🇪🇨 Équateur: l’ex-candidate de gauche à la présidentielle Luisa González arrêtée (Courrier international / L’Humanité)
Jeudi 22 octobre, Luisa González, personnalité politique de gauche qui s’est présentée par deux fois à l’élection présidentielle en Équateur, a été arrêtée dans l’ouest du pays. De quoi raviver les accusations de persécution politique adressées au président Daniel Noboa.

Luisa González est la principale figure de l’opposition équatorienne. Candidate de gauche aux élections présidentielles de 2023 et 2025, celle qui était la rivale du président Noboa a été arrêtée le 22 octobre à Canuto, dans l’ouest du pays, par des policiers armés, vêtus de noir et cagoulés. Elle est soupçonnée de blanchiment d’argent dans le cadre de l’affaire Laberinto, qui porte sur le financement présumé illicite de sa campagne présidentielle de 2023, rapporte le média Primicias.
Selon le parquet, environ 500 000 dollars, dont l’origine reste à établir, auraient servi à financer des publicités électorales entre mai et août 2023. L’enquête cherche également à déterminer si une entreprise pétrolière liée à Aquiles Álvarez, l’ancien maire de Guayaquil, a contribué au financement de la campagne sans déclarer ces dépenses aux autorités électorales. Sept personnes sont visées par l’enquête ; trois avaient déjà été arrêtées auparavant.
“Ils veulent l’enterrer vivante”
“Aujourd’hui, c’est mon tour d’être arrêtée sur la base d’une accusation absurde”, a dénoncé González dans une lettre publiée sur son compte X, alors que ses partisans se rassemblent devant le parquet pour protester contre son arrestation.
“Ils veulent l’enterrer vivante”, a réagi sur Radio Pichincha l’ancien président socialiste, Rafael Correa, dont González est une proche alliée au sein du Movimiento Revolución Ciudadana (le mouvement de la Révolution citoyenne). Le parti dénonce une persécution politique orchestrée par le président Daniel Noboa, élu en 2023 et réélu en 2025 avec la promesse de lutter contre les gangs qui gangrènent le pays. En mars 2026, le Tribunal contentieux électoral (TCE) a suspendu le parti pour neuf mois, l’empêchant de participer aux élections municipales prévues le 29 novembre. (…)
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Équateur : avec l’arrestation de Luisa González, Daniel Noboa confirme sa dérive autoritaire (Luis Reygada / L’Humanité)
À cinq semaines des élections locales, la principale opposante de gauche du président allié à Donald Trump a été arrêtée, pour « blanchiment d’actifs présumé ». Un nouvel épisode de persécution politique qui fait dire au camp corréiste que « l’Équateur vit sous une dictature ».

De quoi Daniel Noboa a-t-il peur ? Craint-il un revers électoral, après trois ans au pouvoir qui n’ont fait qu’amplifier la crise sécuritaire qu’il avait pourtant promis de résoudre ? Ou s’agit-il d’un énième écran de fumée, alors que le jeune président de l’Équateur – né à Miami et héritier d’une des plus grandes fortunes du pays – voit les entreprises d’exportation de sa famille régulièrement citées par des enquêtes sur le trafic de drogue international ? Une seule chose est sûre, ce proche allié de Donald Trump ne recule devant rien pour asseoir son autorité, aux dépens des règles du jeu démocratique.
Début mars, le mouvement politique Révolution citoyenne (RC) de l’ancien président Rafael Correa (2007-2017) avait été temporairement suspendu du registre électoral à la suite d’une enquête du parquet pour le supposé délit de blanchiment d’actifs. Et de facto empêché de participer aux prochaines élections locales, prévues en novembre. Difficile de ne pas y voir une tentative de faire taire la principale force d’opposition, alors que le climat de persécution politique avait déjà poussé plusieurs de ses figures à l’exil, tandis que d’autres croupissent derrière les barreaux, comme le maire de Guayaquil, Aquiles Álvarez, ou l’ancien vice-président corréiste Jorge Glas. (…)
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