Communiqué : FAL solidaire de la lutte des étudiant.e.s pour l’accès de tou.te.s à l’Université.
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Paris, le 13 décembre 2018

Le 19 novembre, le premier Ministre Edouard Phillipe a annoncé la hausse des frais d’inscriptions à l’université pour les étudiant.e.s étrange.e.rs extra-européen.ne.s.

Les étudiant.e.s qui ne sont pas originaires d’un pays membre de l’Union Européenne, et donc, entre autres, les latino-américain.e.s et caribéen.ne.s, verront leurs frais d’inscription augmenter considérablement. L’année de licence passera en effet de 170 euros à 2770 euros dès le premier janvier 2019. Quant aux étudiants de Master, qui payaient 243 euros, ils devront désormais s’acquitter d’une somme de 3770 euros.

Le dossier de presse du gouvernement, intitulé « Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux » justifie cette mesure en expliquant que« n’étant pas redevables de l’impôt en France, ils (les étudiants étrangers) ne contribuent pas au financement de l’enseignement supérieur »et qu’ils devront s’acquitter de « frais d’inscription différenciés, qui apporteront plus d’équité ».

Cette décision provient des conclusions d’un rapport de 2014 du Commissariat Général à la Stratégie et à la Prospective. Cet organisme a osé affirmer qu’une augmentation des droits d’inscription n’aurait pas d’impact significatif sur le nombre d’étudiants, et que, au contraire, « un prix relativement élevé n’est pas nécessairement un facteur de répulsion car il représente pour les étudiants un signal de qualité de la formation envisagée. » Une telle déclaration est inadmissible !

Cette décision frappe de plein fouet les latinoaméricain.e.s venu.e.s étudier en France. Alors qu’ils.elles devaient déjà faire face à de nombreuses dépenses (traduction des diplômes, visa, logement…), cette hausse provoquera pour certain.e.s l’abandon pur et simple de leurs études en France, pour d’autres un facteur supplémentaire de précarisation. Elle ne règle en rien les problèmes structurels de l’université publique et annonce la généralisation de l’augmentation des frais universitaires pour tou.te.s les étudiant.e.s.

De plus, il est incorrect de dire que les étudiant.e.s étranger.e.s ne contribuent pas au financement de l’université car bon nombre d’entre eux travaillent en même temps qu’ils étudient. De plus ils consomment en France et payent la TVA. Mais la contribution de ces étudiants n’est pas seulement financière, elle est aussi et surtout culturelle et intellectuelle.

Cette logique de mercantilisation, calquée sur le modèle anglo-saxon, et de renoncement à la démocratisation de l’accès aux études, est dans la lignée de ParcourSUP, des réformes en cours dans le secondaire, et de la casse du bac national et de l’université publique opérées par le gouvernement depuis le début du quinquennat du président Macron.

France Amérique Latine exprime sa solidarité envers les étudiant.e.s latino-américain.e.s et internationaux.ales concerné.e.s par ce décret. Nous dénonçons cette mesure qui bafoue le principe d’égalité de l’université publique et sa tradition d’accueil. Ce grand pas en arrière n’est pas seulement dommageable aux étudiant.e.s étranger.e.s mais aussi à la vie culturelle et intellectuelle de la France.

En ce sens, FAL soutient les mobilisations étudiantes et syndicales en cours dans plusieurs universités demandant l’annulation de ces mesures régressives et discriminatoires.

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