🇨🇱 Chili: investiture et premières mesures du nouveau président d’extrême droite, José Antonio Kast (revue de presse)


L’avocat ultraconservateur José Antonio Kast a pris, mercredi 11 mars, la présidence du Chili, sur la promesse de lancer un « gouvernement d’urgence ». Il a été investi lors d’une cérémonie devant le Parlement réuni en assemblée plénière à Valparaiso, à 110 km à l’ouest de Santiago. Il a annoncé immédiatement des mesures pour décourager l’entrée de migrants dans le pays. Il compte également gracier des policiers et des militaires condamnés pour la répression de manifestations en 2019. Il se prépare à intensifier les projets extractivistes dans le pays et à signer des accord miniers avec les États-Unis. Revue de presse.

José Antonio Kast, nouveau président du Chili, ultra conservateur, admirateur de Pinochet ©AFP – Rodrigo Arangua

Chili: le nouveau président d’extrême droite Kast lance son « gouvernement d’urgence » (TV 5 Monde)

Le chef d’État le plus à droite du pays depuis la dictature militaire d’Augusto Pinochet (1973-1990) est arrivé à la tête du pays andin avec un discours de fermeté face à la délinquance et à l’immigration irrégulière, des thèmes chers aux Chiliens. L’une de ses premières décisions a été d’ordonner la construction de « barrières physiques » à la frontière avec la Bolivie afin d’empêcher le passage de migrants. […]

Le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, salue la foule après son investiture, le 11 mars 2026 à Valparaiso.  AFP.  Javier Torres

[…] « Pour faire face à ces situations d’urgence en matière de sécurité, de santé, d’éducation et d’emploi, le Chili a besoin d’un gouvernement d’urgence, et c’est ce que nous allons avoir (…), ce n’est pas un slogan », a déclaré M. Kast, 60 ans, devant des milliers de partisans rassemblés dans la capitale chilienne.

Largement gagnant lors de la présidentielle de décembre face à la communiste modérée Jeannette Jara, le dirigeant d’extrême droite succède au président de gauche Gabriel Boric.

Mercredi soir, le nouveau chef de l’Etat a signé six premiers décrets, dont trois consacrés à freiner la migration irrégulière, l’une de ses promesses de campagne.

« Je vous confie (…) la tâche de nous aider à construire des barrières physiques pour stopper l’entrée de l’immigration illégale » à la frontière avec la Bolivie, a ordonné le dirigeant ultraconservateur au chef de l’armée, Pedro Varela.

Au Chili, près de 337.000 personnes étrangères sont sans-papiers, selon les données officielles.

Le président a également annoncé un « audit » de tous les ministères afin d’évaluer la situation dans laquelle le gouvernement sortant de Gabriel Boric a laissé l’administration.

« On nous remet un pays en plus mauvais état que ce que nous pouvions imaginer », a fustigé M. Kast dans son discours.

Plusieurs dirigeants de la région ont assisté à sa prestation de serment, parmi lesquels Javier Milei (Argentine), Rodrigo Paz (Bolivie), Daniel Noboa (Équateur), le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau, et la lauréate du prix Nobel de la paix, la Vénézuélienne Maria Corina Machado. (…)

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Un président d’extrême droite investi au Chili : la destruction environnementale au programme (Marion Esnaud / Reporterre)

Le nouveau président chilien d’extrême droite, José Antonio Kast, devrait prendre ses fonctions le 11 mars entouré de plusieurs dirigeants d’ultradroite. Leur point commun : intensifier les politiques extractivistes au détriment de l’environnement.

Le nouveau président du Chili José Antonio Kast et le président étasunien Donald Trump lors du sommet « Bouclier des Amériques » à Miami, en Floride, le 7 mars 2026. – © Saul Loeb / AFP

C’est une cérémonie d’investiture marquée par l’extrême droite. Le 11 mars, sous le ciel estival du Chili, le nouveau président d’ultradroite José Antonio Kast prendra ses fonctions, après avoir été élu le 14 décembre face au chef d’État progressiste sortant, Gabriel Boric. Une passation de pouvoir à laquelle ont prévu de participer d’autres dirigeants d’ultradroite latino-américaine, comme Javier Milei (Argentine), Daniel Noboa (Équateur) et Santiago Peña (Paraguay).

Quelques jours plus tôt, le 7 mars, ces mêmes présidents s’étaient réunis avec Donald Trump à Miami, aux États-Unis, pour le sommet Shield of the Americas (Bouclier des Amériques), présenté par la Maison Blanche comme une « coalition historique » pour « promouvoir la liberté, la sécurité et la prospérité ». Le signe d’une « trumpisation du continent », selon Franck Gaudichaud, professeur d’histoire et d’études de l’Amérique latine contemporaine à l’université Toulouse-Jean Jaurès.

« On assiste clairement à une consolidation de l’extrême droite réactionnaire d’Amérique latine », analyse-t-il. Un des points communs de ces droites autoritaires néolibérales est de « considérer l’environnement comme une variable d’ajustement de leur programme économique », explique Franck Gaudichaud. Mais aussi de présenter l’exploitation intensive des ressources naturelles comme la seule solution à la crise économique.

Une des principales mesures partagées par ces dirigeants ultralibéraux latino-américains est la déréglementation environnementale. Au Brésil, Jair Bolsonaro avait drastiquement réduit les financements à la grande institution de régulation de l’environnement (Ibama). En Équateur, Daniel Noboa a fait adopter une loi d’urgence économique pour flexibiliser les investissements dans le secteur minier. En Argentine, Javier Milei défend une proposition de loi qui dérégule la protection des glaciers andins pour permettre l’exploitation du cuivre.

José Antonio Kast clamait pendant sa campagne : moins de permis, plus d’investissements. « Tous ont la même critique des normes de protection et de ce qu’ils appellent la “bureaucratie environnementale” », souligne Franck Gaudichaud. (…)

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Le Chili signe avec les États-Unis un accord sur les minerais critiques (RFI)

Au Chili, le nouveau gouvernement du président d’extrême droite José Antonio Kast vient de signer avec Washington une déclaration conjointe. Objectif affiché : coopérer dans l’approvisionnement en minerais critiques et en terres rares. Ces ressources sont en effet essentielles pour le secteur des technologies et la transition énergétique. Si cette déclaration ne débouche sur rien de concret pour l’instant, les ONG chiliennes regardent de près ce rapprochement entre Washington et Santiago.

Cette photo, diffusée par le ministère chilien des Affaires étrangères, montre le président chilien José Antonio Kast (au centre), le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau (à droite) et le ministre chilien des Affaires étrangères Francisco Pérez Mackenna posant pour une photo lors de la signature d’un accord bilatéral au palais de La Moneda à Santiago, le 12 mars 2026. AFP – HANDOUT

L’accord signé jeudi 12 mars par le sous-secrétaire d’État américain Christopher Landau et le ministre des Affaires étrangères chilien Francisco Perez Mackenna, sous le regard de M. Kast, investi la veille, vise à lancer un processus de consultations.

Son but est « d’explorer des mécanismes de financement, tant privés que publics, pour des projets d’investissement dans les minerais critiques », a indiqué le ministère chilien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre, et le deuxième en matière de lithium. Son exploitation principale – très gourmande en eau – se trouve dans le désert d’Atacama, une des régions les plus sèches du monde, où les conflits autour de l’eau se multiplient ces dernières années. (…)

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Le président Kast annonce gracier des policiers condamnés pour la répression de 2019 (Le Figaro / AFP)

Le nouveau président du Chili, José Antonio Kast, a déclaré jeudi qu’il allait gracier des policiers et des militaires condamnés pour la répression de manifestations au Chili en 2019, qui a fait trente morts.

Le président chilien José Antonio Kast à Santiago, le 12 mars 2026. Juan Gonzalez / REUTERS

«Le pouvoir de grâce est une prérogative que le président de la République détient encore à ce jour et que je vais utiliser. (…) Nous étudions chaque cas», a assuré le dirigeant d’extrême droite, interrogé sur d’éventuelles libérations de membres des forces de l’ordre condamnés, dans une interview à la télévision.

José Antonio Kast, 60 ans, n’a pas précisé quels seraient les bénéficiaires potentiels. Par le passé, l’avocat ultraconservateur s’était montré critique à l’égard de la révolte sociale qui a éclaté à partir d’octobre 2019 sous le gouvernement de Sebastian Piñera (2018-2022), un processus qu’il a qualifié d’«explosion de la délinquance». (…)

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Chili : fraîchement investi, le président Kast ordonne des «barrières physiques» à la frontière avec la Bolivie contre l’immigration illégale (Le Figaro / AFP)

«Je vous confie (…) la tâche de nous aider à construire des barrières physiques pour stopper l’entrée de l’immigration illégale» à la frontière avec la Bolivie, a déclaré le dirigeant ultraconservateur au chef de l’armée, Pedro Varela, alors qu’il signait ses six premiers décrets.

Le nouveau président du Chili, l’ultraconservateur José Antonio Kast, a ordonné mercredi, après sa prise de fonctions, la construction de «barrières physiques» à la frontière avec la Bolivie afin de freiner l’immigration irrégulière, l’une de ses principales promesses de campagne. (…)

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Voir aussi :
Faut-il craindre un tournant autoritaire au Chili ? (Débat du jour/ RFI)
Dernier discours du président Gabriel Boric depuis le palais de La Moneda  à Santiago du Chili (Traduction par Nouveaux Espaces Latinos)


Voir également ces articles réservés aux abonné·es :
Au Chili, « José Antonio Kast va s’aligner sur Trump, mais il sera limité par la dépendance à la Chine » (Pierre Cappanera / L’Humanité)
Au Chili, les fantômes de la famille de José Antonio Kast, nouveau président d’extrême droite et nostalgique de Pinochet (reportage de Angéline Montoya / Le Monde)

Le Chili rouvre le débat de l’aménagement de peine des criminels de la dictature (Victor Vargas / Le Monde)


Pour rappel, voir entre autres sur notre site :
Chili : le président d’extrême droite José Antonio Kast confie la Défense et les Droits humains à d’ex-avocats du dictateur Pinochet (L’Humanité)
« Mon peuple a élu un fils de nazi admirateur de Pinochet » : la colère et la douleur des Chiliens réfugiés en France (Antoine Comte / France 3-Bourgogne)
Victoire de l’extrême-droite au Chili (entretien avec Franck Gaudichaud – France Inter / entretien avec Olivier Compagnon – France Culture / revue de presse)
Élection de José Antonio Kast : FAL solidaire avec les mouvements populaires et progressistes chiliens (communiqué de France Amérique Latine)