Les corporations transnationales et la globalisation néo-libérale
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Défier le pouvoir des corporations au nom du droit des peuples

 A l’arrière plan des phénomènes tels que : la concentration de la propriété de la terre ; la privatisation de l’accès à l’eau, à l’éducation ou la santé ; une exploitation du travail qui génère un chômage structurel ; des régimes d’investissements la primauté des droits du capital au détriment sur les droits des peuples , il faut voir une dynamique politique complexe des transnationales , dont un grand nombre sont européennes .. Cette dynamique et ces politiques engendrent l’exclusion sociale, la guerre, la destruction de l’environnement et la pauvreté.

Le pouvoir et l’action des corporations transnationales menacent constamment :

- le droit à l’autodétermination des peuples

- le droit à la vie

- les droits économiques, sociaux et culturels

- le droit à la paix et à un environnement sain dans le monde.

Le Tribunal Permanent des Peuples sur les Politiques Néo-libérales et les Transnationales Européennes en Amérique Latine et les Caraïbes.

Le réseau bi régional Europe Amérique Latine et Caraïbes ’Enlazando Alternativas’ ont reconnu que la présence et l’action des transnationales sont à l’origine des problèmes les plus urgents de l’humanité et que tout projet en vue de parvenir à “un autre monde est possible” doit inéluctablement placer la lutte contre les transnationales comme partie prenante de la transformation sociale.

C’est la raison par laquelle le réseau a organisé une séance du Tribunal des Peuples (TPP) sur les Politiques Néo-libérales et Transnationales Européennes en Amérique Latine, dans le cadre de la Rencontre Sociale ’Enlazando Alternativas’ 2, en mai 2006, à Vienne (Autriche).

Le Tribunal Permanent des Peuples (TPP), crée en 1979, est une instance liée à la Fondation Internationale Lelio Basso, à Rome. Le TPP a suivi les pas du Tribunal Russel qui a organisé des Séances sur les crimes de guerre au Vietnam (1966-1967) et deux séances sur les dictatures en Amérique Latine (1974-1976). En se construisant ainsi sur l’héritage du Tribunal Russel et de la Déclaration Universelle des Droits des Peuples (Algérie, 1976), le TPP s’est établi comme un ’tribunal d’opinion’, un instrument contre l’impunité. Il est indépendant de tout Etat.

Depuis sa fondation, le TPP a établi 31 tribunaux sur la violation des droits humains et des droits des peuples, sur le rôle des institutions financières internationales et sur les crimes des entreprises transnationales comme ce fut le cas dans la session du tribunal sur BHOPAL ou ELF Acquitaine parmi d’autres.

Le tribunal de Vienne a écouté les dépositions sur des cas présentés par plus de 50 organisations (syndicats, mouvements paysans et indigènes, écologistes, défenseurs des DDHH, coalitions pour la défense des services publics, groupes de solidarité, observatoires des transnationales, communautés affectées, ONG, etc.).Ces dépositions ont été une expression claire des luttes sociales et politiques dans les deux continents.

Ces organisations ont dénoncé les impacts sociaux, économiques et environnementaux de l’action de plus de 20 corporations ayant leur siège dans différents pays européens (Allemagne, Autriche, Espagne, France, Finlande, Italie, Grande Bretagne, Norvège…). Les cas ont été regroupés en 5 domaines thématiques : les services publics, les ressources naturelles, la chaîne agro-alimentaire, le système financier et le monde du travail.

Le Tribunal a été perçu comme une avancée dans une longue marche permettant de :

- Approfondir la visibilité et la conscience collective sur la nature et le rôle des transnationales dans la violation des droits humains et dans la construction du système néo-libéral.

- Dénoncer tout un maillage juridique et politique ainsi que les institutions dominantes qui facilitent et protègent les transnationales (OMC, UE, FMI, BID, CIADI, BM…).

- Dénoncer comment les Accords de Libre Commerce et les Traités Bilatéraux d’Investissements sont utilisés pour doter les corporations transnationales du cadre légal qu’elles nécessitent pour opérer dans l’impunité.

- Exiger l’application des normes déjà existantes, l’élimination des lois injustes et avancer vers une normative internationale respectueuse des droits des peuples et de l’environnement qui soit obligatoirement observée par les transnationales et les gouvernements.

- Apporter des outils pour nourrir les stratégies des organisations et des mouvements sociaux qui se confrontent avec la domination des transnationales et promouvoir les alternatives qui cherchent à démanteler leur présence et à juger leurs crimes.

- Identifier et retracer les impacts provoqués par ce régime corporatif en Amérique Latine, les Caraïbes et Europe, et développer ainsi le potentiel d’alliances bi régionales et anti-néolibérales nouvelles dans les deux régions.

PRINCIPAUX RESULTATS DU TRIBUNAL / Le renforcement des luttes, la construction d’alternatives

Le caractère systémique de l’action des transnationales Le Tribunal de Vienne a rendu visible la grande diversité des secteurs affectés par les transnationales. La représentativité géographique et sectorielle a montré une réalité très étendue et démontré que les corporations transnationales jouent un rôle central dans le paradigme néo-libéral.

Les cas présentés ont reflété aussi un panorama fidèle de la pénétration des corporations européennes depuis la fin des années 80 jusqu’à aujourd’hui, notamment dans des secteurs tels que les services publics (eau, transport, énergie), les finances, l’agrobusiness, les infrastructures, la technologie, le tourisme et les ressources naturelles (mines, hydro carburants…).

Des institutions sur mesure pour le pouvoir économique Chaque cas a démontré : les entreprises ont besoin d’une architecture légale et politique pour agir dans l’impunité. Le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, les Traités de libre commerce et d’investissement, le lobby illégal et systématique auprès des institutions de l’UE, la corruption, les systèmes légaux nationaux… mais, il a été aussi dénoncée l’action conjuguée et en rétro alimentation de plusieurs de ces composants, créant constamment les conditions pour l’entrée, la permanence et l’impunité des transnationales.

Les violations des droits humains Après avoir écouté les témoignages et accédé aux documents présentés pour fonder la dénonciation de la part des organisations, le Tribunal Permanent des Peuples a identifié des éléments et des violations communes autour des droits suivants : les services de base essentiels, la terre et la souveraineté alimentaire, les droits du travail, les droits des peuples indigènes et les droits environnementaux.

C’est ainsi qu’on lit dans l’Accusation émise para le Jury : “Combinées avec le comportement erratique des marchés financiers, toutes les violations exposées constituent une attaque massive contre les droits sociaux et économiques au développement, et de ce fait, elles représentent un défi pour le travail futur du TPP”.

Dans son accusation, le Tribunal a également signalé que les transnationales ne sont pas les seules responsables, il en va aussi de la responsabilité des gouvernements de l’Union Européenne et des gouvernements hôtes d’Amérique Latine.

Un espace à approfondir

La valeur fondamentale d’un Tribunal comme celui de Vienne réside d’une part, dans la coordination des rôles des divers acteurs en résistance au pouvoir corporatif et d’autre part, dans les convergences d’attitudes pour démonter le discours et les politiques des dominants.

LA DECONSTRUCTION DU POUVOIR DES TRANSNATIONALES : nouvelles voies d’action

La juste redistribution de la richesse et des moyens de production, ainsi que la consommation responsable sont possibles si nous arrivons à récupérer les espaces qui sont sous la domination du pouvoir corporatif. Dans cette perspective, le Tribunal a été un premier coup d’envoi, au double sens du terme : en tant que catalyseur d’expériences, de luttes et de dénonciations contre les abus des corporations transnationales, et en tant que démonstration de nouveaux paradigmes, instruments et propositions des acteurs sociaux et politiques qui sont nécessaires pour déconstruire le pouvoir des corporations. Continuer à avancer est donc le défi et l’urgence.

C’est justement dans ce sens que le réseau bi régional Enlazando Alternativas a continué son travail dans l’après Vienne, en renforçant différents chantiers :

- La création d’espaces de coordination politique et d’une dynamique conjointe de recherche, de résistance et d’échange d’alternatives.

- Le renforcement de notre capacité et le développement de stratégies pour toucher l’opinion publique et pour rendre visible les luttes en cours.

- Le développement de concepts et d’instruments légaux novateurs.

Au fur et à mesure que la vision politique et la capacité du réseau se renforce avec les nouvelles articulations et la participation de d’autres mouvements et organisations, nous avançons vers l’objectif d’articuler la critique du régime global de pouvoir des corporations et d’appuyer la diversité des alternatives qui se développent pour démanteler ce pouvoir.

Avec le TPP et les organisations qui ont présenté quelques cas à Vienne, le réseau bi régional prépare une nouvelle séance du Tribunal, en vue de la Rencontre Sociale Enlazando Alternativas 3, que se tiendra à Lima, Pérou, en mai 2008. De nouvelles audiences régionales du TPP se réalisent en Colombie (2006-2008), en Amérique du Sud et en Amérique Centrale (2007), qui seront reprises dans une Séance complète du Tribunal à Lima (mai 2008) et en Europe (2009). En outre, plusieurs membres du réseau mènent des campagnes contre des entreprises (Unión Fenosa, Aracruz, Repsol-YPF, Suez, Nestlé, Botnia, Bayer) ou des secteurs concrets (eau, énergie, mines, monocultures de soja, eucalyptus, et palme… ).

COMMENT S ASSOCIER A CES EFFORTS ET ETRE INFORMES

Le réseau bi régional ’Enlazando Alternativas’ est engagé dans la lutte contre le pouvoir des transnationales.

Pour plus d’information sur les contacts du réseau et sur notre travail, visiter : www.enlazandoalternativas.org

Pour plus d’information sur le Tribunal Permanent des Peuples, visiter : http://www.internazionaleleliobasso.it/

Pour s’inscrire dans la liste électronique sur les transnationales du réseau, écrire à : transnacionales@gmail.com

Pour accéder à l’Accusation Finale du Tribunal et à un résumé des cas présentés au Tribunal : www.peoplesdialogue.org

Pour des informations additionnelles sur les activités du réseau Enlazando Alternativas et pour rejoindre son travail, s’inscrire dans la liste électronique

(al-ue@lists.riseup.net ) et/ou écrire à : secretaria@asc-hsa.net ou ceciliaolivet@tni.org

Télécharger : Défiant le pouvoir des Corporations.rtf

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