Manifestation géante à Porto Rico pour exiger le départ d’un gouverneur (Jules Ravanello/ Le Monde)
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Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé, mais Ricardo Rossello, au cœur d’un scandale mêlant propos homophobes et corruption, refuse de céder.

Une mer humaine, un déluge de pancartes et une nuée de drapeaux aux couleurs de la petite île caribéenne, territoire américain au statut spécial : Porto Rico a connu, lundi 22 juillet, une journée de manifestation exceptionnelle, d’une ampleur encore bien plus importante que les précédentes. Après dix jours de protestations ininterrompues, réclamant le départ du gouverneur Ricardo Rossello, empêtré dans un scandale mêlant propos homophobes et corruption, plusieurs centaines de millier de manifestants ont envahi l’autoroute Las Américas, principale artère menant à la capitale, San Juan.

San Juan, le 22 juillet. STRINGER / REUTERS

Sous une chaleur écrasante et aux cris de « Démission ! », la manifestation s’est ensuite dirigée vers la maison du gouverneur. Partout, des banderoles et panneaux avec « Ricky renuncia » (« Ricky, démissionne »), « Voila comment on renverse un dictateur » ou « Nous marchons pour la patrie »« La manifestation fait fi des clivages idéologiques, des gens d’opinions très différentes défilent ensemble, explique Lisette Sanabria, institutrice à Porto Rico, jointe depuis Paris. On partage tous le sentiment de participer à un moment-clé de l’histoire de notre pays. »

La veille, le gouverneur Rossello avait annoncé qu’il ne démissionnerait pas et renouvelait sa volonté d’aller au terme de son mandat. Dans une manœuvre désespérée d’apaisement, il expliquait cependant ne pas souhaiter se représenter aux élections de novembre 2020, et renoncer à la présidence de son parti, le Nouveau Parti progressiste (PNP). Un message qui semble avoir au contraire galvanisé les manifestants. « Son insistance est incompréhensible. Il aime le pouvoir (…), mais il est politiquement mort », insiste James Cohen, professeur à l’université Sorbonne-III (…)

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