🇨🇱 Chili. Cinq Weichafe mapuche condamnés à seize ans de prison (Werkén Noticias / Indymedia Nantes)
Le tribunal pénal oral de Temuco a rendu publiques ce 14 juillet les peines dans l’affaire « Lautaro » auxquelles ont été condamnés les cinq weichafe de l’organisation de résistance mapuche Coordinadora Arauco-Malleco (CAM). Le tribunal a condamnés à seize ans de prison ferme, ainsi qu’au paiement d’une amende équivalant à 380 euros, Juan Carlos Mardones Sáez, Luis Guillermo Menares Chanilao, Luis Darío Fuenzalida Eneros, Pelantaro Llaitul Pezoa et Jorge Andrés Caniupil Coña.
Rappelons que le mois dernier, le tribunal avait déjà rendu son verdict de condamnation, seule la lecture des peines restant en suspens.
Ce nouveau jugement met une nouvelle fois en évidence le durcissement des poursuites pénales à l’encontre de ceux et celles qui participent aux processus de revendication territoriale du peuple mapuche. Ces dernières années, tant les gouvernements se réclamant de la gauche que ceux de droite ont mis en œuvre des politiques qui se sont traduites par de longues peines à l’encontre de dirigeants, de porte-parole et de guerriers/guerrières mapuches impliqués dans des processus de récupération territoriale.
Dans cette optique, ces condamnations reflètent non seulement l’action des tribunaux, mais aussi le fonctionnement d’un appareil d’État qui, selon divers secteurs du mouvement mapuche, agit ainsi pour protéger les intérêts capitalistes présents dans le Wallmapu. Dans ce contexte, les entreprises forestières et les grands propriétaires terriens sont désignés comme les acteurs qui maintiennent sous leur emprise de vastes territoires ancestraux revendiqués par les communautés mapuches, créant ainsi un climat permanent de confrontation entre l’État, le grand capital forestier et les revendications de restitution territoriale.
La Coordinadora Arauco-Malleco, l’une des organisations politiques mapuches les plus anciennes du Wallmapu, défend un projet de libération nationale fondé sur la récupération du territoire ancestral et la prise de contrôle des terres qu’elle considère comme usurpées par les entreprises forestières. Dans ce contexte, les condamnations prononcées à l’encontre de ses membres sont interprétées par ses partisans comme s’inscrivant dans une politique de criminalisation visant à affaiblir un projet politique qui remet en cause le modèle d’occupation et d’exploitation du territoire mapuche.
Le verdict rendu ce jour s’ajoute à une série de condamnations prononcées ces derniers temps à l’encontre de membres de la CAM, aggravant ainsi un climat de forte tension entre l’État chilien et le mouvement autonomiste mapuche, au cœur d’un conflit historique qui maintient ouvertes les revendications relatives au territoire, à l’autonomie et à l’autodétermination du peuple mapuche. (…)
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