Élection de Jair Bolsonaro au Brésil: les réactions des mouvements de solidarité

En France comme au Brésil, de nombreuses associations de solidarité et les mouvements progressistes s’inquiètent des conséquences de l’élection de Jair Bolsonaro. Voici quelques communiqués publiés récemment. 

Le Brésil s’abandonne au fascisme (Communiqué du bureau confédéral de la CGT lundi 29 octobre 2018)

Bolsonaro devient président, des temps difficiles s’annoncent pour les travailleurs. Le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro a été élu dimanche président du Brésil, avec 55,3% des voix. Près de 150 millions de Brésilien-ne-s étaient appelés aux urnes à l’issue d’une campagne qui s’est déroulée dans un environnement des plus délétères, méconnu depuis la fin de la dictature des militaires. Un tel résultat de scrutin, dans le pays le plus important de ce continent et dont les relations commerciales, culturelles et diplomatiques au plan international sont de premier ordre, aura des conséquences importantes en terme géopolitique, tant au niveau continental qu’international. Ce scrutin au Brésil fait grossir la liste des pays où droite radicale et extrême droite profitent d’une forme de rejet des institutions et des politiques traditionnels, cela se multiplie dans le monde : États-Unis, Brésil, Italie, France, Hongrie, Suède, Allemagne, Autriche (…)

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Les élections sont terminées, mais la lutte ne fait que commencer (Front Brésil Populaire et Front Peuple sans peur)

La tête haute, nous continuons à résister pour le Brésil! Nous venons de vivre un processus électoral complètement atypique. Depuis la fin de la période militaire, aucun dirigeant politique n’avait été emprisonné, contrairement à Luiz Inácio Lula da Silva, injustement condamné, et dont la candidature a été contestée par le Tribunal Suprême Electoral. Un processus où des forces, jusqu’alors souterraines dans ce pays, ont fait surface au moment de la campagne présidentielle, provoquant une immense vague de haine et de violence contre le peuple brésilien. Notre candidature a été une réponse démocratique à l’arbitraire qui envahit la scène politique depuis le coup d’état parlementaire qui, en 2016, a destitué la présidente Dilma Roussef. Nous devons faire face à des abus et des coups bas de courants compromis dans de sordides intérêts contre le peuple, la démocratie et la nation. L’élection de Bolsonaro représente une rupture politique, annoncée par l’assassinat de Marielle, de Moa Katendê –dirigeant noir, capoeiriste à Bahía – , de Charlione –jeune de Ceara qui hier encore participait à une caravane électorale soutenant le candidat Haddad- .

Notre vie est menacée parce que nous luttons pour un pays d’égalité et de justice. Même sous les balles nous résistons pour défendre la souveraineté nationale, violée de multiples façons durant ces deux dernières années. Protégé par différents secteurs du système judiciaire, et par le monopole des médias, le député candidat Bolsonaro a eu les mains libres pour financer sa machine à mensonges avec de l’argent frauduleux, pour inciter à la violence contre ses adversaires, éviter les débats publics et violer les lois électorales.

Ces forces, par l’intrigue et l’intimidation, par des manœuvres sujettes à  investigations et procès, sont arrivées à la Présidence de la République. Malgré beaucoup d’obstacles, notre alliance a organisé une résistance puissante dans tout le pays qui a conduit au second tour à un formidable mouvement de défense de la civilisation contre la barbarie, de la démocratie contre la dictature, de l’amour contre la haine.  

Lors de ce second tour, dont la clôture a eu lieu hier,  des hommes et des femmes de tous horizons se sont manifestés en faveur des piliers constitutionnels de notre pays. Cette journée n’aurait cependant pas été possible sans le dévouement et le courage des mouvements sociaux et des secteurs démocratiques de la société.

Nous continuerons à défendre la Constitution, la diversité sociale, les droits de toutes et tous, un Brésil pour tous, et à combattre les dangers de la dictature : la suppression des conquêtes sociales, la vente du patrimoine public, l’abandon des richesses nationales, le racisme, la misogynie, l’homophobie et la menace d’une violence institutionnelle. Il est aujourd’hui fondamental de rester ensemble, unis  autour de la démocratie, la souveraineté nationale et les droits. Nous ne devons pas céder à la peur car nous sommes solidaires. Contrairement à ce qu’ils pensent, le peuple brésilien saura résister.

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Chronique du pire annoncé, le fascisme par le vote (Autres Brésils)

Le Brésil connaît sa pire crise sociale, économique et politique depuis la fin de la dictature civilo-militaire. L’extrême violence de la campagne présidentielle, d’août à octobre 2018, est une étape de plus dans la montée de l’autoritaire institutionnel et du discours de haine, notamment sur les réseaux sociaux. Mais les résultats du second tour ont été tels qu’ils ont abasourdi même les plus pessimistes d’entre nous. Sur fond de rejet des élites et de vote anti-système, la démocratie a une nouvelle fois permis l’ascension du fascisme. Le dimanche 28 octobre, le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro (Parti social-libéral, PSL) a remporté le scrutin avec presque 58 millions de votes ( 55,13% des voix exprimées), face au candidat du Parti des Travailleurs, Fernando Haddad. Bolsonaro a pu compter avec le soutien d’une partie des élites traditionnelles, notamment les grands propriétaires terriens, des lobbies pro-armement et des puissantes églises évangélistes, les « 3B » : Bœuf, Balles et Bible. À cette coalition pestilentielle s’ajoute le renfort des communicants et financeurs états-uniens, comme Steve Banon, et leurs virales « fake news » (…)

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#Pas lui, pas maintenant, jamais  (Déclaration d’Attac après l’élection de Jair Bolsonaro)

Nous voulons exprimer notre soutien et notre solidarité à tous les mouvements, aux militant·e·s, aux communautés marginalisées du Brésil qui se réveillent ce matin dans le cauchemar de Jair Bolsonaro élu président.  Aucun mandat électoral ne rend acceptable ou démocratique le fait d’accéder au pouvoir par la démonisation des adversaires, l’utilisation de l’étiquette « terroriste » pour discréditer les mouvements sociaux et les menaces sur les droits et les libertés des citoyen·ne·s désignés comme boucs émissaires des problèmes causés par l’économie mondialisée. Ceux qui s’adonnent à ces pratiques sont responsables des crimes les plus atroces du vingtième siècle. Le racisme, le sexisme et l’homophobie de Bolsonaro, tout comme sa nostalgie d’une dictature militaire au Brésil, ont fait l’objet de nombreux commentaires au niveau international. Mais Bolsonaro ne constitue pas seulement une menace pour les droits (civiques et humains) des citoyen·ne·s brésilien·ne·s. S’il met en œuvre les politiques annoncées, elles vont creuser encore davantage les inégalités en appauvrissant celles et ceux qui sont déjà sous le seuil de pauvreté. Elles détruiront l’environnement et empêcheront les opposants de se faire entendre (…)

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Solidarité avec les journalistes brésiliens (déclaration des syndicats membres de la Fédération internationale des Journalistes) 

Les syndicats français de journalistes (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes), membres de la Fédération internationale des Journalistes (FIJ, 600.000 membres) souhaitent exprimer leur pleine et entière solidarité aux journalistes brésiliens et à leur syndicat au moment où le candidat représentant l’extrême-droite ultra-nationaliste Jair Bolsonaro vient d’être élu 38ème président de la République brésilienne (…)

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