🇨🇺 🇺🇸 Cuba : l’ultimatum économique de Trump (entretien avec Vincent Ortiz / Les enjeux internationaux / France Culture)


Après l’expiration de l’ultimatum américain visant GAESA, plusieurs groupes hôteliers quittent Cuba et les paiements Visa et Mastercard sont suspendus, accentuant la crise et la pression sur le régime. Le régime cubain pourra-t-il résister à la pression américaine ?

La Havane. Photo : France Culture

Vendredi 5 juin marquait l’expiration de l’ultimatum lancé par Washington aux entreprises étrangères entretenant des relations avec le conglomérat militaire cubain GAESA. Les premiers effets se font déjà sentir : plusieurs groupes hôteliers ont annoncé leur départ de l’île, tandis que les paiements par Visa et Mastercard sont désormais suspendus. Cette nouvelle escalade intervient alors que Cuba traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente. Après avoir résisté pendant plus de soixante ans à l’embargo et aux sanctions américaines, le régime castriste est-il encore en mesure de résister à la pression américaine ?

Vincent Ortiz explique que l’ultimatum lancé par Washington « consistait à intimer aux entreprises étrangères de rompre tout lien avec le conglomérat militaire GAESA », un acteur central du tourisme, du commerce extérieur et du système financier cubain. En obligeant les entreprises étrangères à rompre leurs liens avec ce groupe, les États-Unis cherchent à réduire les entrées de devises dont dépend fortement l’État cubain. Cette politique s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis qui vise à « assécher les devises dont pourrait bénéficier l’État cubain » afin de fragiliser économiquement le régime et à favoriser un changement politique sur l’île.

Les effets des sanctions se traduisent par un effondrement de plusieurs indicateurs économiques. Le tourisme connaît une chute spectaculaire avec « une division par 6 du nombre de touristes sur l’île » en avril 2026 par rapport à avril 2025, explique Vincent Ortiz. Il précise également que le peso s’est fortement déprécié et « a perdu la moitié de sa valeur en deux ans ». Dans le même temps la situation sociale se dégrade, comme l’illustre la hausse de la mortalité infantile : « Cuba a atteint un taux de 10 pour 1000 en 2025, ce qui est un chiffre deux fois plus élevé qu’il y a même pas dix ans ». Vincent Ortiz explique que, selon un rapport du CEPR, cette aggravation est directement liée aux sanctions américaines : « on peut lier l’accroissement des sanctions contre Cuba au décès d’environ 2000 enfants de moins d’un an ». (…)

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