Bolivie : procès de Jeanine Añez, jugée pour coup d’Etat (revue de presse)


Le jeudi 10 février, le procès de l’ex-chef d’État bolivienne par intérim s’est ouvert à la Paz avec deux chefs d’accusation : les résolutions contraires à la Constitution et le non-respect de ses devoirs. Un procès ordinaire contre Jeanine Añez, jugée pour avoir accédé à la chaise présidentielle sans respecter la procédure imposée par la Constitution, après le départ forcé d’Evo Morales en 2019. Incarcérée depuis onze mois, Mme Añez encourt jusqu’à douze ans de prison.

L’ancienne présidente par intérim Jeanine Añez en prison à La Paz, en Bolivie, depuis mars 2021. Photo : Juan Karita / AP

Elle est également poursuivie pour « terrorisme », « sédition » et « conspiration », mais l’enquête est toujours en cours. Elle pourrait également être poursuivie pour les massacres de Sacaba et de Senkata au cours desquels quelques jours après sa prise de pouvoir, plus de vingt partisans d’Evo Morales avaient été tués. À la veille de son procès, Jeanine Añez a annoncé depuis sa prison entreprendre une grève de la faim. La défense de Jeanine Añez est bien décidée à utiliser tous les moyens possibles pour entraver la procédure.
Revue de presse.


Bolivie: début des audiences publiques du procès de l’ex-présidente Jeanine Añez
(Alice Campaignolle / RFI)

Photo : AP /Juan Karita

Le tribunal anticorruption ne juge pas l’ex-présidente Jeanine Añez, mais l’ex-sénatrice Añez, celle qui s’est installée à la présidence aux côtés du commandant des forces armées qui lui a remis l’écharpe présidentielle. Pour le ministère public, cette accession était contraire à la Constitution. « Ce qu’elle a dit ce jour-là, c’est “j’assume dès maintenant la présidence”. C’est une auto-proclamation, estime Israël Quino, avocat constitutionnaliste. Et dans notre histoire politique, c’est seulement lors des dictatures, que l’on a vu des militaires surgir au palais présidentiel pour gouverner. » Cela car l’ancienne sénatrice aurait accédé à la présidence du Sénat, puis à la présidence par intérim de la Bolivie, au mépris de la Constitution et du règlement du Parlement, lors de sessions qui ne rassemblaient pas le quorum nécessaire. (…)

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Voir également : Bolivie: suspension du procès de l’ex-présidente par intérim Jeanine Añez (Alice Campaignolle / RFI)


En Bolivie, l’ex-présidente Jeanine Añez sur le banc des accusés
François-Xavier Gomez / Libération

Jeanine Añez pendant son arrestation à La Paz, en Bolivie, le 10 février. (AIZAR RALDES/AFP)

Mercredi, à la veille de son procès, l’ancienne présidente de Bolivie Jeanine Añez a annoncé depuis sa prison entreprendre une grève de la faim. Elle souhaite par son action «permettre à la communauté internationale de comprendre que la justice est aux mains d’Evo Morales et Luis Arce», soit son prédécesseur et son successeur au fauteuil présidentiel. Dans une lettre manuscrite lue pas sa fille devant les médias puis diffusée sur Twitter, elle ajoute : «Je suis désespérée de voir un pays sans justice ni loi.»

En novembre 2019, Jeanine Añez, alors deuxième vice-présidente du Sénat, s’était proclamée présidente par intérim de Bolivie à la suite du départ forcé du président de gauche Evo Morales. Elle a assumé le pouvoir pendant onze mois. Dans le procès qui s’est ouvert jeudi à La Paz, elle est accusée d’avoir mené un «coup d’Etat» contre Morales, et est inculpée de «décisions contraires à la Constitution» et de «manquement au devoir». Huit anciens officiers militaires comparaissent à ses côtés. (…)

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Jeanine Añez ou le procès d’un coup d’État
(Pierre Barbancey / L’Humanité)

9 février, prison de Miraflores. Carolina Ribera, fille de Jeanine Añez, tente de la faire passer pour une victime. (Martin Alipaz / EPA-EFE)

Elle a perdu de sa superbe. Incarcérée depuis onze mois, Jeanine Añez, 54 ans, ancienne deuxième vice-présidente du Sénat de Bolivie, est accusée d’avoir mené un « coup d’État » en novembre 2019 contre Evo Morales. Poursuivie pour « décisions contraires à la Constitution » et « manquement au devoir », son procès s’est ouvert, jeudi, à La Paz.

L’opposition bolivienne considérait comme frauduleux le résultat du scrutin du 20 octobre 2019 ayant vu la victoire du président Morales et du Mouvement vers le socialisme (MAS) pour un quatrième mandat. Elle avait lancé dès le lendemain une violente vague de contestation qui avait semé le chaos dans le pays et fait des dizaines de morts. Mais en réalité, la Bolivie se trouvait depuis plusieurs semaines sous haute tension, avec des mutineries d’unités policières, des incendies de résidences officielles et l’occupation de médias d’État par des manifestants. Comme dans d’autres pays d’Amérique latine, une offensive était en cours pour tenter de renverser les pouvoirs non inféodés à Washington, avec l’aide de l’armée et de la police.

Le commandant en chef de l’armée, le général Williams Kaliman, avait ainsi demandé au chef de l’État de « renoncer à son mandat présidentiel afin de permettre la pacification et le maintien de la stabilité, pour le bien de notre Bolivie ». Celui de la police, le général Vladimir Yuri Calderon, disait se joindre à « l’appel du peuple bolivien de suggérer à monsieur le président Evo Morales de présenter sa démission pour pacifier le peuple de Bolivie ». Preuve de la volonté d’en finir avec le pouvoir en place, aucun appel au dialogue n’a été entendu. Au contraire. Carlos Mesa, ancien président bolivien et principal rival d’Evo Morales lors du scrutin d’octobre 2019, rejetait sa proposition – « Je n’ai rien à négocier avec Evo Morales et avec son gouvernement », – donnant ainsi le signal à ses partisans qui se déchaînaient. (…)

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