🇺🇸 🇻🇪 Attaques militaires étasuniennes contre le Venezuela (revue de presse)
L’administration Trump et le gouvernement vénézuélien ont confirmé que Washington avait bombardé Caracas dans la nuit du 2 au 3 janvier, violant le droit international. Le président Nicolás Maduro a été enlevé, selon son homologue états-unien. FAL condamne cette agression et appelle aux rassemblements qui auront lieu dans plusieurs villes.

Voir le communiqué de FAL :
France Amérique Latine dénonce et condamne l’agression des États-Unis contre le Venezuela
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Les États-Unis ont bombardé le Venezuela, Donald Trump annonce avoir capturé Nicolás Maduro (Axel Nodinot / L’Humanité)
Il y avait des menaces. Mais les États-Unis, jamais avares de destruction et d’ingérence dans les pays du Sud, sont désormais passés aux actes. Dans la nuit du jeudi 2 et la matinée du vendredi 3 janvier, Washington a bombardé le Venezuela. Des explosions ont été entendues à l’aéroport et au port de Caracas, la capitale, ainsi que sur la base militaire de Fuerte Tiuna. Selon Al Jazeera, la maison du ministre de la Défense Padrino Lopez, qui se trouve sur cette base, aurait été touchée également. Le gouvernement vénézuélien y ajoute les régions de Miranda, Aragua, et La Guaira, y compris des “zones résidentielles de population civile“.
Tandis que Donald Trump annonçait sur son réseau Truth social : « Les États-Unis d’Amérique ont mené avec succès une opération militaire de grande envergure contre le Venezuela et son dirigeant, le président Nicolas Maduro, qui a été capturé avec son épouse et exilé hors du pays », laissant craindre une ingérence de toute autre ampleur dans la région. Quelques minutes plus tard, la vice-présidente Delcy Rodriguez confirmait à la télévision nationale la disparition du dirigeant vénézuélien et de sa femme, Cilia Flores. Après cet enlèvement et ces bombardements, les États-Unis “ne prévoient aucune action supplémentaire“, selon un sénateur proche du secrétaire d’État Marco Rubio. Son adjoint Christopher Landau s’est félicité sur les réseaux sociaux de ces actes qui violent le droit international : “Une nouvelle ère pour le Venezuela ! Le tyran est parti. Il va désormais – enfin – répondre de ses crimes devant la justice“.
Le Venezuela en appelle à la mobilisation des peuples
« La République bolivarienne du Venezuela rejette, dénonce et condamne devant la communauté internationale l’agression militaire extrêmement sérieuse perpétrée par le gouvernement actuel des Etats-Unis d’Amérique contre le territoire et la population vénézuéliens », a immédiatement réagi Caracas dans un communiqué. Le président Nicolás Maduro a annoncé le déploiement des forces militaires et civiles, la préparation des plans nationaux de défense, déclarant notamment « l’état de troubles étrangers sur l’ensemble du territoire ». Le dirigeant vénézuélien, qui « déposera plainte devant le Conseil de sécurité de l’ONU », en appelle « à la mobilisation des peuples et des gouvernements d’Amérique Latine, de la Caraïbe, et du monde, pour exprimer leur solidarité contre cette agression impérialiste ». Car dans le monde entier, c’est la stupeur devant cet embrasement. Le président colombien Gustavo Petro l’a déploré sur son compte X, et a annoncé déployer des militaires à la frontière, appelant à réunir le Conseil de sécurité. (…)
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Nicolas Maduro inculpé au États-Unis pour trafic de drogues et terrorisme (France 24)
L’administration Trump a déclaré samedi que le dirigeant vénézuélien qu’elle a annoncé avoir exfiltré de son pays, Nicolás Maduro, et son épouse feraient face « à toute la rigueur de la justice américaine » dans le cadre de poursuites pour trafic de drogue et terrorisme.
Venezuela-États-Unis: des sanctions à l’intervention militaire, chronologie d’une escalade (Aurore Lartigues / RFI)
Washington a mené des frappes aériennes sur Caracas dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026 et affirme avoir capturé le président vénézuélien Nicolas Maduro. Retour sur la hausse rapide des tensions entre les États-Unis et le Venezuela depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Les tensions entre Washington et Caracas ne datent pas du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999, la révolution bolivarienne, son discours anti-impérialiste et la reprise en main du secteur pétrolier ont durablement fait du Venezuela un adversaire des États-Unis en Amérique latine. Depuis 2010, les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs respectifs. Sous le régime de Nicolás Maduro, élu en 2013 puis réélu lors de scrutins contestés, cette hostilité s’est traduite par une accumulation de sanctions américaines jusqu’à un embargo pétrolier imposé en 2019, visant une économie dont l’or noir représentait jusque-là 96% des revenus nationaux. En 2017, Donald Trump évoquait déjà une « possible option militaire » au Venezuela.
Mais depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a clairement durci le ton avec la suppression, dès les premières semaines de son second mandat, de la plupart des licences permettant à des multinationales d’opérer malgré l’embargo. Ces derniers mois, cette politique de « pression maximale », essentiellement économique, s’est muée en escalade militaire.
Été 2025 : de la pression économique à la confrontation sécuritaire
C’est à l’été 2025 que les choses basculent vraiment. Le 7 août, Washington annonce porter à 50 millions de dollars la prime pour toute information permettant l’arrestation de Nicolas Maduro. Depuis 2020, le président vénézuélien est inculpé par la justice américaine pour « narcoterrorisme », et les États-Unis l’accusent de diriger le supposé Cartel de Los Soles, dont l’existence reste contestée par de nombreux experts. En ravivant ce dossier, Nicolas Maduro passe du statut de dirigeant contesté à celui de cible criminelle. Caracas juge alors « pathétique […] cette grossière opération de propagande politique ».
C’est d’ailleurs au nom de la lutte contre le narcotrafic que, le 26 août, les États-Unis annoncent le déploiement de destroyers lance-missiles au large des côtes vénézuéliennes. Caracas dénonce une « escalade d’actions hostiles » et déploie en réponse navires et drones dans ses eaux territoriales. (…)
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Les dessous d’«Absolute Resolve», l’opération militaire qui a permis aux États-Unis d’enlever Nicolas Maduro (RFI)
Au Venezuela, dans la nuit du 2 au 3 janvier, les forces américaines ont enlevé le président Nicolás Maduro, au terme d’un assaut éclair baptisé « Absolute Resolve », mené en un peu moins de cinq heures. Une intervention militaire et judiciaire revendiquée par Washington, dont les contours ont été dévoilés samedi par le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, lors d’une conférence de presse aux côtés du président Donald Trump en Floride.

Selon l’état-major américain, l’opération est l’aboutissement de « mois de planification et de répétitions minutieuses » des services de renseignement. Depuis août, des agents américains surveillaient les faits et gestes du président vénézuélien et de son épouse, Cilia Flores. Objectif : établir le « pattern de vie » de Nicolas Maduro — « comment il se déplaçait, où il vivait, où il voyageait », jusqu’à « ce qu’il mangeait ou les animaux qu’il possédait ».
Ces renseignements, collectés par une flotte de drones furtifs qui assuraient une surveillance quasi constante au-dessus du Venezuela – complétés par une source proche de Maduro –, ont permis de localiser précisément le chef de l’État dans les jours précédant l’assaut. Parallèlement, des unités d’élite américaines, dont la Delta Force, ont reconstitué une réplique exacte de sa résidence afin de répéter l’assaut dans des conditions quasi réelles.
Donald Trump affirme que Nicolás Maduro se trouvait alors « dans une forteresse », sans en révéler l’emplacement exact. « Il y avait des portes en acier, une pièce sécurisée avec de l’acier massif. Il essayait d’y entrer, mais il a été pris si rapidement qu’il n’y est pas parvenu », a-t-il raconté sur Fox News.
Initialement prête début décembre, l’intervention a été repoussée à plusieurs reprises, le temps que les conditions « s’alignent », notamment sur le plan météorologique. D’autres opérations militaires américaines menées récemment, en particulier en Syrie, ont également pesé sur le calendrier.
Puis vendredi 3 janvier au soir, « le temps s’est suffisamment amélioré », a expliqué le général Dan Caine, « pour permettre aux aviateurs les plus expérimentés au monde de manœuvrer à travers montagnes, océan et nuages bas ». À 22h46, heure de Washington (4h46 TU), Donald Trump donne alors l’ordre d’exécution.
Plus de 150 appareils — avions de chasse F-35 et F-22, bombardiers B-1, drones, hélicoptères et avions de renseignement — décollent depuis une vingtaine de bases terrestres et navales réparties dans l’hémisphère occidental. Les hélicoptères transportant la force d’extraction volent à moins de 50 mètres au-dessus de la mer afin d’échapper aux radars.
À l’approche des côtes vénézuéliennes, les États-Unis neutralisent les systèmes de défense aérienne du pays. Caracas est partiellement plongée dans le noir, à la suite d’opérations cybernétiques et électroniques menées en amont. Les premières explosions sont entendues peu avant deux heures du matin (vers 7 heures TU). Des frappes ciblées ont notamment touché des installations militaires aux abords de Caracas, comme la base aérienne de La Carlota. (…)
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Venezuela : Delcy Rodríguez reconnue par l’armée comme présidente par intérim et menacée par Donald Trump (L’Humanité)
Dans un communiqué, le général Vladimir Padrino Loez a reconnu Delcy Rodríguez comme présidente par intérim du Venezuela et annoncé que des membres de la garde présidentielle avaient été tués lors du kidnapping par les forces spéciales américaines. La nouvelle dirigeante en appelle à des relations « équilibrées et respectueuses » et a annoncé la création d’une commission pour la libération de Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores. Donald Trump a lui affirmé dimanche 4 janvier que ce sont les États-Unis qui dirigent le Venezuela.
L’armée vénézuélienne a reconnu dimanche la vice-présidente Delcy Rodriguez comme présidente par intérim du pays, a annoncé le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Loez, au lendemain de la capture du président Nicolás Maduro par l’armée américaine.
Lisant un communiqué, le général a cité la décision de la Cour suprême ordonnant à Delcy Rodríguez d’assumer le pouvoir pendant 90 jours. Il a appelé dimanche ses compatriotes à « reprendre leurs activités » et ne pas « céder à la peur », au lendemain de l’enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis.
« J’appelle le peuple du Venezuela à reprendre ses activités économiques, professionnelles et de toute nature, ainsi que ses activités éducatives dans les prochains jours, et la patrie à se remettre sur ses rails constitutionnels », a déclaré le ministre, exhortant la population « à la paix, à l’ordre, à ne pas céder aux tentations de la guerre psychologique, à la menace, à la peur qu’on veut nous imposer ».
« Nous invitons le gouvernement américain à travailler conjointement à un agenda de coopération, axé sur un développement partagé dans le cadre du droit international afin de renforcer une coexistence communautaire durable », a de son côté déclaré Delcy Rodriíguez, plaidant pour des relations « équilibrées et respectueuses » après avoir réuni son premier Conseil des ministres. (…)
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