Avis de décès : la « bonne gauche » latino-américaine n’est plus
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Dilma et Lula rejoignent médiatiquement « l’autre gauche », la mauvaise, celle qu’il faut éliminer ; si possible « institutionnellement », « légalement ».

Lula da Silva et Dilma Rousseff lors de la campagne présidentielle au Brésil en le octobre 2010. AFP
Lula da Silva et Dilma Rousseff lors de la campagne présidentielle au Brésil en le octobre 2010.
AFP

Souvenons-nous… il n’ y pas si longtemps encore les médias occidentaux, fidèles chiens de garde, fidèles bergers allemands, nous présentaient Lula et Dilma comme la « bonne gauche », la gauche « modérée », « réaliste », « réformiste », « raisonnable », « pragmatique », afin de l’opposer à l’autre (Chavez, Maduro, Castro, Evo Morales ; Correa ) la gauche « totalitaire », « extrémiste », « dogmatique », « ringarde », « irresponsable ». Nous avions écrit que la ficelle avait la grosseur d’un câble de ligne à haute tension… Et voilà-t-il qu’aujourd’hui, pour justifier le coup d’Etat de la droite, camouflé en intervention de « salut public », Dilma et Lula rejoignent médiatiquement « l’autre gauche », la mauvaise, celle qu’il faut éliminer ; si possible « institutionnellement », « légalement ». Un « soft impérialisme » en quelque sorte, qui ne trompe que les naïfs… et ils sont nombreux à gober TF1, Libé, France 2, Le Monde, El Pais…

Avant, les marionnettistes des putschs washingtoniens, leurs ressorts, étaient plus visibles et donc moins « présentables ».

Le « néolibéralisme » est malin, fort malin. Il a appris à camoufler sa patte en manipulant les parlements, en se planquant derrière « le retour à la démocratie », le « rétablissement de la liberté », veilles rengaines éculées mais désormais relookées « légalement », « éthiquement », « constitutionnellement ». Car on appelle « retour à la normalité institutionnelle » le coup de force contre une présidente bien démocratiquement élue, démocratiquement donc inacceptablement, et contre laquelle ne pèse à ce jour aucune accusation concrète. Dans le même temps, on apprend que les promoteurs de l’opération « nettoyage » sont pour la plupart des politiciens ripoux, poursuivis pour corruption, bien réelle celle-là.

Ainsi va l’occident le « monde libre », leur monde, celui des « papiers de Panama ». Il faut à tout prix empêcher les pauvres de se libérer et le leur faire payer très cher lorsqu’ils y parviennent. Les maîtres du monde veulent garder le droit de tuer de faim, de tuer de maladies pourtant curables, d’affamer, d’esclavager, d’analphabétiser, d’opprimer des millions d’hommes et de femmes, de bombarder, de décider qui sont « les bons » et qui sont « les méchants ».

Paix à l’âme de cette « mauvaise gauche », qui elle, a sa conscience en paix !

 

Source : 

Jean Ortiz

Chroniques Latines – L’humanité, 20 avril 2016

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