L’assassinat de Gerson Martinez, artiste urbain et l’agression d’autres jeunes dans le sud de Bogota
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Le Comité Permanente Por la Defensa de los Derechos Humanos (Comité permanent pour la Défense des Droits de l’Homme : CPDH), se permet de dénoncer à l’opinion publique régionale, nationale et internationale les actes présumés des groupes paramilitaires colombiens qui se font appeler “Limpieza Social”, c’est à dire “Nettoyage social”, qui ont eu lieu dans la périférie de la capitale :
FAITS

1. Gerson Martínez artiste urbain de 29 ans a été assassiné dans le quartier de San Cristóbal, au sein du District Capital, le cinq janvier 2014. Les faits ont été commis par des hommes armés dépourvus d’humanité qui ont également blessé et poursuivis les trois jeunes qui étaient avec lui.

2. Le jeune artiste a été retrouvé avec des impacts de balles dans la zone montagneuse de los Cerros Sur Orientales de Zuque, prés de la cité de Santa Rosa dans le quartier San Cristóbal, oú, de coutume il fêtait le nouvel an avec ces amis. Au final, les quatres jeunes ont été agressés, l’un a été assassiné, un autre blessé et les deux autres poursuivis par les membres du goupe d’agresseurs.

3. Malgrés les demandes de la famille, les membres de la police nationale se chargeant de l’enquête ont refusé l’accés à la zone oú se trouvait le corp du jeune graffeur sous pretexte de tenir cette zone comme protégée.

4. Sur le lieu des faits, prés du cadavre, à été retrouvé un sac bleu sur un baton qui portait le blason du gouvernement que l’on peut voir un peu partout dans la capitale : BOGOTA HUMANA. De l’avis des collectifs auquelles apartenaient l’artiste et des proches de la victime, cet objet serait un signe laissé par “Limpieza Social” qui résonne comme un avertissement de la part de agresseurs.

5. Depuis, l’instruction du Fiscal 311 Seccional, chargé de l’enquête n’a pas réalisé les recherches necessaires et prises en charge urgentes qui s’imposent, et ce, malgrés les indices qui convergent vers la possible identité des auteurs. De plus, selon les dires de la famille, certaines irregularités dans la manipulation des faits et des témoignages se seraient présentées lors des restitutions des agents présents sur le lieu des faits.

6. Aujourd’hui, malgré les dénonciations de la communauté à l’encontre de la Police Métropolotaine de Bogotá, cette derniére nie l’existence de morts violentes et d’homicides dans le Sud de Bogotá, qui sont pourtant monnaie courante dans cette zone.

CONTEXTE

Gerson Martínez jeune travailleur et artiste complet : compositeur, rappeur, sculteur et peintre était reconnu dans son quartier et par ces pairs au sein d’une association d’artistes. Les murs de San Cristóbal connaissent ces graffs et les habitants sa voix. Il utilisait son art sans violence ni participation d’aucune sorte aux traffics qui pullulent dans cette zone. Ses activités artistiques avaient pour objectif de dénoncer les manquements aux droits de l’Homme et de mobiliser en faveur de la paix. Il avait pour projet de travailler en 2014 sur un nouvel album. Cet artiste apparaissait comme un leader de la culture hip hop à Santa Rosa.

Cette pratique d’assassinat de jeunes est devenue récurente au sud de Bogotá si l’on en croit les informations des médias et des autorités. JOSE PACANCHIQUE a été assassiné quand à lui dans la zone d’Usme. D’autres jeunes s’ajoutent à la liste sinistre de ce début du mois de Janvier sur les rives du fleuve Yomasa toujours dans le sud de Bogotá.

LE COMITÉ EXIGE

1. Que la Fiscalía General de la Nación (chargé de l’instruction), enquête de façon urgente sur les faits graves revendiqués comme étant du “nettoyage social”, dont les protagonistes seraient, en majorité, des groupes paramilitaires présents dans la ville de Bogotá.

2. Que l’administration du district et le gouvernement nacional mettent en oeuvre toutes les mesures et garanties afin de protéger la vie et l’intégrité physique des survivants victimes de ces faits graves.

3. Enfin, le Comité Permanente de defensa de los Derechos Humanos se solidarise à la douleur de la famille et invite les citoyens en général à condamner ce type de violences qui affectent aujourd’hui de maniére systématique les jeunes et les artistas urbains de la ville.

CPDH, le 8 janvier 2014 – JUNTA DIRECTIVA NACIONAL

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