🇨🇴 🇺🇸 Colombie.« Nous craignons une intervention directe des États-Unis lors des prochaines élections » (entretien avec María José Pizarro / Pablo Castaño – Politis)
Dans une interview exclusive, María José Pizarro, sénatrice colombienne, figure importante de la gauche de ce pays, analyse les menaces venant des États-Unis.

La sénatrice María José Pizarro est l’un des visages les plus visibles de la gauche colombienne, et l’un des principaux soutiens d’Iván Cepeda, candidat du Pacte historique aux élections présidentielles qui auront lieu en mai et juin de cette année. Elle s’entretient avec Politis à Madrid, où elle participe à une tournée avec le candidat pour recueillir le soutien de la communauté colombienne d’Espagne, et pour demander l’appui des forces politiques européennes face aux menaces de Donald Trump contre la Colombie et son président, Gustavo Petro.
Comment évaluez-vous l’attaque des États-Unis contre le Venezuela et les menaces contre la Colombie et d’autres pays de la région ?
María José Pizarro : Nous ne pensons pas que Donald Trump agisse uniquement par attitude émotionnelle ou délirante. Il s’agit d’une stratégie définie dans le cadre de la stratégie de sécurité nationale et de la nouvelle relation avec l’Amérique latine et l’hémisphère occidental. Si l’on regarde les documents récents publiés par le gouvernement Trump, cette même stratégie de sécurité, dans un document passé inaperçu, montre un intérêt clair pour établir une nouvelle position hégémonique dans l’hémisphère occidental. Cela concerne non seulement l’Amérique latine, mais aussi l’Europe, avec les déclarations sur le Groënland.
Accordez-vous du crédit aux menaces de Trump contre le président Gustavo Petro ?
Tant que nous aurons le porte-avions au large des côtes de la mer des Caraïbes, nous continuerons de considérer qu’il existe une menace imminente contre la Colombie, contre notre souveraineté et contre le président Petro.
Pensez-vous que l’appel entre Petro et Trump du 8 janvier résout la situation ou ne sera qu’une parenthèse ?
C’est une parenthèse. Le porte-avions est toujours là et le président reste sur la liste OFAC [liste des personnes supposément liées au trafic de drogue, publiée par les États-Unis, N.D.L.R.].
Craignez-vous une intervention directe des États-Unis lors des prochaines élections ?
Tout à fait. Cette visite en Espagne est en partie pour demander aux forces politiques espagnoles et européennes, tant au Parlement espagnol qu’européen, la nécessité d’observer les élections en Colombie et d’établir des canaux pour réagir.
Comment évaluez-vous la réaction de l’Union européenne et des pays européens face aux menaces de Trump ?
Nous sommes à un moment où il ne s’agit pas seulement de réactions et de communiqués. Nous parlons de la nécessité d’une articulation entre les gouvernements, les organisations sociales et les secteurs de la population et du spectre politique qui défendent la démocratie. Ce n’est pas une menace uniquement contre l’Amérique latine, nous parlons d’une nouvelle politique stratégique de sécurité qui implique le continent européen et l’Afrique.
La population colombienne a-t-elle vu ses conditions de vie s’améliorer sous le gouvernement Petro ?
Évidemment. Il y a une augmentation cumulative de 67 % du salaire minimum, une réforme du travail qui reconnaît des droits aux travailleurs et la croissance de secteurs stratégiques comme l’agriculture, le tourisme et la transition énergétique, le tout au bénéfice des citoyens et des communautés. (…)
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