parti démocrate, et en Amérique latine, les formations membres du Forum de Sao Paulo, et quelques autres adhérant à la COPPPALC (Conférence Permanente des Partis Politiques d’Amérique Latine et de la Caraïbe) ou au Comité Amérique latine de l’Internationale socialiste.
Les observateurs extérieurs attendaient la mise en œuvre de convergences hémisphériques concrètes et coordonnées après l’accession au pouvoir de nombre des participants aux réunions de la CEPAC. En trois ans en effet sont devenus chefs de leurs États respectifs, par ordre alphabétique des pays, Javier Milei en Argentine, José Antonio Kast au Chili, Daniel Noboa en Équateur, Donald Trump aux États-Unis, Santiago Peña au Paraguay, Nasry Asfura au Honduras, Nayib Bukele au Salvador.
D’autres sans étiquette les rattachant à l’extrême-droite, s’en sont rapprochés dans l’exercice de leurs fonctions, comme le président bolivien Rodrigo Paz, son homologue costaricien Rodrigo Chaves, ou José Raul Mulino à Panamá. Pourtant le rapprochement qui semblait relever de l’évidence, est partiel et relatif. L’Argentin Milei a certes engagé un démantèlement de l’État. Désormais la puissance publique a volontairement renoncé à protéger les plus faibles, à préserver la protection sociale, la formation scolaire et universitaire, et abandonné ses chefs d’entreprises industrielles. Certes au Chili José Antonio Kast a centré sa campagne électorale sur l’expulsion de 330 000 migrants, priés de faire leurs valises, s’ils veulent partir dans de bonnes conditions, avant son accession au pouvoir, le 11 mars 2026. Il a effectué deux déplacements censés lui fournir un kit radical prêt à monter, l’un en Argentine pour voir le modèle anti étatique de Javier Milei in situ et l’autre au Salvador, pour prendre exemple sur la méthode Bukele de lutte contre la délinquance. Daniel Noboa en Équateur a lui aussi pris Bukele comme exemple de règlement expéditif des questions sécuritaires. Il a comme Donald Trump renversé la table du droit international en violant le 5 avril 2024 l’immunité de l’ambassade du Mexique pour en extraire de force un opposant, vice-président de l’équipe précédente, Jorge Glas. (…)
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